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Marquises : le Matatiki inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français

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C’est l’aboutissement de plusieurs années de démarches portées par l’association Patutiki : l’iconographie marquisienne est désormais inscrite à l’inventaire national du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en France. Une fierté pour tout l'archipel.

Publié le 15/12/2020 à 16:16 - Mise à jour le 16/12/2020 à 9:22
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C’est l’aboutissement de plusieurs années de démarches portées par l’association Patutiki : l’iconographie marquisienne est désormais inscrite à l’inventaire national du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en France. Une fierté pour tout l'archipel.


L’inscription date du mois de mars, mais l’annonce officielle en a été faite ce matin : le Matatiki, cet art graphique marquisien, est officiellement inscrit à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel. C’est une catégorie de patrimoine issue de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adopté par l’UNESCO en 2003. “L’État français reconnait l’Histoire de ce patrimoine immatériel et son impact par-delà notre grand océan”, a souligné Edouard Fritch, président du Pays.

Le Matatiki est l’un des éléments fondateurs du patrimoine culture de l’archipel des Marquises. Ces pratiques et savoir-faire, toujours vivaces, s’articulent sur les matières dures (bois, pierres, écailles, os, nacres…), la peau ou l’étoffe végétale. Le Matatiki se décline ainsi en pétroglyphes et bas-reliefs, dans les sculptures et gravures d’objets mobiliers et bambous gravés, de même que par le tatouage et sur le tapa.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

“Pour la majorité des Polynésiens, les Marquises ont toujours été une référence. On parle beaucoup du Matatiki qui sont les motifs que l’on retrouve sur les sculptures, mais on parle beaucoup aussi du Tiki qui représente aujourd’hui ce dieu ancestral polynésien qui est devenu la marque de la Polynésie française. On ne peut pas le nier. (…) Bien-sûr, je n’oublie pas les autres archipels, mais il faut reconnaître que les Marquises ont beaucoup marqué, en tous les cas sur les 30-40 dernières années, la vie culturelle de ce pays, par le travail manuel qu’ils ont fait, par les sculptures, mais aussi le tatouage qui fait le tour du monde aujourd’hui” a indiqué Edouard Fritch.

“Il faut qu’on puisse partager dans le monde notre richesse et notre culture. C’est extraordinaire”

Edouard Fritch

“Les Marquises méritent d’être connues ailleurs qu’ici, en Polynésie. Il suffit de voir la réaction des touristes qui font ce périple par l’Aranui. Ils sont transformés. Ils reviennent avec beaucoup de connaissances. (…) Et nous sommes en cohérence avec les élus marquisiens qui souhaitent aussi que de par le monde les Marquises soient mieux connues” a encore ajouté le président.

Teiki Huukena, président de l’association Patutiki, invité du journal télévisé :


À l’initiative de la démarche d’inclusion du Matatiki au PCI français, l’association Patutiki porte dans ses gènes le projet d’inscription des symboles de l’iconographie marquisienne à l’UNESCO. Le documentaire “Patutiki” réalisé en 2018 constituait à cet égard une étape dans ce processus pour y parvenir et également sensibiliser l’opinion publique et explique ce que sont les symboles marquisiens et leur histoire. L’association a par la suite, en en 2019, constitué un dossier d’inscription auprès du comité du Patrimoine Ethnologie et Immatériel (CPEI).

“Comme à chaque dossier au patrimoine immatériel, il y a eu la partie technique qui a été entièrement et excellemment portée par l’association Patutiki, et il y a eu le volet politique où nous, le gouvernement, et notamment le président Fritch, sommes intervenus dans l’accompagnement de ce dossier technique pour une reconnaissance sur la liste indicative des biens français. Et donc faire en sorte qu’ensemble, notre portions ce dossier parce qu’il y a toujours ces deux volets dans tous les dossiers qui sont proposés à l’inscription sur la liste indicative” a par ailleurs précisé Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture.

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