mardi 28 septembre 2021
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Un Français sur trois reconfiné face à “la troisième vague” de Covid-19

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Confinement, saison 3 pour près d'un tiers des Français : le gouvernement impose à l'Île-de-France, aux Hauts-de-France et à trois autres départements de fortes restrictions, mais sans fermer les écoles et en privilégiant les activités de plein-air sur celles à l'intérieur.

Publié le 18/03/2021 à 11:21 - Mise à jour le 18/03/2021 à 12:10
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Confinement, saison 3 pour près d'un tiers des Français : le gouvernement impose à l'Île-de-France, aux Hauts-de-France et à trois autres départements de fortes restrictions, mais sans fermer les écoles et en privilégiant les activités de plein-air sur celles à l'intérieur.

“La progression de l’épidémie s’accélère nettement” et elle “s’apparente de plus en plus clairement à une 3e vague” de Covid-19 avec les variants, a déclaré le Premier ministre Jean Castex, un an après le premier confinement.

Emmanuel Macron aura reculé jusqu’au dernier moment mais cette aggravation oblige l’exécutif à imposer “de nouvelles mesures de freinage massives” de l’épidémie à partir de samedi et pour quatre semaines dans 16 départements : les huit départements de l’Ile-de-France, les cinq des Hauts-de-France ainsi que les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l’Eure. Des mesures dont le coût est déjà chiffré à 1,2 milliard d’euros de plus par mois pour les finances publiques, a annoncé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Alors que les beaux jours approchent, leurs habitants pourront sortir de chez eux “sans aucune limitation de durée mais avec une attestation” et “dans un rayon limité à 10 kilomètres”, selon le chef du gouvernement. Et les déplacements interrégionaux seront “interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels”.

Sont ainsi concernés 21 millions d’habitants, dont les 12 millions de la région parisienne, de loin la plus densément peuplée et le poumon économique du pays. Les restrictions pourront être étendues “à d’autres parties du territoire” selon l’évolution du virus, a prévenu le Premier ministre.

Or les chiffres sont mauvais. La France a enregistré jeudi près de 35.000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, dépassant la barre des 30.000 pour la deuxième journée consécutive, selon Santé publique France.

La pression sur les services de réanimation, accueillant les malades les plus graves, est repartie à la hausse, avec 4.246 malades, contre 4.219 la veille, un nouveau plus haut taux depuis fin novembre. Plus d’un quart de ces patients sont hospitalisés en Ile-de-France.

“Sans nous enfermer”

“Je sais la lassitude qui est la vôtre”, a reconnu Jean Castex. Mais ces mesures sont “absolument indispensables et équilibrées” et “visent à freiner le virus sans nous enfermer”, a-t-il assuré.

Ce tour de vis a été finalisé au cours d’une réunion à la mi-journée avec Emmanuel Macron alors qu’à l’issue du Conseil de défense de mercredi, “deux hypothèses étaient sur la table : confinement le week-end ou 7 jours sur 7”, a indiqué une source proche de l’exécutif. 

L’exécutif a choisi “une troisième voie”, selon Jean Castex, après les deux premiers confinements, celui très strict qui avait débuté le 17 mars 2020, puis celui, plus souple, de l’automne. 

Le chef du gouvernement a ainsi annoncé que le couvre-feu, en vigueur depuis décembre, sera retardé en métropole à compter de samedi de 18 heures à 19 heures, notamment pour tenir compte du passage à l’heure d’été à la fin du mois.

Comme à l’automne, les écoles et collèges resteront ouverts normalement mais les lycées basculeront tous en “demi-jauge” dans les 16 départements concernés.

Afin de “réduire les occasions de contacts dans les lieux clos”, les commerces non-essentiels devront baisser le rideau. Mais, après leur mobilisation à l’automne, les librairies et disquaires ont gardé le droit de rester ouverts. Ce qui ne sera pas le cas des coiffeurs.

Dans une même logique, “toutes les entreprises et administrations qui le peuvent” devront pousser “au maximum” le télétravail pour le mettre en place “au moins quatre jours sur cinq”.

“Moyen-âge”

Des responsables de l’opposition ont vivement critiqué ce nouveau tour de vis. “Le confinement, c’est ce que l’on fait quand on a tout raté”, a dénoncé Marine Le Pen (RN). “Retour au Moyen-Âge : le confinement. Puis déconfinement. Puis reconfinement. La vis sans fin”, a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Concernée en premier chef, la présidente de l’Ile-de-France Valérie Pécresse (Libre) a “pris acte” de ces décisions qui “vont être très dures à vivre pour les Franciliens” mais réclamé “un rattrapage vaccinal immédiat pour notre région, la moins vaccinée de France !”.  

La maire socialiste de Lille Martine Aubry a jugé qu’il “fallait prendre ces mesures” tout en regrettant qu’elles soient prises “comme d’habitude au dernier moment”.

Face aux critiques, Jean Castex a défendu le pari pris le 29 janvier par Emmanuel Macron de ne pas reconfiner, malgré les appels de nombreux médecins. “Nous avons bien fait”, a-t-il assuré, en vantant le “pragmatisme” du gouvernement. 

Plus que jamais, l’exécutif compte sur son programme de vaccination pour sortir de la crise. 

Jean Castex a annoncé la reprise vendredi après-midi de la vaccination avec le sérum AstraZeneca, suspendue depuis lundi, après les conclusions du régulateur européen jugeant ce vaccin “sûr et efficace”. Pour rassurer, il se fera d’ailleurs lui-même vacciner vendredi. Malgré cette suspension, la campagne vaccinale a continué de progresser : 5.748.698 personnes ont reçu au moins une injection et 2.393.568 ont eu leurs deux doses, selon la Direction générale de la Santé.

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