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La collecte des déchets inertes suspendue pour les professionnels

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Plastique, ferraille, polystyrène… Que faire de ces déchets inertes ? Soit fermés, soit arrivés à leurs limites de stockage, les différents sites d’enfouissement de Tahiti ne peuvent plus accueillir ce type de déchets. Si les entreprises du BTP sont moins concernés par cette problématique, les commerces d'électroménager, eux, ne savent plus quoi faire.

Publié le 06/05/2022 à 9:48 - Mise à jour le 06/05/2022 à 12:15
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Plastique, ferraille, polystyrène… Que faire de ces déchets inertes ? Soit fermés, soit arrivés à leurs limites de stockage, les différents sites d’enfouissement de Tahiti ne peuvent plus accueillir ce type de déchets. Si les entreprises du BTP sont moins concernés par cette problématique, les commerces d'électroménager, eux, ne savent plus quoi faire.

Il y a d’abord eu la fermeture temporaire du site d’enfouissement de Paihoro fin 2020, suite à un incendie. Et depuis un mois s’est ajouté l’arrêt des sites annexes qui ont atteint leur quota. Résultat : certains professionnels sont dans l’impasse pour le traitement de leurs déchets inertes.

Les déchets inertes son des déchets qui ne se décomposent pas, ne brûlent pas, ne sont pas biodégradables. Ce sont principalement des déchets minéraux produits par l’activité de construction.

Si du côté du BTP béton, la terre et autres gravats sont facilement réutilisables, ce n’est pas le cas de l’électroménager. Benoit Mathon, gérant d’une société de livraison, ne sait plus quoi faire de ses déchets : “actuellement, c’est compliqué pour tout ce qui concerne les machines usagées. Tout ce qui est plastique, polystyrène, ce qu’on récupère et qu’on ne peut plus déposer ni à Fenua Ma, ni à Tahiti Agrégats”.

Pourtant des solutions existent selon le syndicat Fenua Ma, spécialisé dans le retraitement des déchets et gestionnaire du site de Paihoro. “C’est vrai qu’on reçoit beaucoup de demandes des professionnels. Donc nous, ce qu’on a proposé à ceux qui nous ont contacté, c’est que les déchets de matière plastique comme les films étirables soient basculés en catégorie 2 [déchets putrescibles du bac gris, NDLR]”, explique le directeur général Benoît Layrle. “C’est plus cher mais ils vont rejoindre les ordures ménagères. C’est temporaire. […] Ce sont des solutions mais qui sont 2 à 4 fois plus chères que la solution de l’enfouissement”.

Et ces coûts de recyclage supplémentaires, les professionnels ne souhaitent pas les prendre en charge. Car ils sont déjà soumis à une taxe de 2% par appareil importé : une taxe pour l’environnement, l’agriculture et la pêche (TEAP) votée en 2001. Or cet impôt rapporte annuellement environ près de 3 milliards de Fcfp. Une manne qui devrait selon ces entreprises financer ce recyclage. “Tout la matériel importé, ce sont des taxes pour le recyclage et normalement, il y a des sommes récoltées qui devraient servir à recycler ce matériel”, estime Philippe Siu, revendeur d’électroménager. “On paye deux fois. On paye pour importer et maintenant pour s’en débarrasser, il faut encore payer”.

Cette situation exceptionnelle devrait encore durer quelques mois puisque la réouverture du centre d’enfouissement technique de Paihoro est prévue pour le mois de septembre.

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