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Andréa Bescond : « Violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour »

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Publié le 12/03/2019 à 10:45 - Mise à jour le 12/03/2019 à 10:45
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Quelles sont ces chatouilles évoquées dans le titre, que raconte l’histoire ?
« Les Chatouilles, c’est l’histoire d’Odette, la protagoniste qui est une petite fille qui a été violentée sexuellement vers l’âge de 8-9 ans. Et avec Les Chatouilles, que ce soit le spectacle ou le film, on va suivre son trajet vers la reconstruction, vers la résilience. Donc c’est plutôt porteur d’espoir, comme quoi on peut toujours se sortir d’un immense traumatisme, même si l’idéal serait que ça n’arrive jamais.
Et on parle des chatouilles puisque généralement, les pédocriminels utilisent un terme assez joli pour définir l’indicible, et c’est le terme que Gilbert utilise pour amadouer Odette et la manipuler. »

 
On ne dit pas pédophilie mais pédocriminalité ?
« Oui, on dit pédocriminalité puisque violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour. Et pédophilie, si on revient aux racines du mot, c’est amour de l’enfant, alors que non, on n’aime pas un enfant quand on le viole, c’est un crime. »
 
Comment on traite un sujet aussi sensible ?
« Je suis passée par là, c’est quelque chose qui est très inspiré de ma vie. J’ai eu un trajet forcément compliqué, en même temps avec l’amour de la danse, j’ai eu la chance d’avoir la scène comme maison. C’est un endroit où j’ai pu déverser toute ma colère, toute l’injustice que je ressentais d’avoir subi ça.
Donc c’est l’angle qu’on a choisi. Moi je suis auteur de la pièce, Eric Métayer est le metteur en scène, et c’est aussi l’homme qui partage ma vie. C’était indispensable pour nous de donner des soupapes de décompression au public, parce qu’on voulait respecter ce public. On voulait surtout que le discours soit audible parce que ce qui est important est que le public entende et comprenne tous ces mécanismes-là.
On aime le divertissement et ce spectacle est un très beau spectacle interprété par une comédienne qui fait toute une galerie de personnages. C’est vraiment de la comédie humaine, on passe du rire aux larmes. Les critiques ont souvent dit que c’était un ascenseur émotionnel et c’est vrai, avec le recul, je peux en témoigner. Je pense qu’on rit autant qu’on pleure qu’on est en colère. Et quand on sort, on a juste envie d’embrasser nos enfants et de leur dire qu’on sera toujours là pour les protéger. »

 
Vous savez probablement qu’en Polynésie les violences intrafamiliales, les coups, l’inceste, occupent la majeure partie des sessions d’assises. Avec votre regard extérieur, comment expliquez-vous qu’une société, qui chérit autant ses enfants, puisse tolérer qu’ils soient violés, jusqu’au sein de leur famille ?
« Je crois qu’il faut revenir aux racines de la violence. Je pense que quelqu’un qui viole un enfant est quelqu’un qui n’a peut-être pas forcément été violé lui-même mais en tout cas a subi des violences quelles qu’elles soient dans son enfance. Je pense qu’il est important d’être suivi par un bon thérapeute, je crois que c’est essentiel. Après, pour protéger nos enfants aujourd’hui, vous parliez d’inceste et effectivement, 80% de la pédocriminalité se situe dans le cadre familial, dans l’inceste, donc il faut que tous les adultes autour des enfants, dans les familles, cessent d’être des complices passifs, cessent de dire : ok, je vois des choses, elles ne sont pas normales, mais ça ne me regarde pas. Ce n’est pas vrai, la situation d’un enfant, quelle qu’elle soit, regarde tout le monde. C’est un acte citoyen que de signaler un comportement déviant, c’est important. Je pense qu’on peut protéger nos enfants en leur parlant, en leur faisant confiance, en ne se disant pas : mince, si je leur parle de leurs parties intimes, ça va leur mettre des idées dans la tête. Non, ce n’est pas vrai. Protéger un enfant en leur disant, ce sont tes parties intimes, personne n’a le droit d’y toucher, ça ne sera jamais de ta faute si quelqu’un le fait, et surtout vient me parler, je suis là pour te protéger, c’est mon rôle. C’est mon devoir d’adulte. »
 
 

Rédaction web avec Sophie Guébel

Pratique

 
Les Chatouilles, le film
Projection mercredi 13 mars à 18h30 au petit théâtre de la Maison de la culture.
Interdit aux moins de 14 ans.
 
Les Chatouilles, la pièce de théâtre
Représentations au petit théâtre de la Maison de la culture, jeudi 14, vendredi 15 et samedi 16 mars à 19h30, et dimanche 17 mars à 17h.
 
Débat après la projection et les représentations en présence des artistes et de personnes ressources issues de la société polynésienne.
 
Tarifs par soirée :
Théâtre : entre 2 500 Fcfp et 4 000 Fcfp
Cinéma : 1 000 Fcfp
 
Billets en vente à Radio 1 et Carrefour Arue, Faa’a et Punaauia, en ligne sur www.ticket-pacific.pf et sur place le soir-même.

 

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