lundi 19 octobre 2020
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Policiers tués à Paris : un hommage en Polynésie aussi

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Emmanuel Macron rendra hommage mardi aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris tués par leur collègue radicalisé, une attaque sans précédent qui continue de susciter questions et critiques contre le ministre de l'Intérieur. En Polynésie aussi, un hommage aura lieu.

Publié le 07/10/2019 à 16:48 - Mise à jour le 07/10/2019 à 16:48
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Emmanuel Macron rendra hommage mardi aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris tués par leur collègue radicalisé, une attaque sans précédent qui continue de susciter questions et critiques contre le ministre de l'Intérieur. En Polynésie aussi, un hommage aura lieu.

Le chef de l’Etat, accompagné du Premier ministre Edouard Philippe et des ministres de la Justice Nicole Belloubet et des Armées Florence Parly, prononcera un discours à 11 heures dans la cour de la préfecture, où a été abattu Mickaël Harpon, employé comme informaticien à la préfecture.

Auparavant, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner remettra la Légion d’honneur, à titre posthume, aux quatre victimes, dont une femme. Le policier stagiaire qui a tué l’assaillant de 45 ans sera également décoré mais à une date ultérieure.

En Polynésie, une minute de silence sera observée, mardi à 11h00 devant l’entrée du bâtiment du Haut-commissariat.

Cet hommage n’offrira qu’un court répit à Christophe Castaner, auditionné à huis clos avant la cérémonie par la délégation parlementaire au renseignement puis dans l’après-midi par la commission des lois de l’Assemblée nationale, cette fois devant la presse. La commission des lois du Sénat l’interrogera jeudi.

« Notre mission de contrôle de l’action du gouvernement vise à déterminer ce qui n’a pas fonctionné, quels sont les dysfonctionnements qui ont malheureusement permis une telle tragédie », a expliqué lundi sur BFMTV le sénateur Christian Cambon, président de la délégation parlementaire au renseignement.

Depuis l’attaque, de nombreuses voix dénoncent l’incurie des autorités et cherchent à comprendre comment Mickaël Harpon a pu passer sous les radars alors qu’il avait donné des signes de radicalisation au sein même de la direction du renseignement de la PP (DRPP) où il était employé. 

L’opposition, à droite et l’extrême droite, crie au « scandale d’Etat » et exige le départ du locatoire de la Place Beauvau. Une démission qu’a exclue Christophe Castaner tout en reconnaissant un « dysfonctionnement d’Etat ».

« Signalement automatique »

Selon un rapport interne de la DRPP, Mickael Harpon, qui était habilité secret défense, aurait déclaré à deux collègues « c’est bien fait » au sujet de l’attentat en janvier 2015 contre Charlie Hebdo, mais ces derniers n’ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie.

« Il n’y a pas eu d’alerte au bon niveau, au bon moment », a accusé le ministre, ajoutant que « les signaux d’alerte auraient dû être suffisants pour déclencher une enquête en profondeur », alors que l’assaillant était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance « islamiste salafiste ».

Deux enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale du renseignement ont été ouvertes par le Premier ministre Edouard Philippe pour comprendre ces failles dans le suivi de M. Harpon.

Sans attendre les conclusions, espérées pour la fin octobre, Christopher Castaner a tenté d’éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais « l’objet d’un signalement automatique », sans plus de précisions.

Sur le front de l’enquête menée par les services antiterroristes, l’épouse de Mickaël Harpon a été relâchée dimanche soir à l’issue de trois jours de garde à vue, sans être poursuivie à ce stade.

Les enquêteurs cherchaient d’éventuels éléments incriminants cette mère de deux enfants qui s’était inquiétée « du comportement inhabituel et agité » de son époux la veille de l’attaque et avait échangé avec lui 33 SMS le matin des faits.

Outre la recherche d’éventuels complices dans les milieux radicaux, les enquêteurs tentent d’éclaircir la nature des informations auxquelles l’assaillant a pu avoir accès à la préfecture, où il travaillait depuis 2003 comme informaticien.

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez a écarté « à ce stade » l’hypothèse selon laquelle il aurait fait partie d’une cellule jihadiste.

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