vendredi 4 décembre 2020
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Nouveau souffle de vie pour O Tahiti E

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Te Aho Nunui… un dernier souffle, sur scène bien sûr ! Car si Marguerite Lai a annoncé que 2019 avait été son dernier Heiva, O Tahiti E est plus vivant que jamais. Samedi soir, le Fare Tauhiti Nui a revécu les meilleurs moments des 20 dernières années de ce groupe, puis sa victoire au Heiva de l’an passé.

Publié le 09/08/2020 à 3:23 - Mise à jour le 10/08/2020 à 9:43
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Te Aho Nunui… un dernier souffle, sur scène bien sûr ! Car si Marguerite Lai a annoncé que 2019 avait été son dernier Heiva, O Tahiti E est plus vivant que jamais. Samedi soir, le Fare Tauhiti Nui a revécu les meilleurs moments des 20 dernières années de ce groupe, puis sa victoire au Heiva de l’an passé.

Vingt ans résumés en une heure de spectacle. C’était le défi de O Tahiti E. À 63 ans, Marguerite Lai a quitté sa villégiature de Rangiroa pour revivre les meilleurs Heiva de son groupe : une sélection des grands moments de la période 1999 à 2018.

Après l’entracte, le groupe joue de nouveau le spectacle qui avait ému le public du Heiva 2019, Te Aho Nunui. Mais avec deux fois moins de danseurs, faute de place sur scène.

Avec les nouveaux cas de Covid, plus question d’enlever son masque une fois assis dans le grand théâtre. C’est toute l’ironie d’un spectacle fondé sur la respiration.

La santé avant tout ! – Photo : Mike Leyral

O Tahiti E est toujours vivant ! C’est en substance le message de Marguerite Lai, qui n’en finit plus de mourir sur scène pour le prouver. Car Te Aho Nunui, c’est l’histoire de la transmission par le dernier souffle, celui qu’exhale le mourant et que doit aspirer son successeur, pour conserver le meilleur et améliorer la lignée, génération après génération. Un renouveau symbolisé par un nouveau-né, qui commet l’exploit de dormir sagement sur scène au milieu de danseurs et de musiciens survoltés.

Cette transmission, Marguerite Lai la voudrait aussi pour son O Tahiti E. Elle sait que les groupes disparaissent souvent après le départ de leur fondateur, et aimerait qu’un successeur se dégage. « De ma génération, il ne reste qu’Iriti Hoto, de Heikura Nui : il faut de nouveaux chefs de groupes, et surtout, il faut qu’ils parlent tahitien » souhaite-t-elle. Tout en reconnaissant qu’on ne peut pas vivre de la danse : « Ceux qui croient que c’est un business se trompent » assure-t-elle.

Le spectacle de samedi était dédié à son auteur, Jean-Claude Teriierooiterai, malade, qui n’a pu y assister.

Malgré son absence, malgré les spectacles annulés, notamment sur le Gauguin, malgré la Covid, il faut danser, coûte que coûte, « pour ne pas grossir » plaisante Marguerite Lai. Elle montre le ventre d’une de ses danseuses, presque à terme : « celui-là, ce sera le bébé de notre prochain spectacle, à Paea en octobre, parce qu’il nous faut un nourrisson à chaque fois ». Gouverner, c’est prévoir.

Marguerite Lai – Photo : Mike Leyral

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