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Un tableau de Gauguin méconnu mis aux enchères à Paris

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Publié le 13/02/2019 à 10:26 - Mise à jour le 13/02/2019 à 10:26
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Ce tableau de 1881, dont la valeur est estimée entre 71,6 millions de Fcfp et 107,4 millions de Fcfp, sera présenté au public avant la vente, dans les locaux de Sotheby’s à Paris, à partir du 23 mars. Cette œuvre baptisée « Le Jardin de Pissarro, Quai du Pothuis » est restée dans la même famille depuis les années 1920 et n’a été exposée qu’à Pont-Aven, en Bretagne, en France, en 1964 et au Cleveland Museum of Art dans le cadre d’une exposition sur le jardin (Painting the modern garden : Monet to Matisse, 2015-2016) dans l’Ohio, aux États-Unis.

« C’est un tableau qui réapparaît sur le marché, pour nous c’est un vrai événement », a déclaré à l’AFP Aurélie Vandevoorde, directrice du département Art Impressionniste et Moderne de Sotheby’s France, maison de ventes qui a présenté jeudi le tableau à la presse.

Le tableau (65 x 54 cm) est unique à plusieurs égards : il date de l’époque où Paul Gauguin, agent de change, décide de devenir peintre à part entière et va souvent voir à Pontoise (nord-ouest de Paris) Camille Pissarro, qu’il considérera comme son maître. Il est très moderne pour son époque et contient un « trésor caché » : deux esquisses qui pourraient être les premiers autoportraits de Gauguin et dans lesquels on retrouve déjà la vivacité du trait des autoportraits peints dix ans plus tard.
 
« Dans ce tableau, nous avons un hommage merveilleux de Gauguin à son maître. Ici vous avez Pissarro lui-même représenté sous son ombrelle, on sait que Pissarro peignait sous une ombrelle fixée au chevalet », souligne Mme Vandevoorde. On devine Pissarro dans le coin droit de l’oeuvre représentant la maison et le jardin du peintre.  « Ce tableau est très novateur pour 1881, très différent de ce que font les peintres impressionnistes pendant cette période ».

Pour Etienne Hellman, directeur du département Art Impressionniste et Moderne de Sotheby’s, ce tableau est « le témoignage d’une grande amitié » entre les deux peintres, en rappelant que Gauguin « avait acheté du Pissarro » avant de suivre ses conseils en matière de peinture. La complicité entre les deux hommes se lit dans un dessin à quatre mains de 1880, conservé au musée d’Orsay, qui représente un portrait de Gauguin fait par Pissarro mêlé à celui de Pissarro par Gauguin.

Au verso aussi, « c’est la modernité de ces autoportraits qui nous a frappés », « le regard extrêmement perçant » du peintre, raconte Aurélie Vandevoorde. « On voit que Gauguin se détache déjà de la technique impressionniste, cela annonce l’art du début du XXe siècle »

S’il existe nombreux tableaux recto-verso, il est étonnant de voir au verso des autoportraits, « un sujet majeur d’un artiste, quelque chose qui le met en majesté », souligne Mme Vandevoorde. « On n’a pas l’histoire exacte du pourquoi (…). On sait qu’à partir de 1882, Gauguin abandonne son activité d’agent de change qui lui fournissait des ressources financières importantes et va économiser sur tout ce qui est matériau. On peut supposer que pour faire des essais d’autoportrait il n’a pas voulu employer une toile neuve », commente-t-elle.

Selon la conservatrice, le tableau est « dans un état absolument impeccable, ce qui arrive rarement, il a été choyé et conservé comme un trésor par la famille qui a eu le privilège de l’avoir pendant presque 100 ans ».  

Le prix de réserve n’a pas encore été fixé, mais selon Sotheby’s, d’autres tableaux de la période impressionniste de Gauguin ont été vendus « autour de 2 millions de dollars »

 

Rédaction web avec AFP

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