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Le textile au cœur de la Semaine européenne de la réduction des déchets

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Du 19 au 27 novembre avait lieu la SERD, la Semaine européenne de la réduction des déchets. Une initiative annuelle qui vise à promouvoir la réalisation d’actions de sensibilisation à la gestion durable des ressources et des déchets. Pour cette édition, le thème retenu était le textile. Et les entreprises du fenua, les associations et même les établissements scolaires ont joué le jeu en organisant plusieurs actions.

Publié le 01/12/2022 à 14:17 - Mise à jour le 01/12/2022 à 14:27
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Du 19 au 27 novembre avait lieu la SERD, la Semaine européenne de la réduction des déchets. Une initiative annuelle qui vise à promouvoir la réalisation d’actions de sensibilisation à la gestion durable des ressources et des déchets. Pour cette édition, le thème retenu était le textile. Et les entreprises du fenua, les associations et même les établissements scolaires ont joué le jeu en organisant plusieurs actions.


Cela fait maintenant une dizaine d’années que l’ADEME, un opérateur de l’État sur la transition écologique, accompagne le fenua lors de la SERD, la Semaine européenne de la réduction de déchets. Un événement européen annuel organisé en France, mais également en Polynésie, et qui sert de prétexte pour nous sensibiliser et nous mobiliser sur la réduction des déchets : “Ici, localement ce qu’on a fait, c’est qu’on a organisé un séminaire le 6 octobre dernier pour préparer cette semaine européenne de réduction des déchets, pour que ce soit un temps fort de mobilisation pour de la prévention sur la réduction des déchets en Polynésie, et pour que les entreprises soient prêtes à faire des actions tout au long de la semaine voire plus longtemps si elles le souhaitent” explique Laurie Gorria, coordinatrice des missions à l’ADEME, agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie en Polynésie française.

Le thème du textile pour la SERD 2022

Nos missions, c’est de conseiller et d’accompagner les entreprises, les collectivités et les associations, à développer leur transition écologique, au quotidien. (…) Concrètement, on les accompagne avec de la méthodologie, des cahiers des charges… On travailler leur projet avec eux. On co-construit des projets de transition écologique, notamment sur la prévention des déchets. On fait des zones de tri, on élabore des études sur les déchetteries etc. Et on intervient aussi sur le plan financier via des investissements auprès, par exemple, du syndicat Fenua Ma, pour la gestion des déchets” poursuit-elle.

Un Polynésien produit 365 kilos de déchets par an en moyenne. Et deux tiers de ces déchets pourraient être triés, mais ne le sont pas. Aussi, 30% des déchets pourraient être recyclés et 30% seraient des déchets organiques. On a donc encore pas mal d’efforts à faire pour mieux trier et surtout valoriser nos déchets. Cette année, le thème retenu par la SERD était le textile : “C’est un thème un peu novateur et différent de d’habitude, notamment au fenua, parce que c’est un sujet où on a pas une industrie locale en place. Donc c’est intéressant de travailler sur ce sujet-là. (…) Finalement, il y a déjà beaucoup d’initiatives sur place avec des entreprises qui font de la location de vêtements, des vides-dressings collaboratifs, des dépôts-ventes, des boutiques solidaires notamment avec le Secours catholique et la Croix Rouge” précise Laurie Gorria. Le textile est aussi l’un des secteurs les plus polluants au monde sur l’ensemble de son cycle de vie : de la fabrication des matières premières jusqu’à des impacts sur notre santé, sur l’environnement, sur ceux qui les fabriquent mais aussi ceux qui les portent”.

De plus en plus d’entreprises s’inscrivent à la SERD chaque année au fenua, exception faite lors de l’année du Covid. Cette année, plus de 70 actions ont été labellisées SERD :“Ce sont des actions aussi bien grand public qu’au sein d’une entreprise, avec la mise en place de compostage, de formations pour le personnel etc. (…) On voit cette année que pas mal d’établissements scolaires se sont mobilisés, et tout au long de l’année, on est beaucoup sollicité par ces établissements scolaires. On voit que c’est une préoccupation de chacun sur ce sujet-là”.

Pour la première fois, à l’occasion de la SERD, FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion en Polynésie française) organisait une journée portes ouvertes avec des visites et des ateliers pratiques où on apprenait à faire des petites trousses avec des sacs d’emballages de riz et des ateliers de démantèlement et reconditionnement d’appareils numériques : “Chez FACE Polynésie, on a développé un volet insertion professionnelle sur lequel on se base sur la réduction des déchets. Donc pour nous, c’est une thématique très importante. Au niveau des ateliers upcycling, on récupère des bâches évènementielles réformées et on leur donne une seconde vie” indique Laurie Chevillard, chargée de mission à FACE Polynésie.

Des volontaires en service civique sont accompagnés pendant plusieurs mois par FACE et sont formés en couture ou en informatique, afin de créer leur projet professionnel, et trouver un emploi par la suite :Ce sont des volontaires en service civique qui sont sur ces missions, des personnes qui sont parfois très éloignées de la thématique de la réduction des déchets dans leur quotidien. Et le fait de travailler chez FACE Polynésie et dans ces ateliers, ça permet aussi à chacun, dans son quotidien, d’être conscient de la quantité de déchets que l’on produit et proposer des solutions à la maison”.

Depuis le lancement de ces ateliers, plus de 30 tonnes de déchets ont été récupérés et valorisés par FACE, principalement du matériel informatique “soit usé soit inutilisé auprès de particuliers ou de professionnels. Les appareils vont être testés, reconditionnés si possible ou démantelés pour être envoyés ensuite au recyclage”.

Si le thème 2023 de la SERD n’est pas encore connu, nul doute que la Polynésie jouera à nouveau le jeu.