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Le rhum Polynésien mise sur ses atouts pour bénéficier d’une IGP

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L'union fait la force : c'est ce qu'a démontré la filière rhum. Unie en syndicat depuis un an, elle a présenté son savoir faire dans la plus ancienne distillerie de Papara, samedi. La filière, composée de 4 distilleries locales a pour objectif de faire reconnaître la qualité de son rhum, dans l'espoir d'obtenir une indication géographique protégée. Au delà : elle souhaite développer la production de canne à sucre et de spiritueux made in fenual...

Publié le 27/09/2020 à 7:51 - Mise à jour le 27/09/2020 à 23:52
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L'union fait la force : c'est ce qu'a démontré la filière rhum. Unie en syndicat depuis un an, elle a présenté son savoir faire dans la plus ancienne distillerie de Papara, samedi. La filière, composée de 4 distilleries locales a pour objectif de faire reconnaître la qualité de son rhum, dans l'espoir d'obtenir une indication géographique protégée. Au delà : elle souhaite développer la production de canne à sucre et de spiritueux made in fenual...

Le rhum agricole de Polynésie gagne en notoriété. L’ensemble des distilleries du territoire a obtenu des récompenses à l’international. Un gage de qualité qui pousse les professionnels à s’unir. Le syndicat vise une IGP (une indication géographique protégée).

Dans la distillerie de Papara, la plus ancienne de Tahiti: on produit cette boisson depuis plus de 40 ans. Le jus des cannes à sucre, issus d’une seule presse, est fermenté dans des colonnes en cuivre, puis distillé dans un alambic chauffé au feu de bois. Le rhum agricole, c’est un peu comme les grands crus pour le vin : il faut de la passion et de la minutie pour extraire le meilleur du produit.

« Aujourd’hui, l’objectif de notre syndicat de producteurs de rhum agricole de Polynésie française, c’est d’abord de défendre l’image du rhum Polyénsien, mais aussi de promouvoir les actions qui vont développer la filière », explique Marotea Vitrac, le président de ce groupement.

Marotea Vitrac, président du syndicat des producteurs de rhum agricole de Polynésie française

« On va pouvoir prétendre à une indication géographique protégée, grâce à la spécialité de nos terroirs, de nos variétés, et de nos savoirs faire. Tout cela va conférer à nos rhums une aromatique particulière, et c’est précisément cela qui nous a permis de gagner des concours ou des médailles à l’international, et que l’on va chercher à défendre et à promouvoir ».

Face aux autorités du pays et de l’Etat, le syndicat a expliqué la nécessité de protéger ce savoir faire. L’IGP est une garantie pour différencier un rhum agricole, produit à partir d’un cahier des charges strict, d’un autre rhum produit à base de mélasse importée.

« Le rhum de mélasse est complètement différent du notre. Il se base sur de l’importation. Alors que nous : nous produisons du local », précise Marotea Vitrac.

Passer de 10 à 90% de production locale

« En Polynésie, le rhum agricole doit représenter environ 10% du marché. Pour nous, l’objectif est de développer la filière, et pourquoi pas arriver à de la production 100% locale. Aujourd’hui on a l’opportunité de pouvoir produire de la canne à sucre localement, de fournir des emplois, de promouvoir l’agriculture, et cela pourrait bien venir en substitution des importations de mélasse. C’est un des volets de développement de notre syndicat ».

La variété O’Tahiti : un plus

« On va avoir uniquement de la première presse en matière de broyage de canne pour faire du jus. C’est un argument technique qualitatif. Et on va utiliser des variétés qui sont spécifiques à la Polynésie française, dont les fameuses variétés O’Tahiti, qui ont été introduites par les Polynésiens lors de leurs migrations. Ca c’est un vrai plus pour notre indication géographique ».

« 

Le Pays a déjà signé une convention avec l’institut national de l’origine et de la qualité, pour faire reconnaître l’indication géographique sur le plan national.

La filière canne à sucre compte actuellement 54 planteurs, répartis sur les îles de Taha’a, Tahiti, Moorea et Rangiroa. 49 hectares de terres sont cultivés. Le syndicat vise un millier à l’horizon de quinze ans. Un développement qui permettrait la création de 3000 emplois et l’exportation de ces spiritueux sur les marchés extérieurs

Une IGP pour le rhum, et pourquoi pas pour le monoi, le tamanu ou la vanille?

« Ca fait plus de trois ans que nous travaillons avec ces différentes individualités qui se sont regroupées », indique le ministre de l’économie verte, Tearii Alpha. « Nous avons, avec la direction de l’agriculture et les privés, cherché à valoriser cette différenciation de notre rhum, qui gagnait tous les ans quelques prix, et qui a un super tableau d’honneur aujourd’hui. L’idée était de différencier ce rhum par une indication géographique protégée. J’ai personnellement signé une convention avec la directrice de l’INAO, qui est l’institut national des appellations d’origine, qui va nous accompagner non seulement pour la canne à sucre et le rhum agricole de Polynésie, mais aussi pour le monoi, le tamanu, la vanille… pour tous ces produits d’excellence que nous souhaitons exporter et valoriser demain sur les marchés extérieurs ».

« Avec ces professionnels, nous avons pour ambition de créer une dynamique dans les îles. La canne à sucre peut pousser dans tous les archipels. Comme l’a si bien présenté l’association : il y a cette ambition de « spiritourisme », et pourquoi pas de route du rhum, demain, en Polynésie, pour la valeur touristique », se prend à rêver Tearii Alpha.

« Nous les accompagnerons à chaque étape puisqu’aujourd’hui les aides agricoles ont été réorganisées pour pouvoir soutenir ce type de transformations. Nous dédierons également des terres domaniales. Surtout, nous inciterons les propriétaires fonciers des îles à proposer leurs terres pour ce type d’activité, au delà de la cocoteraie et des usages habituels ».

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