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Le syndicat et l’ouverture de nos frontières

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Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO, et président du Conseil d’administration de la CPS, était l'invité du journal.

Publié le 28/07/2020 à 11:03 - Mise à jour le 28/07/2020 à 16:35
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Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO, et président du Conseil d’administration de la CPS, était l'invité du journal.

TNTV : Compte tenu de la crise sanitaire, de nombreuses entreprises, notamment dans le secteur touristique, sont en grande difficulté. Vous attendez-vous à des plans sociaux massifs dans les mois à venir ?
Patrick Galenon : « Malheureusement, il y a beaucoup d’entreprises qui ont déjà fermé. On n’espère pas des plans massifs de licenciement, mais on est confronté à beaucoup de réductions de temps de travail et des licenciements à la marge, mais ça représente quand même un nombre assez important. Sur les nombres d’heures temps plein, nous sommes à fin mai, au niveau de la CPS, à 9 300 emplois perdus. »

Vous êtes en discussion avec les entreprises qui sont en difficulté ?
« Je n’arrête pas avec les collègues syndicalistes et les entreprises d’essayer de faire en sorte qu’il y ait moins de licenciements. Et malheureusement, on craint que pour le mois de juin, nous serons à 1 300 emplois en plus de perdus, et plus on va aller vers la fin de l’année, puisque le CSE va prendre fin ainsi que le DIESE, j’espère que le gouvernement va reprendre cette idée d’aide aux salariés, aux entreprises, parce qu’on risque justement de poursuivre cette descente aux enfers. »

Outre le secteur touristique, quels sont les autres secteurs les plus impactés par cette crise ?
« Il y a surtout le commerce, en dehors du commerce dans l’alimentation qui s’en sort à peu près bien. Tout ce qui est produits de luxe, linges… Le commun des mortels essaie de faire des économies et de ne pas dépenser autre que pour l’alimentation et ce qui est nécessaire. Du coup, ces entreprises perdent beaucoup d’argent et un chiffre d’affaires. »

C’est un avenir un peu morose que vous êtes en train de dépeindre… Est-ce qu’il y a des alternatives pour essayer de relever la tendance ?
« Oui, on espère qu’il y a des alternatives. Malheureusement, le Covid reprend un peu dans le monde, ce qui va peut-être gêner les touristes de venir chez nous. Donc il faut vraiment se concentrer sur une économie plus endogène, avec l’agriculture, la pêche, la culture, l’artisanat… Il faut qu’on se prépare à un avenir meilleur. Je suis optimiste, mais je suis réaliste aussi, puisque qu’avec les chiffres qui arrivent à la CPS, je ne peux que constater, et on essaie, nous, de faire en sorte qu’on puisse avoir un avenir meilleur, c’est évident. »

Quel regard portez-vous sur la gestion de la crise par les autorités : en terme sanitaire comme d’aide aux entreprises…
« En terme d’aide aux entreprises, je pense qu’ils ont fait des efforts. En terme d’aide aux salariés, cela a été un peu difficile puisqu’on fait des comparaisons avec la France. Il faut savoir qu’en France, le SMIC a été remboursé à 100%, ainsi que les salaires à hauteur de 84% sur 4,5 SMIC. Ici, en Polynésie française, nous avons eu 100 000 Fcfp. Vivre avec 100 000 Fcfp par mois, vous savez, c’est extrêmement difficile. La situation, en matière sanitaire, je pense qu’ils ont été très très bien. Malheureusement, là, avec l’ouverture des [frontières], il faut que l’on mette des masques, et je pense qu’il faut obliger aux gens qui arrivent de l’extérieur à porter des masques et à un minimum de confinement. Parce que malheureusement, je trouve qu’aujourd’hui il y a un laisser-aller. Je pense que le gouvernement devrait reprendre des décisions, sans empêcher les gens de revenir, mais qu’on se protège vraiment. »

Avec d’autres syndicats vous aviez fait un recours devant le conseil d’État pour attaquer la loi de Pays qui a notamment instauré le revenu de solidarité. Vous venez d’être déboutés. Et certains n’ont pas compris votre opposition à cette aide financière. Avez-vous des explications ?
« (…) On ne s’est pas opposés à l’aide financière, mais si nous sommes un pays français, si vous faites la comparaison entre le SMIC français qui est à 183 000 Fcfp et le SMIC polynésien à 152 000 Fcfp, je vous l’ai dit : les Smicards en France ont eu 100% de leur salaire, les salariés ont eu 84% de leur salaire durant la période de Covid, et ici, nous avons eu 100 000 Fcfp. (…) Je pense qu’une démarche auprès de l’État pour dire qu’après tout, nous sommes salariés français, on aurait pu faire en sorte que ça soit mieux, mais bon, voilà… Je ne vais pas porter de jugement trop dur envers le gouvernement. Nous avons vécu une situation difficile. Je peux comprendre. »

Lire aussi > Le Pays pourrait bénéficier d’un 2e prêt garanti par l’État de 25 milliards

Depuis mars à mai, on a constaté une perte d’emplois à hauteur de 9 000 et cela devrait augmenter. La CPS avec le Pays profite d’un emprunt de 15 milliards. Faut-il s’attendre à une hausse des cotisations ?
« Non, l’emprunt est de 28 milliards dont 24 milliards sont confiés à la CPS parce que le territoire nous a remboursé 7 milliards de dettes qu’il avait pas rapport au FADES. Et 17 milliards, c’est ce dont nous avons demandé dès le mois de mars au territoire et à l’État, et qui ont accepté le principe parce que nous avions fait des simulations. Et donc ces 24 milliards sont nécessaires pour qu’on puisse continuer à payer nos retraités et payer les dépenses de santé. Cela représente 8 milliards par mois. Aujourd’hui, les cotisations des entreprises, malheureusement, sont de l’ordre de 6 milliards. Donc nous avons prévu que l’on puisse continuer à payer les retraités et les dépenses de santé au moins jusqu’à l’année prochaine sans problème. »

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Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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