lundi 3 octobre 2022
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Moorea engagée dans la lutte contre la petite fourmi de feu

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La petite fourmi de feu continue de se propager dans nos îles. À Moorea, les agriculteurs éprouvent des difficultés à lutter contre cet insecte responsable de désastres écologiques. Pour les aider, la chambre de l’agriculture (CAPL) s’est rendue sur l’île sœur afin de leur apprendre à la détecter, mais aussi les sensibiliser aux différentes méthodes de traitements.

Publié le 11/04/2022 à 16:43 - Mise à jour le 11/04/2022 à 16:43
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La petite fourmi de feu continue de se propager dans nos îles. À Moorea, les agriculteurs éprouvent des difficultés à lutter contre cet insecte responsable de désastres écologiques. Pour les aider, la chambre de l’agriculture (CAPL) s’est rendue sur l’île sœur afin de leur apprendre à la détecter, mais aussi les sensibiliser aux différentes méthodes de traitements.

Certains agriculteurs de Moorea sont à bout : leurs exploitations sont envahies par la petite fourmi de feu. Ils ne comptent plus le nombre de récoltes détruites par cette espèce invasive, certains délaissent même leurs plantations, lassés de l’entretien au quotidien que cela exige : “C’est un vrai fléau. C’est la fin de toute exploitation agricole. Il y a des agriculteurs qui ne s’en sortent pas. Ils ont abandonné leurs tarodières, des plantations de bananes, déplore Paul Huen, agriculteur de Moorea. Si on ne s’occupe pas de ce problème aujourd’hui, il finira par toucher toute la population. Certains sites touristiques sont infestés par la fourmi de feu. Pour le devenir du faapu, du tourisme, de de l’économie de Moorea, il faut s’en occuper !”.

Pour accompagner les agriculteurs et lutter contre la petite fourmi de feu, la chambre de l’agriculture a mis en place sa première campagne sur l’île sœur au début du mois afin d’aider les agriculteurs en difficulté, les former à détecter la fourmi de feu et les sensibiliser aux méthodes de traitement : “Il y a eu une première étape au mois de mars qui consistait à identifier les zones potentiellement infestées par la petite fourmi de feu, puis il y a eu une deuxième étape avec la formation des agriculteurs sur la méthodologie employée pour bien cibler les zones infestées, et là, on procède au traitement des zones identifiées (…) On reviendra ensuite dans un mois pour refaire une détection et cibler les zones qui sont encore infestées pour les traiter à nouveau” explique Toehau Lainé, technicienne agricole à la CAPL.

Lire aussi > La petite fourmi de feu gagne du terrain à Raiatea

Pour mener à bien cette campagne, la CAPL a fait appel à Fenua Insect. Un partenariat a permis de bénéficier de tarifs préférentiels pour l’organisation de cette mission. La société s’est également donnée pour objectif de fabriquer un traitement qui respecte au mieux l’environnement : “On a travaillé pendant 5 ans, on a fait des tests, on a envoyé aux laboratoires nos résultats pour voir comment on pouvait faire pour que ce produit soit le moins perturbant pour l’environnement et essentiellement ciblé sur la fourmi de feu. Et il ne faut surtout pas faire de la pulvérisation sinon on impacte les abeilles” précise Jean-Luc Gérard, gérant de Fenua Insect.

Plus d’une dizaine d’hectares ont déjà été protégés de l’avancée de la petite fourmi de feu à Moorea. Des zones agricoles auparavant inaccessibles pourront bientôt être a nouveau exploitées.

La CAPL a pour ambition de mener d’autres campagnes auprès des agriculteurs dans d’autres îles infectées, notamment à Raiatea.

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