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ORERO : un art déclamatoire ancestral redonne confiance aux décrocheurs

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Publié le 22/09/2015 à 7:29 - Mise à jour le 22/09/2015 à 7:29
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L’introduction de cette pratique oratoire dans les écoles primaires de Polynésie française remonte à 2008 et s’inscrit dans le cadre plus large de la promotion des langues et de la culture polynésiennes (LCP) en milieu scolaire qui s’est mise en place il y a une quinzaine d’années.
Des freins ont dû être levés au démarrage car le ‘orero était très codifié : « Dans l’archipel des Tuamotu, les textes ne pouvaient être déclamés que par une seule famille et uniquement par des adultes; dans l’archipel des Australes, il n’était pas question au début qu’une fille déclame« , raconte à l’AFP Mirose Paia, linguiste et référente de la cellule LCP.
 
Dans les temps anciens, seuls les initiés, messagers du chef, récitant de généalogies ou des guerriers auteurs de hauts faits avaient le droit de s’exprimer devant un auditoire. Le discours à visée sociale et politique dotait l’exercice d’enjeux forts car en cas de faute dans l’énoncé « cela coupait le « mana », la force, le pouvoir, le lien avec les dieux: la sanction pouvait aller du bannissement au supplice du pal« , explique Mme Paia.
Plus rien de tel aujourd’hui où la pratique du ‘orero, souvent sous forme de concours entre écoles, villages ou îles, sert à valoriser les élèves et leur culture d’origine.
 
« Les langues polynésiennes ont longtemps été dénigrées avec des propos lourds: elles ne permettaient pas de conceptualiser, elles n’avaient pas d’avenir, heureusement qu’on a résisté !« , rappelle Edgar Tetahiotupa, anthropologue, enseignant animateur basé à la cellule LCP.
En fait par le biais du ‘orero, « on renoue les liens avec sa propre culture, cela fait prendre conscience aux enfants qu’en travaillant sur sa langue, on apprend bien des choses« , renchérit Samantha Bonet-Tirao.
 
Des valeurs pédagogiques : 
 
Les différents types de ‘orero amènent les enfants bien au-delà d’un simple texte appris par cœur. Pour un « paripari fenua« , qui décrit la géographie et l’histoire du territoire, « nous nous rendons sur les lieux dits pour que les enfants les voient et ensuite ils vont questionner leur famille« , souvent les anciens pour glaner leur mémoire, décrit Rufina Tetumu, professeure des écoles et pionnière dans la promotion du ‘orero.

Ensuite en classe, ils vont confronter leurs observations avec « des cartes de Google Earth et ainsi manier l’outil informatique, pour la confection des costumes ce sera des mathématiques appliquées« , souligne Noëlle Faahu-Vaki, conseillère pédagogique en LCP, quand ce ne sont pas les parents qui les réalisent et renouent ainsi avec l’école.
« Des élèves se réconcilient avec leur langue et alors qu’ils étaient considérés comme ne pouvant pas apprendre dans leur famille, ils se retrouvent tout d’un coup habilités par le ‘orero et ça les ouvre« , analyse Mirose Paia. « Et un enfant qui se sent bien à l’école est du coup plus apte à entrer dans l’apprentissage en langue française« , renchérit Elisabeth Maifano, enseignante référente dans les archipels des Tuamotu-Gambier.

Mémorisation accrue, confiance en soi, déblocage vis à vis du français, interdisciplinarité, cohésion dans la classe: si le ‘orero a d’abord été pensé à l’école avec une finalité culturelle, « ses valeurs pédagogiques fonctionnent pour lutter contre le décrochage et contre l’illettrisme« , souligne Mirose Paia. « Et on n’a pas fini de découvrir tout ce que cela apporte aux enfants », s’enthousiasme Samantha Bonet-Tirao.
 
En Polynésie française, 30% des jeunes souffrent d’illettrisme, « alors on espère que l’enseignement des langues polynésiennes sera considéré comme un réel atout« , ajoute Mme Paia. Le dispositif a déjà le soutien de la ministre de l’Education de la Polynésie française Nicole Sanquer-Fareata qui s’est dit « très favorable » à son développement dans le second degré. 

AFP

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