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Les dépenses publiques : le joker de l’économie polynésienne

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Si en Europe, 25 à 30% de la production est à l’arrêt, en Polynésie près de 50% de l’économie est affecté par la crise. L’aspect positif selon les chercheurs de l’UPF, c’est que l’autre moitié de l’économie dite du "secteur non marchand" continue à percevoir des transferts de l’État et du Pays. Ainsi, deux tiers du PIB sont soutenus par des dépenses publiques, seule lueur au tableau noir.

Publié le 29/03/2020 à 15:02 - Mise à jour le 30/03/2020 à 10:58
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Si en Europe, 25 à 30% de la production est à l’arrêt, en Polynésie près de 50% de l’économie est affecté par la crise. L’aspect positif selon les chercheurs de l’UPF, c’est que l’autre moitié de l’économie dite du "secteur non marchand" continue à percevoir des transferts de l’État et du Pays. Ainsi, deux tiers du PIB sont soutenus par des dépenses publiques, seule lueur au tableau noir.

Désormais engagé dans le tunnel du confinement forcé, la Polynésie comme tous les pays du monde pilote à vue. Face à une situation sans précédent, les économistes sont incapables de faire des prévisions à long terme. Car même la grande dépression de 1929, puis la crise de 2008, étaient des crises financières, des crises de la demande. Celle qu’on connaît aujourd’hui en revanche concerne également l’offre. Pas de production d’un côté, pas de consommation ni d’investissement de l’autre.

« C’est beaucoup plus compliqué de résoudre cette crise puisqu’une réduction de l’offre tend à faire monter les prix car on ne trouve pas tout ce qu’on veut acheter. Mais d’un autre côté, il y a une réduction drastique de la demande » explique Vincent Dropsy, chercheur économiste à l’université de la Polynésie française (UPF).

Malgré son isolement, son éloignement, et la paralysie de son secteur touristique, la Polynésie a cependant des atouts. Moteur potentiel, le tourisme ne représente au final que 10,6% du PIB contre 24% pour les transferts de l’État. « Il y a quand même environ 2/3 du PIB qui sont soutenus par des dépenses publiques, et donc l’intervention de l’État et du Pays peut être très important pour aider la population à survivre, précise le chercheur à l’UPF. Cette crise sera peut-être moins grave ici qu’en Métropole à court termes. »

Les dépenses publiques de l’État et du Pays incarnent donc un socle stabilisateur important, à condition de ne pas appliquer de politique de rigueur selon l’économiste : « Les gouvernements doivent prendre des mesures rapides, comme je pense qu’ils le font, et des mesures très fortes pour éviter un peu ce qu’il s’est passé en 2008 où la plupart des pays dans le monde, y compris la Polynésie, a dû un peu se serrer la ceinture, ce qui était une mauvaise stratégie à l’époque. L’espoir, c’est que nous avons une dette relativement faible, entre 15 et 20% du PIB, et peut-être que nous pouvons largement nous endetter – avec quelques permissions légales – pour pouvoir répondre aux attentes de la population et aider l’économie à passer cette crise ».

La priorité ? « Sauver les entreprises du côté de l’offre, mais aussi du côté de la demande avec un revenu minimum pour la population. » Si cette crise s’annonce pire que celle de 2008, plus le coronavirus sera arrêté rapidement plus la reprise de l’économie sera rapide et forte. « Si le confinement est respecté à la lettre, comme c’est probablement un peu le cas en Polynésie avec un confinement total, et bien la crise sera plutôt de courte durée et on pourra reprendre la production et les activités commerciales le plus vite possible, ce qui permettra un meilleur rebond » déclare Vincent Dropsy.

Reste l’équation complexe de la durée du confinement. « Il y a une lueur d’espoir dans le long terme, nous vivons une révolution technologique depuis quelques années avec internet notamment. Les services à la personne quasiment bloqués par le confinement pourraient être remplacés par des services en ligne » rassure le chercheur. Lui-même en télétravail 15 heures par jour, il poursuit tous ses cours en visioconférence. « La technologie ne va pas tout résoudre, mais elle peut nous aider à surmonter des épreuves difficiles, en particulier l’intelligence artificielle. »

REPORTAGEEsther Cunéo

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