dimanche 28 février 2021
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Christophe Plée : « Il faut qu’on aille sauver les entreprises que l’on peut sauver »

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Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), était notre invité en plateau lundi soir. Il est sans appel sur le fait qu'il "faut mettre en place une stratégie pour aller aider les plus faibles, les petites entreprises", rappelant que "nous avons perdu 176 entreprises de moins de 20 salariés" en octobre 2020.

Publié le 02/02/2021 à 10:23 - Mise à jour le 02/02/2021 à 10:23
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Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), était notre invité en plateau lundi soir. Il est sans appel sur le fait qu'il "faut mettre en place une stratégie pour aller aider les plus faibles, les petites entreprises", rappelant que "nous avons perdu 176 entreprises de moins de 20 salariés" en octobre 2020.

Pensez-vous que ces nouvelles mesures restrictives soient justifiées ?
« D’un point de vue sanitaire oui, si l’on en croit l’ensemble des pays du monde entier qui commencent à l’appliquer et à le mettre en place. L’arrivée des nouveaux variants nécessite des mesures fortes pour contenir le virus. »

Le secteur touristique, les hôtels et les transporteurs aériens ne seraient pas les seuls secteurs touchés par ces nouvelles mesures restrictives ?
« Oui, beaucoup de secteurs sont impactés par les mesures du haut-commissariat. Le couvre-feu, on l’a déjà dit… Toutes ces mesures-là impactent beaucoup d’entreprises. Mais aujourd’hui, les mesures qui ont été prises à Paris, c’est des mesures qui vont toucher essentiellement le secteur touristique en Polynésie française, qui était déjà bien mal en point. Et là aujourd’hui on voit bien que ces mesures vont s’installer dans le temps, parce que quand on parle de 1 ou 2 mois, j’ai bien peur qu’on aille un peu plus loin. J’espère que ça ne durera que quelques mois, mais aujourd’hui je crois que si on doit analyser la situation, il faut mettre en place une stratégie pour aller aider les plus faibles, les petites entreprises. C’est ce qu’on n’arrête pas de dire à la CPME. Il faut maintenant mettre en place ce plan de sauvegarde pour l’année 2021. On n’est pas encore dans la relance. Vous le voyez bien, il faut aller secourir Air Tahiti Nui, il faut vraiment les aider. Il faut aider le secteur touristique qui est lourdement touché. Mais le secteur touristique ce n’est pas que les grands hôtels, c’est aussi les pensions de famille, c’est des prestataires de service, tout un tas de gens, toute une chaîne qu’il faut aller aider aujourd’hui parce qu’ils ne vont pas tenir éternellement. »

Quels types d’aides faudrait-il mettre en place ?
« Il y a 6 mois on a dit, il faut miser sur l’endogène. Et tous ceux qui ont misé sur l’endogène s’en sont mieux sortis. C’est-à-dire marcher dans l’économie locale. Il faut que le gouvernement prenne des mesures d’exonération pour l’économie locale. Mettre en place des processus, on avait parlé de Fenua’Pass. On avait dit, il faut baisser les billets d’avion, il faut que l’Etat participe. On ne va pas faire des chiffres d’affaire extraordinaires, mais au moins on va tenir. Ce qui compte c’est de tenir. Donc aujourd’hui, on a suffisamment perdu d’entreprises. Ce sont vraiment les petites structures qu’on a beaucoup perdues. En octobre 2020, par rapport à l’année 2019, nous avons perdu 176 entreprises de moins de 20 salariés. Ça fait beaucoup d’entreprises qu’on a fermé et il ne faut pas que ça continue. Il faut qu’on aille sauver les entreprises que l’on peut sauver. »

Vous avez commencé à aller à la rencontre des professionnels du tourisme dans les archipels. Vous y retournez mercredi. C’est une démarche importante pour vous ?
« Oui, je vais à la rencontre des gens sur le terrain. J’ai été à Bora Bora voir les prestataires de service pour voir comment ils vivaient la crise et avec les annonces qui sont faites aujourd’hui cela va encore s’aggraver. Je vais aller à Raiatea écouter les gens en audition publique parce qu’il faut écouter ce qu’ils ont à dire, écouter leurs difficultés pour après pouvoir se faire un positionnement sur ce qui peut marcher et ce qui ne peut pas marcher. Quand le président du CPH (Conseil des professionnels de l’hôtellerie, NDLR) dit que les hôtels vont fermer dans les îles, la situation de Bora Bora n’est pas la même que celle de Raiatea, n’est pas la même que celle de Moorea et Tahiti. Et donc il faut faire du segment, il faut faire à la carte et il faut aller tendre le bras pour aller sauver les entreprises que l’on doit sauver. »

Vous avez prévu d’autres rencontres avec l’Etat et le Pays les jours prochains ?
« Oui, on va se rencontrer avec le ministre de l’Économie. On attend les mesures du Pays, mais on attend aussi les mesures de l’État. Puisque c’est l’État qui prend cette décision, elle doit accompagner. Et on attend aussi ces dispositifs de l’Etat qui je l’espère vont s’appliquer aux entreprises polynésiennes. »

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