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« Si les familles ne s’intéressent pas aux langues polynésiennes, elles sont appelées à mourir »

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Publié le 08/10/2018 à 13:15 - Mise à jour le 08/10/2018 à 13:15
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Le PIURN (Pacific Islands Universities Research Network) est un réseau d’universités du Pacifique créé en 2013. Sa vocation ? Provoquer des rencontres entre chercheurs tous les deux ans. Ce mardi matin, place à la transmission des langues. À Rapa Nui par exemple, l’État chilien mène depuis 20 ans une politique de revitalisation des langues autochtones et un programme d’immersion totale dans la langue Rapa Nui à l’école pour les enfants entre 8 et 11 ans. « C’est un peuple qui a une histoire particulière et catastrophique. (…) C’est un cas emblématique qui montre comment l’occident a maltraité les peuples autochtones. (…) On a beaucoup à apprendre d’eux, sur comment vivre en société » explique Diego Munoz, anthropologue chilien formé en France, spécialiste de Rapa Nui depuis 15 ans.

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Un exemple parmi tant d’autres pour une problématique commune. La transmission des langues passionne Mirose Paia, maître de conférences en langue et littérature tahitienne. Pour elle, les pratiques familiales sont importantes : elles stimulent la transmission intergénérationnelle des langues polynésiennes : « On sait aujourd’hui que la transmission des langues polynésiennes dépend fortement du choix des familles. Si les familles ne s’intéressent pas à l’utilisation des langues polynésiennes, elles sont appelées à mourir ». D’après l’Unesco, les langues qui sont parlées par moins de 100 000 personnes sont menacées.

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L’objectif de ce colloque est de mutualiser des moyens entre chercheurs du Pacifique. Suzy Bearuné, maître de conférences à l’université de la Nouvelle-Calédonie est linguiste spécialisée en langues océaniennes. Elle voit un grand intérêt à en débattre aux côtés de chercheurs Polynésiens : « Cet événement est très important car il nous permet à nous, chercheurs du Pacifique et de l’Océanie, de partager nos idées, d’échanger, et de confronter nos idées. (…) Je profite de ces rencontres pour explorer des terrains qui sont nouveaux pour moi. (…) J’e m »attends à avoir des perspectives de réponses à mes questionnements ».

Et que ce soit la transmission de langue kanak ou des langues polynésiennes, la problématique reste dans le fond la même selon elle : « le français prend de plus en plus de place chez les jeunes de moins de 30 ans. D’une manière générale, il faut s’inquiéter. (…) Dans 100 ans, il y aura un changement radical de la façon de parler (…) Le plus gros travail, ce sont les parents de le faire. Il faut qu’ils parlent à leurs enfants et leur transmettent les langues ».
 

Rédaction web avec Sophie Guébel et Esther Parau Cordette

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