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En Polynésie, la sécurité alimentaire dépend de la desserte maritime

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Améliorer l'autonomie alimentaire est un enjeu majeur dans les îles dépendantes des importations maritimes, notamment en Polynésie française. La crise covid, la fermeture des frontières ou encore l'augmentation du prix du fret sont autant de facteurs qui ont d'ailleurs mis en exergue la dépendance de la Polynésie aux importations.

Publié le 06/05/2022 à 11:17 - Mise à jour le 06/05/2022 à 11:26
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Améliorer l'autonomie alimentaire est un enjeu majeur dans les îles dépendantes des importations maritimes, notamment en Polynésie française. La crise covid, la fermeture des frontières ou encore l'augmentation du prix du fret sont autant de facteurs qui ont d'ailleurs mis en exergue la dépendance de la Polynésie aux importations.

“Si jamais il n’y avait plus de desserte pendant un, deux ou trois mois, qu’adviendrait-il de notre sécurité alimentaire ?”, s’interroge Philippe Couraud, directeur de l’Agriculture. Car au fenua, seuls “30% des produits alimentaires achetés en magasin sont locaux. Mais si on intègre l’autoproduction, on évalue à 50% la part de l’alimentation produite localement”, estime le directeur. Chaque année, la Polynésie importe environ 40 milliards de Fcfp de biens alimentaires.

Quant à la viande, 35% de la viande porcine consommée par les Polynésiens est produite localement. Mais la production locale arrive à couvrir l’ensemble des besoins en œufs du territoire. “Il y a parfois quelques tensions sur le marché des œufs, par exemple quand une exploitation ferme pour raison sanitaire, mais pas de pénurie en ce moment”, rajoute Philippe Couraud.

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Du côté des fruits et légumes, certains produits nécessitent d’être importés. “Beaucoup de légumes ne pourront jamais être produits localement. Pourquoi importer des pommes ? On pourrait s’en passer. Il y a des communes qui bannissent les fruits importés dans les menus des cantines. Mais pour le moment, elles ne sont pas majoritaires”, souligne le directeur de l’Agriculture. Et si les agriculteurs parviennent à fournir légumes et fruits locaux, “la difficulté reste l’approvisionnement. Ça suppose plus de production, plus de surfaces cultivées”, pointe Philippe Couraud.

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Mais reste encore à savoir où planter. “Sur les terres, il y a encore de la marge : on a estimé à 800 hectares les terres qu’on pourrait utiliser. 500 hectares du Territoire et 300 hectares de terrains privés. Il y a donc un volet foncier, c’est vrai. Il y a peu de place à Tahiti et Moorea, mais aux Marquises, aux Îles Sous-Le-Vent et aux Tuamotu, il y a des surfaces plus importantes”.

Le secteur agricole reste néanmoins prometteur, avec des dispositifs d’installation pour favoriser les professionnels qui souhaitent se lancer dans l’agriculture. “On veut maintenir 15 000 actifs dans 1 000 exploitations. 3 000 d’entre eux vont partir dans les 10 ans qui viennent, il faut les remplacer. Et on peut imaginer une agriculture avec encore plus d’actifs”, ajoute Philippe Couraud.

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Depuis la crise covid, “il y a une perception différente des enjeux de l’alimentation“, estime le directeur de l’Agriculture. Un peu partout en Polynésie, notamment aux Tuamotu, on voit germer des faaapu collectifs et des initiatives agricoles.

Pour tendre davantage vers l’autonomie alimentaire, la direction de l’Agriculture prévoit de présenter un plan de transition alimentaire sur 10 ans.

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