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T-Unit : graphiste, DJ et organisateur d’événements au grand cœur

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Ta’urama Gestas, alias T-Unit, porte plusieurs casquettes. Graphiste, DJ et organisateur d’événements, il aide également la jeune génération de DJ producteurs à se mettre en avant. Sauvé d’une enfance difficile, il souhaite aujourd’hui s’impliquer davantage dans le caritatif, afin de rendre un peu de ce qu’on lui a offert.

Publié le 23/02/2020 à 8:00 - Mise à jour le 22/02/2020 à 15:47
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Ta’urama Gestas, alias T-Unit, porte plusieurs casquettes. Graphiste, DJ et organisateur d’événements, il aide également la jeune génération de DJ producteurs à se mettre en avant. Sauvé d’une enfance difficile, il souhaite aujourd’hui s’impliquer davantage dans le caritatif, afin de rendre un peu de ce qu’on lui a offert.

“Le rythme n’est pas une mesure : c’est une vision du monde”, écrivait le poète mexicain Octavio Paz. Pour trouver son rythme, Ta’urama Gestas est passé par toute une évolution. Il y a 10 ans, de retour de ses études en Nouvelle-Zélande avec une licence en design, et alors qu’il n’avait jamais vraiment montré de réel intérêt là-dedans auparavant, “Tau” rachète les platines d’un ami et se met au mixe.

“En Nouvelle-Zélande, on entendait beaucoup de musique hip-hop, du 50 Cent, du Snoop Dogg, des trucs du genre, raconte-t-il. Mais à Tahiti, il n’y avait rien de tout ça, on était plutôt sur une vibe électro. Donc tout est venu de l’envie de proposer du rap US, parce que j’aime bien ce style de musique.”

C’est ainsi qu’est né T-Unit. D’abord dans son cercle d’amis, puis pour la première fois en public le 22 juillet 2010 précisément, au Mango. “C’était un jeudi soir, se rappelle-t-il. Un ami avait réussi à convaincre sa mère, qui était la patronne de la boîte, de me laisser jouer pour un test.”

Et ça a fait mouche. “La patronne m’a demandé de revenir le vendredi suivant, et puis ça a débouché sur un contrat d’un an pour mixer chaque vendredi.”

Du graphisme à l’événementiel

Mais le métier premier de Ta’urama, c’est graphiste. A un moment de sa carrière, il a été salarié deux ans à la Régie polynésienne de publicité (RPP). En marge de travailler sur les Unes du Fenua’Orama ou les affiches de communication de la radio NRJ, il découvre peu à peu un autre domaine : l’événementiel. “C’était Alice Meret qui s’occupait de ça là-bas et en plus de m’engager parfois comme DJ, elle me demandait mon avis sur le choix des accessoires, des hôtesses… J’ai beaucoup appris d’elle sur le déroulement de l’organisation, la mise en place, la déco, les conventions, etc. Et j’y ai pris goût.”

Depuis maintenant trois ans, il a ajouté organisateur d’événementiel à sa patente. Et même en tant que graphiste, ses projets ne tournent aujourd’hui qu’autour de ça. “Je refuse de faire tout ce qui est logo ou catalogue, je préfère réaliser des affiches où il y a un réel travail créatif à faire. J’aime ce qui est artistique.”

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Posted by T-unit on Friday, February 21, 2020

Ce qui se retrouve également dans les soirées qu’il organise. “Je joue beaucoup autour d’un thème et je transforme complètement le lieu avec de la déco, des lumières, des écrans… Tout ce qui peut plonger les gens dans un univers parce que je veux que, pour 1 000 Fcfp en prévente, ils puissent en avoir pour leur argent et passer une super soirée.”

Mettre en avant la nouvelle génération

Depuis 2018, T-Unit met à profit son expérience pour aider les nouveaux producteurs locaux à se mettre en avant. “Ce sont des passionnés qui font des remixes chez eux et les mettent sur SoundCloud et YouTube. En fait, tout a commencé avec Mackøm et Mazek. Je voyais que tout le monde écoutait leurs musiques, demandait à les passer en soirée, mais personne ne les avait jamais vus. Du coup j’ai pensé à les mettre en avant, sur le principe de : vous les avez entendus, maintenant vous allez les voir.”

Une formule qui a eu le succès escompté, puisqu’ils ont fait plusieurs soirées sold out en boîte de nuit.

T-Unit aux côtés de Mackøm et Mazek, à l’occasion d’une pool party.

“Depuis, dès que je vois un nouveau potentiel, je lui propose mon aide. Dernièrement il y a eu Harmelo, un jeune de 20 ans. Avant de les lancer, j’organise des sessions d’entraînement aux platines, pour qu’ils maîtrisent l’outil. Je leur donne également mon avis sur les changements qu’ils peuvent apporter à leurs mixes pour que ça cartonne. Mais je ne suis pas leur manager, précise-t-il. Ils sont libres, je les aide, c’est tout.”

Rendre un peu de ce qu’on lui a donné

En parlant d’aide, Ta’urama n’oublie pas ses origines. D’où l’organisation, mi-décembre dernier, d’une soirée caritative Candy Night, dont les entrées ont servi à financer des cadeaux de Noël et des fournitures scolaires destinés aux enfants défavorisés et maltraités. Ils ont été distribués dans trois centres, dont le foyer Te Aho Nui, à Pirae, où le petit Ta’urama de 9 ans a séjourné un an, après une enfance bercée par plus de coups que d’amour.

“Je suis un enfant adopté, sourit-il. Gestas est le nom de mon père adoptif, le pédiatre Philippe Gestas. Je l’ai connu au foyer. Au bout d’un moment, il m’invitait à passer le week-end chez lui, à Mahinarama, avec son fils. J’adorais ces moments. Et puis un jour, il m’a dit : tu ne rentres pas au centre. Je n’ai pas tout de suite compris. Mais quand il m’a annoncé que je n’y retournerai plus parce qu’il m’avait adopté, j’étais super heureux !”, se rappelle-t-il, les yeux pétillants et le sourire jusqu’aux oreilles.

Il lui reste encore des jouets de cette opération, qu’il terminera de distribuer ce mois-ci à des enfants trisomiques 21. Mais Tau souhaite aller plus loin que “juste donner des jouets”. “Maintenant que j’ai les moyens de contribuer, j’aimerais retourner voir les enfants du foyer Te Aho Nui, leur organiser des soirées cinéma ou des soirées pizza, m’investir un peu plus là-dedans.”

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