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Vidéo – Poupoune dit non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

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Publié le 02/11/2018 à 8:25 - Mise à jour le 02/11/2018 à 8:25
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Poupoune n’apprécie pas le mot « Caldoche ». Il se définit comme « Broussard » : un gars rude, bagarreur et fêtard, amateur de boxe, de rodéo et de chasse au cerf.
 
Son vrai nom, c’est France Debien. Mais à Voh, au nord de Koné, tout le monde l’appelle Poupoune. Un surnom qui n’a pas empêché cet éleveur de bovins d’exercer deux mandats d’élu de la Province Nord, et au Congrès, au côté de Jacques Lafleur. C’était juste après les Événements. Il avait voulu réagir.
 
L’homme est conservateur et patriote, anti-indépendantiste depuis toujours. Mais il assure respecter le peuple kanak. Enfant, il était le seul blanc dans son équipe de football. Il suit la coutume, et sa famille est de plus en plus métissée.
 

En 1984, les tensions politiques sont vives. Les clôtures de Poupoune sont saccagées. Aussitôt, le Broussard va dans la tribu qu’il juge responsable. « J’ai tout cassé, ça s’est arrêté là ! » Pour un politicien, Poupoune n’est pas un diplomate. Mais c’est aussi pour son franc-parler qu’il est apprécié.
 
Pourquoi votera-t-il contre l’indépendance au référendum ? D’abord par amour de la patrie : son père le réveillait en chantant La Marseillaise.
Ensuite parce qu’il ne croit pas que la Calédonie puisse se passer de l’aide d’un État puissant. Lui-même bénéficie par exemple de la défiscalisation pour acheter ses machines agricoles. Et sans la France, ce serait la Chine ou l’Australie qui viendraient.
Enfin, selon lui, les Kanak n’ont pas vraiment le sens des affaires. « Ils travaillent dans leurs petites cultures pour la maison, ils s’arrêtent là, mais pour faire vivre un pays, il faut aller au-delà. » 
 

« On sera peut-être prêts à l’indépendance dans 150 ou 200 ans, ce sont les générations suivantes qui choisiront ! » Poupoune est sûr de la victoire du non. Mais si le oui l’emporte, il restera. Il est Calédonien, et rien d’autre.
 

Mike Leyral

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