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Marae moana, la sentinelle de l’océan aux Îles Cook

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Et si notre océan était un marae, un site sacré à protéger dans son ensemble ? C’est ce que cherchent à faire les Îles Cook. Elles ont déjà la plus grande zone marine protégée du monde. Et elles ont créé une organisation gouvernementale, « Marae Moana », pour impliquer toute la population dans la préservation de son patrimoine océanique.

Publié le 31/12/2022 à 16:33 - Mise à jour le 01/01/2023 à 11:01
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Et si notre océan était un marae, un site sacré à protéger dans son ensemble ? C’est ce que cherchent à faire les Îles Cook. Elles ont déjà la plus grande zone marine protégée du monde. Et elles ont créé une organisation gouvernementale, « Marae Moana », pour impliquer toute la population dans la préservation de son patrimoine océanique.

Son nom raisonne comme un symbole : Marae Moana veut faire de l’océan un sanctuaire. Son président est une ancienne légende du rugby des îles Cook, Kevin Iro. Désormais, c’est lui qui porte cette philosophie :

Nous voulons réellement trouver des moyens pour que l’océan réponde à nos questions, de la même façon qu’à celles de nos ancêtres, qui l’ont parcouru à la voile. Ils considéraient l’océan comme une part d’eux-mêmes. Je pense que nous avons perdu ça, dans le Pacifique. ‘Marae Moana’ est donc un instrument pour remettre les gens au diapason de l’océan. Pour le protéger et continuer à apprendre ce qu’il peut nous offrir”.

Pour transmettre cette connaissance et cet amour de l’océan, Marae Moana va directement au contact de la population, et en particulier des enfants. Ils comprennent qu’ils ne vivent pas seulement sur 63km3 de terres… mais aussi sur 2 millions de km2 d’océan, la plus grande surface protégée au monde.

“Marae Moana est sept fois plus grand que la Nouvelle-Zélande”, rappelle Lucile Meyer, la coordinatrice communautaire de Marae Moana. “Quand on le dit aux enfants, ils ont une grande fierté en se disant que notre surface est plus grande que celle de la Nouvelle-Zélande”, sourit-elle.

Impossible de faire le tour de Rarotonga sans penser à la protection de l’océan et des espèces endémiques des Cook, grâce à une fresque, peinte sur plusieurs centaines de mètres par un artiste mexicain. Gonzalo Aldana est financé par Marae Moana pour attirer les regards et éveiller les consciences.

Gonzalo Aldana a aussi peint des Lori de Kuhl, une espèce endémique des Australes et des Cook qui ne subsiste qu’à Rimatara et Aitutaki – Photo : Mike Leyral

La première mission est de transformer un grand mur en béton en œuvre d’art, en galerie publique visible de tous. Mais aussi de porter un message universel de protection de la diversité naturelle. Ce message, c’est qu’il faut prendre soin de nos océans, sur toute la planète” confie Gonzalo Aldana.

Aux îles Cook, l’océan fait face à deux grands défis : la pêche intensive, et l’exploitation des ressources minières, à six kilomètres de profondeur. Avec ‘Marae Moana’, il a désormais ses sentinelles, qui veillent à sa protection.