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Collégien poignardé à Faa’a : l’agresseur interné

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Au lendemain du drame, personnel et élèves sont encore sous le choc.

Publié le 11/10/2022 à 16:06 - Mise à jour le 12/10/2022 à 11:17
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Au lendemain du drame, personnel et élèves sont encore sous le choc.

L’enfant “n’est plus en situation critique” a annoncé la ministre de l’Education Christelle Lehartel interrogée ce mardi en marge du “stage dating” organisé par le lycée Diadème.

Pour rappel, lundi, un lycéen s’était introduit dans l’enceinte du collège Henri Hiro de Faa’a et avait poignardé dans le dos un élève de 4e. La victime avait rapidement été évacuée et prise en charge à l’hôpital de Taaone. L’auteur du coup de couteau avait été interpellé et placé en garde à vue. La ministre s’était rendue sur les lieux.

Plus tard, nos confrères de Polynésie 1ère ont rapporté que le lycéen était sortie de garde à vue ce mardi, et hospitalisé en psychiatrie. Il bénéficiait précédemment d’un suivi psychologique.

Une cellule psychologique a été mise en place a expliqué la ministre Christelle Lehartel : “Nous avons mis en place à partir de ce matin une partie écoute pour les enseignants et pour les élèves et aussi s’occuper des parents. Bien évidemment nos pensées vont à la famille de l’agressé et aussi à la famille de l’agresseur. Les deux familles sont en train de vivre une histoire dramatique depuis hier. (…) Comment c’est arrivé, pourquoi ? En tout cas c’est une première en Polynésie. J’espère que ça ne se renouvellera pas. Je préfère venir à un stage dating, mais il faut se préparer à tout événement.”

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Au collège Henri Hiro, les jeunes sont encore sous le choc. “J’ai vu le surveillant courir pour venir voir ce qui s’est passé. Certains étaient choqués parce qu’ils ont vu. Ils étaient en train de pleurer (…) Quand je l’ai vu par terre, ça m’a fait un choc. C’est la première fois que je vois un truc comme ça (…) Ça peut arriver à n’importe qui”, raconte une élève.

Thierry Barrère, secrétaire régional de la fédération UNSA éducation de Polynésie française, fait également partie du personnel du collège Henri Hiro. “Nous sommes choqués par ce qui s’est passé bien évidemment. C’est terrible. C’est une première en Polynésie et nous nous interrogeons sur ce qui va se passer si on ne prend pas des mesures pour éviter que ça se propage et que ça ne se généralise. (…) On a pris des mesures au collège Henri Hiro puisque je suis un personnel du collège. On avait mis en place un système de contrôle d’accès avec portail, caméra, mais il me semble que les mesures ne sont pas suffisantes. Il va falloir qu’on passe à des mesures plus strictes et plus fortes, contraignantes comme des détecteurs de métaux à l’entrée et peut-être sur les zones sensibles, mettre de la sécurité en plus des surveillants puisque ce n’est pas le métier des surveillants de faire de la sécurité”, estime-t-il.

De son côté, la ministre souligne que “des choses sont déjà mises en place puisque nos enseignants, nos chefs d’établissements bénéficient déjà de formations de gestion de crise déjà en place depuis quelques années. Mais c’est vrai que lorsqu’on fait ce type de formation, on ne s’attend jamais à un tel événement. (…) On doit former, on doit préparer, mais vous savez, on ne sait jamais ce qui peut arriver tous les jours. (…) On a l’habitude de former nos personnels à gérer un cyclone, un tsunami, un incendie, une inondation, mais pas ce type d’événement. (…) J’ai mis toutes les équipes : pédopsychiatrie, psychologue, assistante sociale. la commune aussi va nous accompagner parce que ce sont des enfants de Faa’a. Mais ça peut arriver partout.”

Pour Thierry Barrère, il faudrait “identifier les établissements sensibles. Ce sont surtout des établissements en zone périphérique ou urbaine. Il faut les identifier et peut-être mettre des moyens humains derrière pour éviter que ça se reproduise. (…) Il faut que les autorités prennent la mesure de cet événement. (…) À terme, il faudra qu’on prévoit des discussions parce qu’il y a des mesures à prendre. (…) Il fut un temps on avait pas mal d’échauffourées mais depuis quelques temps ça s’était calmé. On avait quelques bagarres mais rien de bien méchant. Je pense que beaucoup d’établissements vivent ça. (…) C’est un épiphénomène mais qui, pour la sécurité des enfants, doit nous interroger. ”