samedi 28 novembre 2020
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​Triple accident mortel des Marquises : le conducteur placé en détention

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Publié le 12/12/2018 à 13:58 - Mise à jour le 07/06/2019 à 16:38
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Le dimanche 25 novembre dernier à Nuku Hiva, après une journée de fête « passée à boire », selon les dépositions enregistrées par les enquêteurs, un homme de 51 ans a pris le volant, presque contre son gré puisque lui-même disait qu’il ne se sentait pas de conduire. Il est 22 heures. Dans le pick-up, quatre personnes l’accompagnent, trois dans la cabine et un dans la benne.

Dans un virage qu’il aborde « à vive allure », selon des témoins, le pickup fait une embardée et sort de la route pour basculer dans un ravin et faire une chute de huit mètres. Deux personnes meurent sur le coup, un troisième décédera peu de temps après son évacuation. Le dernier passager et le chauffeur s’en sortent avec des blessures. Un triple homicide involontaire constitué de trois circonstances aggravantes : vitesse excessive, alcool dans le sang (0,92 mg par litre) et le conducteur n’a pas de permis de conduire.

Ce jeudi après-midi, après une semaine d’hospitalisation, le conducteur était présenté en comparution immédiate au tribunal de Papeete. Ce dernier, qui comparaissait assis à cause de ses blessures aux côtes notamment, a demandé le renvoi de son procès pour préparer sa défense, tout comme l’avocate de l’une des parties civiles, car les trois autres familles de victimes  n’ont pas été prévenues à temps pour se constituer elles aussi parties civiles si elles le souhaitent.

Si le renvoi n’a pas fait débat, la procureure en revanche a demandé le placement en détention du chauffeur car « à lui seul il représente un dixième des 35 morts sur les routes cette année ». Le prévenu a expliqué qu’il souhaitait rester à Tahiti, chez sa sœur, loin des tentations de fêtes aux Marquises. Son avocate a indiqué qu’il a déjà entamé une démarche de pardon envers les familles.
Mais les juges, après avoir accordé le renvoi, ont ordonné le placement en détention provisoire, « pour garantir la représentation » du prévenu au procès et « au regard de la peine encourue » (dix ans de prison.)

Bertrand Parent

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