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La perle de Tahiti perd de son lustre

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Impuissantes face à la crise, les associations des perliculteurs tirent la sonnette d’alarme. Si les professionnels reconnaissent leur difficulté à fédérer, ils soupçonnent également une certaine indifférence de leur ministre de tutelle. Pendant ce temps-là, le cours de la perle poursuit sa chute vertigineuse, faisant craindre une vague de fermetures dans les îles perlicoles.

Publié le 25/06/2020 à 18:01 - Mise à jour le 26/06/2020 à 14:32
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Impuissantes face à la crise, les associations des perliculteurs tirent la sonnette d’alarme. Si les professionnels reconnaissent leur difficulté à fédérer, ils soupçonnent également une certaine indifférence de leur ministre de tutelle. Pendant ce temps-là, le cours de la perle poursuit sa chute vertigineuse, faisant craindre une vague de fermetures dans les îles perlicoles.

Un conseil de la perliculture pour être entendu, les perliculiteurs l’attendent depuis maintenant 3 ans. Sans cet interlocuteur clé, impossible de peser auprès des instances politiques et économiques du pays. Mais pour un conseil, encore faut-il un comité de gestion par île perlicole. Et c’est là que ça bloque. Seuls 9 comités ont vu le jour, sur 25.

« Tant qu’on n’a pas les comités de gestion, le conseil de la perliculture ne pourra pas fonctionner, explique Heinarii Haoatai, perlicultrice à Manihi. Et le conseil de la perliculture a besoin de fonctionner parce que c’est là où tout sera dit, toutes les règles concernant la perliculture seront discutées et amendées dans ce conseil. Donc s’il n’y a pas les comité de gestion, on ne peut rien faire. »

Les professionnels rappellent également les mesures promises par le Pays, comme les exonérations de taxes à l’export.

« Pendant la crise et le confinement, on nous a promis des choses et aujourd’hui rien n’est acté, poursuit Heinarii Haoatai. Et du coup si les comités de gestion se mettent en place avec le conseil de la perliculture, je pense que les premiers sujets seront les quotas de production. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

À défaut de quota, les perliculteurs craignent qu’une surproduction tire les prix vers le bas. Mais ce n’est pas tout. La suppression des contrôles sur les épaisseurs des nacres encourage des récoltes prématurées, avec un impact certain sur la qualité de l’or noir des îles.

De quoi nuire à l’image de marque « perle de Tahiti », durement concurrencée par les Fidji et les îles Cook.

Perliculteur à Arutua, Pascal Maoit n’est pas tout à fait du même avis. « Je pense qu’aujourd’hui le politique veut nous responsabiliser et on est tous au courant que si notre acheteur étranger veut un gage de qualité, il peut nous imposer d’amener nos perles au service de la Perliculture pour les passer au rayon X », confie-t-il.

Les professionnels sont unanimes : la perle de Tahiti a perdu de son lustre depuis la loi de 2017. Pour redorer son image, et surtout conserver sa réputation de produit de luxe, un plan de relance s’impose.  

Dans un communiqué envoyé aux rédactions, le ministre de la Perliculture, Teva Rohfritsch, indique que l’exonération des droits spécifiques sur les perles exportées (DSPE) nécessite la rédaction d’une loi du Pays, qui sera proposée au vote de l’assemblée de la Polynésie au mois de juillet. « Concernant la chute du prix de la perle, ce constat ne date malheureusement pas de 2017 et du vote de la loi du Pays encadrant les activités perlicoles, mais du début des années 2000 », précise le communiqué. Teva Rohfritsch propose l’adoption des dispositions du Plan de Sauvegarde Economique et va réunir le Conseil de la perliculture au début du mois d’août.

Le Vice-président de la Polynésie française, ministre en charge de l’économie bleue, a également présenté au Conseil des ministres ce vendredi 26 juin un arrêté visant à exonérer, pour l’année 2020, l’ensemble des perliculteurs du paiement de la redevance d’occupation du domaine public maritime. Les perliculteurs ayant déjà réglé leurs redevances auprès de la direction des affaires foncières peuvent se rapprocher de celle-ci afin que leur situation soit régularisée.

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