mardi 24 novembre 2020
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Tourisme à Tahiti iti : la clientèle locale comme bouée de sauvetage

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Le tourisme est en berne au fenua. Hôtels, pensions de famille et autres prestataires touristiques voient leur activité tourner au ralenti, et pour certains, il n’y a malheureusement plus d’activité. La crise de la Covid-19 entraîne avec elle la chute d’un secteur essentiel à l’économie polynésienne. Malgré les difficultés, des établissements veulent croire en des jours meilleurs et misent sur la clientèle locale pour maintenir leur entreprise à flot.

Publié le 17/11/2020 à 12:11 - Mise à jour le 19/11/2020 à 8:33
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Le tourisme est en berne au fenua. Hôtels, pensions de famille et autres prestataires touristiques voient leur activité tourner au ralenti, et pour certains, il n’y a malheureusement plus d’activité. La crise de la Covid-19 entraîne avec elle la chute d’un secteur essentiel à l’économie polynésienne. Malgré les difficultés, des établissements veulent croire en des jours meilleurs et misent sur la clientèle locale pour maintenir leur entreprise à flot.

Des bungalows dans un jardin verdoyant, le bruit des vagues en écho…. le cadre est idyllique à la pension Punatea Village à Afaahiti, sur la côte est de la Presqu’île de Tahiti. Un calme apaisant, trop peut-être, car l’établissement ne reçoit plus aucun client en semaine. Des clients qui étaient principalement des visiteurs internationaux.

À 40 ans, Marurai Dubray gère l’établissement familial dans ce petit coin de Tahiti iti depuis 2013. C’est la première fois qu’il fait face à une telle situation dans son activité touristique. La crise de la Covid-19 entraine avec elle une baisse du nombre de réservations : « on tourne uniquement le week-end. Avant, on avait des touristes en semaine, il n’y en a plus. J’ai eu de nombreuses réservations pour des mariages et des rassemblements familiaux repoussées à l’an prochain. Avec les nouvelles restrictions, on ne peut plus accueillir ces groupes ».

Pour maintenir son activité et ses activités de découverte de la Presqu’île, Marurai se veut optimiste en misant sur la clientèle locale. L’établissement enregistre des réservations uniquement les week-ends.

Optimiste malgré l’incertitude

Pour préserver l’emploi de ses patentés, Marurai fait quelques sacrifices : « j’avais une comptabilité saine avant la crise, alors je pioche dans les économies, et je ne me verse plus de salaire ». Le jeune entrepreneur a fait ses demandes d’aides auprès de l’État : « j’ai pu obtenir 178 000 Fcfp par mois. C’est une aide indéniable, au moins pour payer les charges comme l’électricité ».

Sa situation géographique est un avantage reconnaît-il. D’autres pensions de famille souffrent plus, notamment dans les îles éloignées. Son activité de découverte de Tahiti iti séduit les résidents de Tahiti pour des escapades, le temps d’un week-end : « les locaux qui ont encore un pouvoir d’achat cherchent aussi à faire des économies, et ils choisissent la Presqu’île ».

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Malgré son optimisme, Marurai peut tenir jusqu’en mars 2021, selon lui. Après ? C’est l’incertitude. Il y a un an, sa pension de famille enregistrait 80% de taux de remplissage, aujourd’hui il est à 25%. Et si la météo joue des tours, les réservations des week-ends risquent de diminuer.

La clientèle locale, une bouée de sauvetage

Dans son projet professionnel et touristique, Marurai propose avec un associé des excursions en bateau, Jet Ski ou quad. Les tours ont été lancés en août 2019, surfant sur la vague d’un tourisme en plein essor. Une vague stoppée par la Covid-19. Stive Timo, gérant de Safari Iti Tours a investi dans 3 quads, et 4 Jet Ski. La clientèle locale est une bouée de sauvetage pour faire tourner les moteurs de ses engins les week-end et avoir une rentrée d’argent : « on va pas se mentir, les clients, on les attend toujours ! Je reste optimiste, moi aussi. On tourne le week-end. En semaine, un ou deux clients, pas plus. Mais grâce à la pension, il y a quelques clients ».

Stive Timo (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Face au ralentissement de leur activité professionnelle, Stive et Marurai se serrent les coudes, discutent avec leur banques : « il y a des comptes à rendre, c’est certain » explique Stive Timo. Lorsqu’il a ouvert sa base nautique, l’entreprise tournait à 60%, aujourd’hui moitié moins. Ces deux entrepreneurs gardent espoir en misant sur les paysages de la Presqu’île de Tahiti .

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