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Présidence “à vie”: une réforme en catimini pour le président chinois

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Publié le 11/03/2018 à 10:17 - Mise à jour le 11/03/2018 à 10:17
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Les médias chinois restaient paradoxalement discrets lundi sur le vote des députés, qui ont aboli la veille, à l’unanimité moins deux voix et trois abstentions, la limite constitutionnelle de deux mandats présidentiels de cinq ans, laquelle visait à empêcher le retour au pouvoir d’un autocrate.

Les médias, étroitement contrôlés par le régime communiste “ont reçu l’ordre de ne pas parler de la conséquence évidente” de cette réforme, estime le sinologue Willy Lam, de l’Université chinoise de Hong Kong : “Xi Jinping va devenir dirigeant à vie”.

Le chef de l’Etat, qui dirige la Chine depuis plus de cinq ans, aurait dû normalement céder la présidence en 2023. Le vote des quelque 3 000 députés signifie que Xi Jinping, 64 ans, est libre de se présenter encore autant de fois qu’il le souhaite à la tête de l’Etat — il doit être reconduit dans les prochains jours par le Parlement pour son deuxième mandat.
“Le vote unanime d’hier ne veut pas dire que la plupart des Chinois soutiennent ce retour à l’ancien régime impérial. Cela montre simplement qu’ils se rendent compte que le risque de s’opposer à Xi Jinping est trop élevé”, assure M. Lam.

Témoin, le vote de l’Assemblée nationale populaire (ANP) a suscité des critiques sur la messagerie Weibo. “Nous sommes fichus”, “Nous sommes revenus à la dynastie des Qing”, a-t-on pu lire sur le “Twitter chinois”, avant que la censure n’efface ces commentaires.

“Malgré tous les efforts faits pour détourner l’attention du fait que Xi Jinping est en train de se transformer en une sorte de Mao Tsé-toung, en privé les gens en parlent beaucoup”, observe M. Lam, en référence au fondateur du régime communiste (1949-76).
Présentée à la sauvette deux semaines avant le vote, la modification des mandats présidentiels a été incluse dans une réforme consitutionnelle plus large, qui comprend l’inscription de “la Pensée Xi Jinping” dans la Constitution ainsi que “le rôle dirigeant du Parti communiste chinois” (PCC) dans son article premier.

Résultat, le Quotidien du peuple, organe du parti au pouvoir, fait bien sa “Une” sur le changement constitutionnel mais en évoquant ces autres aspects. Un éditorial de première page se borne à évoquer “l’amélioration du système de mandats présidentiels”, sans plus de précisions ni commentaire.
“L’astuce de Xi Jinping a été d’incorporer l’abolition de la limitation des mandats dans une réforme plus large en 21 articles”, observe le politologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong. 

La discrétion des médias est délibérée, explique depuis Pékin le politologue Hu Xingdou. “C’est pour empêcher les gens d’en parler trop. Beaucoup de gens ne sont pas au courant. Il convient d’éviter la discussion et que cela devienne un sujet brûlant”.

Des voix ont critiqué la disparition d’une règle qui avait garanti des transitions du pouvoir sans heurts depuis près de 30 ans. Un ancien vice-ministre et secrétaire de Mao, Li Rui, a dénoncé début mars dans la presse hongkongaise le “culte de la personnalité” qui entoure désormais Xi Jinping. “Il veut devenir président à vie”, a accusé l’ancien dirigeant centenaire dans le quotidien Ming Pao.

Lors d’une conférence de presse dimanche soir, un représentant du régime, Shen Chunyao, a assuré que l’abolition de la limite des mandats faisait l’objet d’un vaste soutien puisque les députés — triés sur le volet — ont applaudi deux fois lorsque l’amendement leur a été présenté. 
Il a jugé “sans fondement” la question d’un journaliste étranger s’inquiétant d’un retour possible des luttes de factions en période de succession.

Dans un éditorial à destination des lecteurs occidentaux, le quotidien de langue anglaise China Daily assure que la modification constitutionnelle “ne signifie pas la fin du système de départ à la retraite pour les dirigeants (…) ni un mandat à vie pour quelque responsable que ce soit”. 

On saura dans cinq ans si le système de retraite s’applique aussi à M. Xi.

AFP

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