Malgré l’inflation, une année économique 2022 en mode « rebond »

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Dans sa synthèse annuelle 2022 publiée ce jeudi, l'Institut d'Émission d'Outre-Mer (IEOM) tire un bilan plutôt positif de l'activité économique en Polynésie française, tout en précisant que la situation géopolitique dans le Pacifique et l'alternance à la tête du Pays sont des facteurs "d'incertitude" de nature à "peser sur le comportement des agents économiques" .

Publié le 05/05/2023 à 12:05 - Mise à jour le 05/05/2023 à 14:40

Dans sa synthèse annuelle 2022 publiée ce jeudi, l'Institut d'Émission d'Outre-Mer (IEOM) tire un bilan plutôt positif de l'activité économique en Polynésie française, tout en précisant que la situation géopolitique dans le Pacifique et l'alternance à la tête du Pays sont des facteurs "d'incertitude" de nature à "peser sur le comportement des agents économiques" .

Collectivité française d’outre-mer la plus affectée par les conséquences économiques de la crise
de la Covid-19, la Polynésie française devrait retrouver son niveau de PIB d’avant crise au premier trimestre 2023, selon l’Institut d’Émission d’Outre Mer. Un rebond « plus élevé que l’année précédente » , précise l’établissement, malgré de fortes tensions inflationnistes.

En effet, l’inflation a augmenté de 6,4 % en moyenne annuelle en 2022, ce qui n’a ni empêché le marché du travail de reprendre des couleurs avec une augmentation de 5,1% des effectifs sur la même année, ni entravé la consommation. La production de crédits à la consommation a elle aussi gagné en dynamisme, avec +14,9 % en glissement annuel en 2022 contre -7,0 % en 2021 (48,9 milliards de francs contre 42,6 milliards en 2021).

Du côté des commerçant, la majorité a répercuté les hausses de leurs coûts d’approvisionnement sur leurs prix de vente. Une hausse des prix particulièrement marquée dans l’alimentation, dont la flambée a atteint 12%, plus que le logement (+8,8%) ou les transports (+8,2%).

Les entreprises, plus que les particuliers, se sont montrées enclines à investir. L’IEOM relève que les secteurs tels que l’énergie, les transports et l’hôtellerie ont porté des projets d’envergure nécessitant d’importants crédits d’équipement, dont la production s’établit à hauteur de 36,8 milliards de Fcfp contre 23,1 milliards en 2021, soit +59,3 %.

En revanche, les particuliers ont restreint leurs investissements immobiliers, « en dépit des mesures publiques incitatives » telles que l’Aide à l’Investissement des Ménages instaurée en 2014. L’IEOM mentionne également la fameuse taxe de 1000% aux investisseurs non résidents qui a été adoptée par le Pays en avril avant d’être invalidée par le juge administratif en septembre, délai qui a « gelé le marché immobilier pendant quelques mois » .

Un dynamisme symbolisé par la « régénération » du tourisme

Très affecté par la crise sanitaire, le secteur tertiaire a retrouvé sa vitalité en 2022, sous l’impulsion du tourisme et de la demande interne. Son chiffre d’affaires global s’est accru de 15,4 % en rythme annuel, après +8,9 % l’année précédente.

L’IEOM note que 2022 s’est révélée « très porteuse » pour le tourisme, une tendance qui se poursuit jusqu’à présent. Les hôtels polynésiens, lourdement affectés par deux années de pandémie, ont restauré leur rentabilité. Sur l’exercice 2022, le chiffre d’affaires global de l’hôtellerie atteint 59 milliards de Fcfp contre 30 milliards de francs en 2021 (31 milliards en 2019).

Enfin, l’institut nuance en concluant que « le contexte des Territoriales et la progression des risques géopolitiques dans le Pacifique » constituent « des facteurs d’incertitude de nature à peser également sur le comportement des agents économiques » .

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