mardi 1 décembre 2020
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Les communes polynésiennes pourraient davantage investir selon l’Observatoire des communes de l’AFD

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L’édition 2020 de l’Observatoire des communes de Polynésie française réalisé par l’Agence française de développement (AFD) à Papeete a été publié.

Publié le 03/09/2020 à 11:54 - Mise à jour le 03/09/2020 à 14:52
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L’édition 2020 de l’Observatoire des communes de Polynésie française réalisé par l’Agence française de développement (AFD) à Papeete a été publié.

À destination des élus, des équipes municipales et de tous les partenaires des communes, cette publication fait annuellement le point sur les tendances des finances communales polynésiennes. La présente édition analyse les comptes consolidés des communes de Polynésie sur 2015-2018.

3,5 milliards de Fcfp en 2018, un record sur la décennie

Dans la continuité des tendances observées les années précédentes, les communes polynésiennes ont renforcé en 2018 leurs équilibres financiers, avec des recettes de fonctionnement en croissance tandis que les dépenses de fonctionnement se stabilisent.
Cette dynamique leur a permis de dégager davantage d’épargne brute : 3,5 milliards de Fcfp en 2018, un record sur la décennie (+26% par rapport à 2017). « On constate que dans la continuité de ce qu’on a observé les années précédentes, au niveau de la section de fonctionnement, donc dans la manière dont les communes gèrent quotidiennement leurs dépenses pour fonctionner, elles arrivent à maîtriser leurs dépenses de fonctionnement. On a une stabilisation entre 2017 et 2018. C’est la première fois qu’on observe une stabilisation de ces dépenses sur la décennie. Tandis que les recettes continuent d’augmenter : +2% entre 2017 et 2018. Et donc tout ça, ça leur permet de dégager davantage de marge de manoeuvre. Donc recettes et dépenses mises face à face on a 3.5 milliards de Fcfp d’épargne brute qui a été générée. C’est une épargne qui va permettre d’alimenter la capacité d’auto-financement de ces communes. C’est un niveau historique 3.5 miilards, et donc c’est de la capacité pour ensuite investir », explique Sévanne Marchand responsable du pôle secteur publique à l’AFD.

Les communes, pas toutes dans la même situation

L’AFD note cependant que le volume d’épargne est inégalement réparti selon les communes : plus de 84% de l’épargne nette est concentré dans les communes de plus de 10 000 habitants : « La situation n’est pas la même dans une grande commune et dans une petite commune des archipels. Si on regarde l’auto-financement, l’épargne nette générée au niveau de la section de fonctionnement, on constate qu’en fait les communes de plus de 10 000 habitants concentrent 85% de cet épargne. Pour les autres communes, ces capacités sont nettement moindres (…) Toutes les communes n’ont pas la même capacité à investir au niveau financier et ça c’est un élément qui est important aussi. »

En phase avec le cycle de la mandature, l’investissement continue sa croissance : en 2018, le montant global investi par les communes s’élève à 9,1 Mds de Fcfp, en augmentation de 10% par rapport à 2017. Cela représente un quart de l’investissement des collectivités locales polynésiennes en 2018.

Dans un contexte économique favorable pour le territoire sur la période 2015-2018, la croissance de l’investissement communal a principalement été tirée par la hausse des subventions reçues, davantage que par le recours à l’emprunt qui reste stable entre 2017 et 2018 (près de 1,3 Md de Fcfp).

« Quand on met bout à bout toutes les recettes que les communes ont pour investir : on a les différents types de subventions, l’emprunt, ce fameux auto-financement qui provient de leur épargne. Quand on met tout ça bout à bout, on se rend compte que ça excède les dépenses qui sont effectivement réalisées. Et donc elles auraient pu optimiser davantage leurs recettes d’investissement et peut-être dépenser plus. Au lieu de ça, on a un excédent d’investissements qui vient ensuite alimenter les réserves des communes. Peut-être que ça pourrait être optimisé pour davantage investir (…) Les communes polynésiennes sont assez faiblement endettées, autour de 15.9% de taux d’endettement donc c’est assez faible par rapport à ce qu’on peut observer ailleurs en métropole, en Nouvelle-Calédonie. Donc elles ont des marges de manœuvre à ce niveau-là. On a donc globalement des pistes pour les communes pour optimiser ces capacités. Après effectivement, c’est aussi un message qu’on veut faire passer. »

Un rôle à jouer dans la relance économique

Aujourd’hui, alors que les nouvelles équipes municipales prennent leurs fonctions dans un contexte sanitaire, économique et social incertain, les communes auront un rôle clé à jouer dans la relance économique. « Notre message important dans le contexte économique actuel incertain, c’est que les communes ont un rôle à jouer dans la relance économique et ont des capacités d’investissement pour les années à venir, à la fois au bénéfice de leurs populations, pour améliorer la qualité de vie des populations, (…) en particulier sur les problématiques environnementales et sociales, préservation de l’environnement, réduction des inégalités. (…) Et aussi un rôle à jouer à travers la relance économique parce que réaliser des investissements, c’est aussi contribuer à la relance économique, faire travailler les entreprises du territoire et éviter de tomber dans une récession, contribuer à la relance au côté des autres acteurs, Etat et Pays » souligne la directrice de l’AFD Céline Gilquin.

La nouvelle édition de l’Observatoire propose une « fiche pratique de l’investissement communal ». Pour dynamiser leur stratégie d’investissement, les communes pourront notamment s’appuyer sur : leurs capacités d’autofinancement (optimiser la mobilisation de l’épargne nette), le recours à l’emprunt (leur taux d’endettement reste faible et les charges financières sont en baisse avec des taux d’intérêt minimes) et l’utilisation des réserves budgétaires accumulées.

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