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Pesticides : le glyphosate désormais interdit aux particuliers

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Le Conseil des ministres a validé ce jour la proposition formulée par la commission des pesticides visant à la réduction de glyphosate en Polynésie française. Le glyphosate dont la vente était jusqu'à présent ouverte à tous, ne sera désormais autorisée qu'aux professionnels.

Publié le 19/10/2022 à 19:30 - Mise à jour le 22/10/2022 à 11:18
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Le Conseil des ministres a validé ce jour la proposition formulée par la commission des pesticides visant à la réduction de glyphosate en Polynésie française. Le glyphosate dont la vente était jusqu'à présent ouverte à tous, ne sera désormais autorisée qu'aux professionnels.

Lors de sa séance du 10 mai 2022, la commission des pesticides a abordé la question du retrait du glyphosate de la liste des pesticides autorisés en Polynésie française. Cet herbicide, qui représente à lui seul 72% de l’ensemble des substances actives de pesticides importées en Polynésie française en 2021, est suspecté d’impacts négatifs vis-à-vis de la santé et de l’environnement. En effet, le glyphosate est classé comme un cancérigène probable par l’OMS et l’ANSES et sa toxicité sur la santé végétale et animale est avérée.

Jusqu’à maintenant le glyphosate était classé en catégorie III, ce qui le rendait disponible à l’importation et à la vente par n’importe quel commerce, et par ailleurs ce statut le rendait accessible à tout particulier. Dans le cadre de son plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, le ministère de l’Agriculture et la Chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), entame un processus progressif de sortie du glyphosate, en commençant par les usages domestiques et des particuliers pour lesquels des alternatives non chimiques existent.

Dans cette perspective, la commission a proposé dans un premier temps de rendre le glyphosate accessible uniquement aux professionnels en le classant en catégorie II. Ce nouveau statut permet par ailleurs de réserver la vente du produit à des établissements agréés qui sont soumis à des conditions strictes de formation du personnel, de stockage, de sécurité et de mise en rayon des pesticides.

Les agriculteurs pourront continuer à utiliser cet herbicide, car l’ensemble des études conduites à ce jour ne démontrent pas de solutions techniques et économiques viables permettant le remplacement du glyphosate dans notre environnement tropical et humide où de nombreuses mauvaises herbes invasives prolifères très rapidement. Il est par contre proposé de limiter la concentration des spécialités commerciales à 360 grammes/litres (au lieu de 450g/l commercialisés usuellement), afin d’éviter la vente de spécialités comportant trop de substances adjuvantes encore plus néfastes pour l’environnement.

Ces démarches entrent dans le cadre du schéma directeur de l’Agriculture en Polynésie française 2021-2030, notamment à travers ses orientations qui visent à promouvoir la transition agro­écologique et l’agriculture biologique.

Pour précision les dernières analyses de résidus de pesticide (LMR : Limite maximale de résidu) effectuées par la Direction de l’Agriculture (DAG) n’ont pas mis en évidence la présence de résidus de glyphosate dans les fruits et légumes locaux contrôlés par échantillonnage, ce qui est d’ailleurs cohérent pour un herbicide systémique dont l’application ne se fait pas sur les cultures.

Enfin, il est rappelé que le Gouvernement avait donné un avis favorable lors du Conseil des ministres du 4 juillet 2022 pour l’autorisation d’importation de 2 nouvelles substances actives d’herbicide « tout public – particulier » plus respectueuses de l’environnement et autorisées en agriculture biologique : l’acide acétique et l’acide caprylique, afin de compléter l’offre en produits peu dangereux pour les besoins des particuliers en herbicide pour lutter contre les mauvaises herbes dans leur jardin.