mercredi 1 avril 2020
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Economie : « on revient de loin », estime Teva Rohfritsch

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La première conférence économique de l'année s'est tenue la semaine dernière. Pour en parler, le ministre Teva Rohfritsch était l'invité de notre journal.

Publié le 27/01/2020 à 11:27 - Mise à jour le 28/01/2020 à 9:48
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La première conférence économique de l'année s'est tenue la semaine dernière. Pour en parler, le ministre Teva Rohfritsch était l'invité de notre journal.

Lors de la première conférence économique de l’année, vous vous êtes félicité que tous les voyants soient au vert. L’économie polynésienne se porte bien aujourd’hui ?
« Oui ça va beaucoup mieux. On revient de loin. Lorsque j’ai pris le portefeuille en 2015, nous étions tout de même encore en situation de crise et Edouard Fritch notre président a souhaité mobiliser tous les moyens nécessaires publiques pour que l’économie polynésienne soit à nouveau alimentée par un moteur publique d’investissement et ce qui me réjoui aujourd’hui c’est que l’investissement privé a pris le relais. Les entreprises investissent à nouveau. Enfin commencent à recruter puisqu’on a fait créer plus de 1500 emplois l’année dernière. Ça n’est pas encore suffisant et c’est aussi une des grandes réflexions de cette conférence économique. C’est que maintenant que la richesse se crée à nouveau en Polynésie, il faut mieux la partager, il faut mieux la diffuser et il ne faut laisser personne dans l’eau. On a déjauger la pirogue, on est partis mais on ne veut laisser personne dans l’eau, il faut que tout le monde soit sur la pirogue du développement et ça c’est notre enjeu de cette année. »

Justement selon vous, c’est le secteur privé qui doit en priorité créer de l’emploi ?
« C’est le secteur privé parce que si c’est le secteur publique qui crée de l’emploi, c’est le fruit des impôts et des taxes qui vont payer ses emplois. Donc on souhaite que ce soit dans le privé que ce soit créé. Les performances sont bonnes. Plus de 3000 entreprises également se sont créées. C’est assez nouveau également dans le Pays, c’est l’entrepreneuriat. C’est-à-dire qu’on crée sa boîte, on a une idée et on y va. Le Pays a mis à disposition des moyens d’accompagnement avec la Sofidep, avec l’Adie, avec Initiative Polynésie, qui aujourd’hui portent leurs fruits. On peut aussi créer son propre emploi. C’est important, c’est du dynamisme. Maintenant il faut trouver des nouvelles voies et c’est l’intérêt de cette conférence économique puisqu’on a fait venir des gens de partout. En tout cas qui n’étaient pas des experts de la Polynésie. Mais qui ont réussi quelque chose ailleurs. Je crois que le publique qui est venu nombreux, y compris les jeunes qui étaient là, a pu peut-être capter telle ou telle idée pour le faire ici pourquoi pas. Et je crois que c’est ce qui est intéressant dans cet exercice. »

A propos de ces intervenants extérieurs, c’est la première fois qu’on organise ce type de Forum dans le cadre de la conférence économique. ils ont apporté quelque chose et la Polynésie leur a apporté quelque chose également ?
« En fait c’est la deuxième fois parce qu’en 2016 on a eu une première édition. Je pense qu’ils ont apporté quelque chose. On a eu le directeur de l’école de design de Nantes qui a ouvert des écoles partout dans le monde. On a eu quelqu’un de Samoa qui est venu nous parler de, au moment de leur accession à l’indépendance, comment ils se sont saisis du sujet du développement agricole et progressivement ont développé le Pays autour de cette agriculture. On a pu échanger avec le P-dg de l’association, la Pacific travel association qui est venu nous parler du tourisme et du rapport entre la culture et le tourisme. D’ailleurs je remercie aussi nos panélistes qui sont venus intervenir parce qu’il y a aussi de bonnes idées en Polynésie et c’était l’occasion de les valoriser. Que ce soit dans la culture, le tourisme, la transformation de produits agricoles. C’était une belle expérience pour tout le monde. »

Le gouvernement mise-t-il toujours sur les grands projets tels que le village tahitien ou la ferme aquacole de Hao qui peinent justement depuis des années à se concrétiser ?
« Disons qu’on ne mise pas que sur ça. D’ailleurs la preuve c’est que nous allons mieux aujourd’hui sur le plan économique du fait des forces vives polynésiennes. Après, il faut passer un autre cap parce que si on veut créer plus d’emplois, il faut aussi des grands projets. Mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Je sais que tout le monde attend, se dit mais ça ne démarre pas, qu’est-ce qui se passe ? Le Village tahitien, TNAD a communiqué : on a aujourd’hui des investisseurs locaux qui se positionnent sur quasiment tous les lots. C’est un bonheur. Ils n’étaient pas avant intéressés par le projet, aujourd’hui ils le sont. Donc le jury va se réunir dans les mois qui viennent. Mais on attendait d’avoir de manière certaine des investisseurs hôteliers, du tourisme, avant de lancer la partie aménagement. On ne va pas gaspiller de l’argent publique s’il n’y a pas d’investisseurs. Je pense que maintenant c’est bon.
Pour ce qui est de Hao, le Pays a fait tout ce qu’il pouvait pour accueillir cet investisseur chinois M. Wong Chen. Il semble qu’il confirme qu’il soit toujours investi. Nous, nous ne donnons aucune dérogation sur le plan de la protection de l’environnement, la protection de nos lagons et de nos ressources, ce qui fait qu’il doit aussi adapter tout son projet aux normes européennes qui s’appliquent ici et françaises en Polynésie française. Ça va arriver de toute façon, c’est à lui maintenant d’emboîter le pas. Ce que je peux vous dire c’est qu’au terme de cette conférence économique, d’autres idées vont arriver peut-être à échelle plus humaine. Les ruisseaux vont faire les grandes rivières. Ce qu’il faut c’est qu’on crée de l’emploi pour tous. »

Il y aura un bilan à la suite de cette conférence économique ?
« Nous ferons des actes, nous allons publier effectivement un bilan de tout ce qui s’est dit et tout sera mis sur Internet pour que tout le monde puisse bénéficier, si on n’a pas pu se déplacer, des présentations, des débats, et j’espère maintenant pouvoir le renouveler sous cette formule plus régulièrement parce que je crois que ça plait. »

Dans un tout autre domaine, la Polynésie est-elle prête à faire face à une éventuelle introduction du coronavirus qui suscite des inquiétudes dans de nombreux pays du monde ?
« Nous sommes tous inquiets à ce sujet et tous les jours, l’Etat et le Pays, nous faisons le point sur la situation, sur les mesures à prendre. Le réseau de santé est entièrement mobilisé. Nos réseaux aux frontières, que ce soit les douanes ou la police des airs et frontières sont sensibilisés, sont prêts. Bien sûr nous sommes attentifs. (…) Je voudrais aussi dire : attention à ce qui circule sur Internet. c’est le danger d’internet : il y a des gens qui sont spécialistes pour faire des montages et envoyer ça partout et déclencher des mouvements de panique. Attention. Nous sommes tous les jours aux aguets sur ce sujet-là. Le ministre de la Santé, avec le haut-commissariat également. Le président qui a dû partir à Paris, m’a appelé juste avant de prendre l’avion pour que je prenne le relais. Est-ce qu’on est totalement prêts ? Personne ne peux le dire, mais en tout cas nous sommes tous sur le pied de guerre. (…)Soyons tous calmes. Ça ne sert à rien de s’agiter, la panique ne sert à rien, les autorités veilles. »

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Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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