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Plus diplômées, les femmes ont deux fois moins de chances de trouver un emploi que les hommes

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Une enquête menée par l'Institut de la Statistique de Polynésie française met en avant les discriminations que subissent les femmes sur le marché de l'emploi en Polynésie française. Le rapport insiste aussi sur le fort taux de chômage au fenua et le faible niveau de diplôme de la population active.

Publié le 11/12/2022 à 18:18 - Mise à jour le 07/01/2023 à 9:45
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Une enquête menée par l'Institut de la Statistique de Polynésie française met en avant les discriminations que subissent les femmes sur le marché de l'emploi en Polynésie française. Le rapport insiste aussi sur le fort taux de chômage au fenua et le faible niveau de diplôme de la population active.


Elles sont plus diplômées et pourtant elles ont deux fois moins de chances que les hommes de trouver un emploi selon le dernier bulletin de l’Institut de la statistique de la Polynésie Française sur « Les déterminants de la relation des Polynésiens face au marché de l’emploi ». 34% d’entre elles sont ainsi titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur, contre seulement 26% des hommes, précise l’institut.

L’enquête met d’ailleurs en exergue tout un ensemble de déséquilibre homme/femme dans l’insertion sur le marché du travail. Comme le taux d’emploi global des femmes en Polynésie. Celui-ci est de 45 % pour les femmes contre 60% pour les hommes. À diplôme et tranche d’âge égale, elles ont également plus de risque de perdre leur emploi.

L’enquête, portant de 2018 à 2021, révèle également les spécificités du marché du travail polynésien qui se caractérise avant tout par un faible taux d’emploi. Seul 52% de la population en âge de travailler à un emploi en Polynésie française. Un taux bien en-dessous de celui de la France métropolitaine (67%) et même de la Nouvelle-Calédonie (58%).

La population active polynésienne est également peu diplômée. “52 % des 25-64 ans sont soit titulaires du diplôme national du brevet (DNB) ou du certificat d’études primaires (CEP), soit sans diplôme, et seulement 14 % sont diplômés de l’enseignement supérieur. Ces chiffres sont respectivement de 18 % et 41 % pour la France hors Mayotte“, note le rapport, qui insiste cependant sur la nécessité de pondérer ces chiffres en raison de l’absence d’allocation chômage en Polynésie.


Il est en outre très difficile pour une personne sans emploi d’en retrouver un et plus le temps de chômage augmente, plus l’accès à l’emploi devient difficile. En outre, 7% des employés d’une année considérée ne le sont plus l’année suivante. “Le marché du travail polynésien se caractérise donc par un faible taux d’emploi et une forte inertie : le passage du non-emploi à l’emploi et vice-versa est difficile“, analyse l’institut.

Cette inertie paraît cependant moins forte en dehors de Tahiti. Ainsi les habitants des “Îles-Sous-le-Vent ont environ 40 % plus de chances de trouver un emploi à court terme” précise le rapport, avant de conclure, moins optimiste, que “cette différence est moins marquée à long terme“. Dans les archipels, l’emploi est donc plus dynamique mais aussi plus rare et plus précaire.

Sans surprise également, l’enquête illustre à quel point les diplômes sont une clef, à la fois pour trouver et pour garder un emploi. Le taux de chômage est directement corrélé au niveau du diplôme. Ainsi “la part des chômeurs chez les diplômés de l’enseignement supérieur est deux fois moins élevée que chez les titulaires d’un baccalauréat”, précise le rapport.

L’enquête révèle enfin que, même si le fait d’être né hors de Polynésie “n’a pas d’influence sur le fait de se retrouver sans emploi à court terme“, les non natifs ont “un tiers de moins de chance de trouver un emploi après une période d’inactivité inférieure à un an“.

Consultez le rapport d’enquête de l’ISPF dans son intégralité