O Tahiti e revient à To’ata avec “le grand souffle de la vie”

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En 2016, la troupe dirigée par Marguerite Lai arrivait sur la troisième place dans la catégorie Hura Tau. Après deux ans sans concourir, cette année la troupe revient avec le thème "Le Grand Souffle de la Vie", écrit par Jean-Claude Teriierooiterai.

Publié le 12/07/2019 à 11:49 - Mise à jour le 07/02/2020 à 10:27

En 2016, la troupe dirigée par Marguerite Lai arrivait sur la troisième place dans la catégorie Hura Tau. Après deux ans sans concourir, cette année la troupe revient avec le thème "Le Grand Souffle de la Vie", écrit par Jean-Claude Teriierooiterai.

“Le Grand Souffle de la Vie”, c’est ce souffle qui est transmis d’une lignée à une autre afin que le savoir acquis ne tombe dans les abysses de l’oubli. Comme chaque année, O Tahiti e revient danser sur les planches de To’ata avec de nouvelles interrogations. Le sujet interpelle, questionne sur la transmission : ce patrimoine que les ancêtres lèguent aux futures générations. Les transformations qui s’opèrent au sein même de nos groupes sociaux sont-elles les résultantes d’un choix conscient ? “Il faut que ces connaissances-là soient transmises. La transmission ne se fait pas par l’apprentissage mais par le souffle” explique Jean-Claude Teriierooiterai, auteur du thème.

O Tahiti e est fièrement attachée à ses racines et à sa tradition. Le spectacle compte énormément de ‘aparima, cette danse que l’on interprète sur un texte chanté et dont le rythme est moins soutenu que celui du ‘ōte’a, mais également des pāta’uta’u : “Il y a toujours eu des ‘aparima dans les spectacles. Et je trouve que dans le ‘aparima, le thème est mieux expliqué que dans le ‘ōte’a. (…) C’est magnifique, cela raconte vraiment et ça clarifie le geste, parce que toutes les chorégraphies que nous avons mises expliquent vraiment bien le thème” précise Marguerite Lai, cheffe de la troupe.

O Tahiti e expose ici ses contradictions, ses remises en question, ses désirs, ses rêves… Pour l’auteur, la jeunesse doit impérativement se plonger dans les méandres de son identité, déchirée, colmatée ; dans sa langue transformée, absorbée; et dans ses coutumes volées, reproduites : “Pourquoi on nous met des habits qui vont jusqu’aux chevilles ? Pourquoi on nous transforme ? Pourquoi on transforme nos maisons ? Pourquoi on transforme notre langue ? Pourquoi aujourd’hui, on dit que la langue française est notre langue, alors que nous avons une langue ? L’héroïne du spectacle se pose toutes ces questions pour dire : ‘non, ça ce n’est pas ma tradition, ma coutume. Ma coutume, c’est ça, c’est les pāta’uta’u, c’est des ’ūtē… c’est de revenir aux maisons traditionnelles, aux habits traditionnels'” ajoute Jean-Claude Teriierooiterai.

La troupe viendra clore les soirées de concours du Heiva i Tahiti, ce samedi 13 juillet.

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