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Timide début de discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie

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En l'absence des indépendantistes, la Convention des partenaires calédoniens, réunie autour de la Première ministre Elisabeth Borne vendredi à Paris, a esquissé un premier pas timide vers des négociations sur le futur statut de la Nouvelle-Calédonie.

Publié le 28/10/2022 à 11:05 - Mise à jour le 28/10/2022 à 11:05
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En l'absence des indépendantistes, la Convention des partenaires calédoniens, réunie autour de la Première ministre Elisabeth Borne vendredi à Paris, a esquissé un premier pas timide vers des négociations sur le futur statut de la Nouvelle-Calédonie.

“Cette première réunion marque le début des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie au terme du processus politique défini dans l’accord de Nouméa” de 1998, a déclaré devant la presse Mme Borne, tout en rappelant que les échanges étaient “incomplets en raison de l’absence d’une partie des forces politiques”.

Tous les acteurs institutionnels de Nouvelle-Calédonie étaient conviés à cette réunion, la première à ce niveau depuis la victoire écrasante du camp loyaliste lors du troisième référendum d’auto-détermination qui avait laissé un goût amer aux indépendantistes du Front de libération kanak et socialiste (FLNKS), lequel a refusé de participer à ces discussions.

Pourtant, début septembre, le ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco avait quitté la Nouvelle-Calédonie avec l’assurance que “tout le monde avait accepté de venir à Paris fin octobre”, c’est-à-dire même les indépendantistes.

Les échanges ont cependant été “denses et fructueux”, selon la Première ministre, et “il a été convenu d’élargir le champ des discussions au-delà des seules questions institutionnelles en abordant également des sujets vitaux pour l’avenir des Calédoniens” que sont l’égalité des chances et la cohésion sociale, le développement économique, l’emploi, les grands investissements, le nickel, la souveraineté énergétique et alimentaire, l’intégration et le rayonnement régional ainsi que les valeurs, l’identité commune et la réconciliation.

“Les travaux de la convention respecteront les légitimités et les compétences de chacun. Ainsi, les questions institutionnelles feront l’objet d’échanges dans un format politique ad hoc”, a assuré Mme Borne.

“Ces groupes de travail seront organisés à Nouméa par le haut commissaire au mois de novembre et installés par les ministres” de l’Intérieur Gérald Darmanin et délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco, “à l’occasion de leur déplacement au mois de novembre”, a-t-elle ajouté.

La conclusion de ces travaux nécessaires à l’élaboration du projet d’avenir de la Nouvelle-Calédonie est attendue mi-2023, a assuré Mme Borne.

Un calendrier et une méthode de travail

“Nous avons regretté que nous ne soyons pas tous autour de la table. La visite des ministres sera l’occasion, je l’espère, de faire venir nos camarades indépendantistes”, a déclaré à l’issue de la réunion Virginie Ruffenac (Rassemblement-LR), présidente du groupe Avenir en confiance au Congrès calédonien. “Nous ne sommes plus aux temps des évènements, la jeune génération veut une Calédonie moderne, connectée, ouverte”, a-t-elle ajouté.

“Avec l’absence des indépendantistes, on a ce qu’on pouvait obtenir de mieux: un calendrier et une méthode de travail. Ces groupe de travail devront fournir des résultats pour mi-2023 et être prêt pour les (élections) provinciales de 2024”, a pour sa part assuré le député loyaliste Génération NC Nicolas Metzdorf (Renaissance).

Le Palika, l’un des partis membres du FLNKS, s’était interrogé jeudi dans un communiqué sur “la portée politique des résolutions qui pourraient être prises à l’issue des échanges ainsi que leurs mises en œuvre en l’absence de la représentation indépendantiste”.

Le Palika avait toutefois réitéré “sa volonté de dialogue et sollicit(ait) en conséquence une rencontre avec l’État dans les meilleurs délais, dans le droit fil des engagements pris par ses représentants lors de la visite du Ministre délégué à l’Outre-mer” en septembre.

“On est passé d’un espace où personne ne voulait plus parler à personne, depuis novembre 2021, et maintenant c’est ‘on ne va pas parler maintenant, on ne va pas en parler comme ça, ou pas ici en France’. Alors évidemment c’est modeste, mais c’est quand même quelque chose qui montre qu’il y a une reprise” du dialogue, a commenté le député non-indépendantiste Philippe Dunoyer (Renaissance).