lundi 6 décembre 2021
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PSG : les arrêts de travail abusifs dans le viseur de la CPS

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Si la pandémie a précipité les comptes de la CPS dans le rouge vif, elle a également remis sur le tapis la question des arrêts de travail abusifs et donc, des jours de carence. Délai pendant lequel un salarié en arrêt maladie ne reçoit ni indemnité journalière ni salaire. Les jours de carence sont-ils utilisés efficacement en Polynésie ? Doit-on en ajouter ou en supprimer ? Une piste en réflexion dans le cadre de la réforme de la PSG.

Publié le 23/10/2021 à 11:13 - Mise à jour le 23/10/2021 à 12:06
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Si la pandémie a précipité les comptes de la CPS dans le rouge vif, elle a également remis sur le tapis la question des arrêts de travail abusifs et donc, des jours de carence. Délai pendant lequel un salarié en arrêt maladie ne reçoit ni indemnité journalière ni salaire. Les jours de carence sont-ils utilisés efficacement en Polynésie ? Doit-on en ajouter ou en supprimer ? Une piste en réflexion dans le cadre de la réforme de la PSG.


Vieillissement de la population d’un côté, augmentation des maladies chroniques de l’autre : si la hausse continue des arrêts de travail ces dernières années plombait les finances de la PSG, la Covid a fait exploser le compteur. De quoi pousser les finances de la CPS au bord du gouffre. 

C’est que le coût des arrêts de travail a explosé en l’espace de deux ans : 5 milliards de Fcfp en 2021 contre 3,5 milliards de Fcfp en 2019. Une montée en charge liée à la Covid certes, mais aussi à un certain nombre d’arrêts abusifs. Résultat : la CPS et les organisations patronales souhaitent siffler la fin de la récré.

Pour rappel, lorsqu’un salarié pose un arrêt de travail, les trois premiers jours ou jours de carence, sont pris en charge à 100% par l’employeur. À partir du quatrième jour, c’est la CPS qui prend le relais. Un remboursement de la caisse qui est financé aux deux tiers par les charges patronales.

Aujourd’hui prises à la gorge, les entreprises suggèrent une réduction de ces jours de carence et pointent du doigt les nombreuses dérives : “Cela pèse sur les comptes de l’entreprise. Donc aujourd’hui, ce qu’on demande, c’est qu’on passe à 2 jours afin d’alléger les charges des entreprises. (…) Il y a une dérive. La dérive est pratiquée par les salariés mais aussi par le corps médical qui profite très largement de ces subsides, il faut être clair” indique Christophe Plée, président de la CPME.

Mais la caisse de prévoyance sociale n’est pas tout à fait du même avis. Au contraire, elle évoque même une prolongation à 5 jours de carence. Une piste que la CPS juge forcément plus intéressante, mais qui devra s’accompagner d’une meilleure maitrise des dépenses et d’une certaine exemplarité. “Cela peut être un levier, notamment dans un cadre de responsabilisation des employeurs et des salariés. (…) L’exemplarité et la crédibilité doivent s’imposer à tous et notamment aux décideurs politiques, mais à tous les décideurs en général. Comme je l’ai déjà dit, la CPS aussi s’inscrira dans une démarche d’exemplarité, de rigueur. Et c’est important si on veut restaurer la confiance” explique Vincent Fabre, directeur de la CPS.

Si les avis divergent, les partenaires sociaux s’accordent sur l’importance de changer les mentalités face à l’assurance maladie. À commencer par faire comprendre à la population que les arrêts de complaisance font peser un poids supplémentaire sur la société polynésienne.

Ainsi, le président du Conseil d’Administration de la CPS, Jean François Benhamza, souhaite rapidement entrer dans une phase de prévention avant de prendre des mesures restrictives : “La première chose à faire, c’est le rappel à la règle. On va essayer de rappeler aux gens ce qu’ils doivent faire, leurs obligations, leurs devoirs… et surtout, faire en sorte qu’on arrive à diminuer ce nombre de dérives. Si dans six mois, il y a toujours rien qui va bouger, à ce moment-là, on a les moyens de faire des contrôles. Et on les fera. Et ça sera avec les pénalités, les retards etc.”.

Si la CPS a vu le volume de bénéficiaires augmenter de 74% en l’espace de dix ans, le montant de ses remboursements a explosé de près de 300%.

Yvonnick Raffin, invité du journal, sur la réforme de la PSG :

TNTV : Pourquoi une réforme de la PSG ?
Yvonnick Raffin, ministre de l’Économie et des Finances : “Parce que si nous ne réformons pas la protection sociale généralisée, les allocations familiales -pour faire simple, les dépenses de maladie, les dépenses de retraites… en fait toutes les prestations de la PSG vont être mises à mal et leur paiement sera compliqué dans les deux ans à venir.”

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