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Nouvelle-Calédonie : faute de gouvernement, l’État va reprendre le budget en main

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La Nouvelle-Calédonie attend toujours l'arrivée de son nouveau gouvernement, bloquée par des conflits entre indépendantistes et désormais par le confinement, poussant l'État à prendre les rênes du budget, pour la première fois depuis des décennies.

Publié le 22/03/2021 à 10:41 - Mise à jour le 22/03/2021 à 10:42
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La Nouvelle-Calédonie attend toujours l'arrivée de son nouveau gouvernement, bloquée par des conflits entre indépendantistes et désormais par le confinement, poussant l'État à prendre les rênes du budget, pour la première fois depuis des décennies.

La crise sanitaire sur le territoire, confiné jusqu’au 28 mars, à la suite de la détection de premiers cas de Covid-19 hors quatorzaine, est gérée par le gouvernement démissionnaire, présidé par le loyaliste Thierry Santa, dont l’action est limitée à l’expédition des affaires courantes et urgentes. 

Le blocage survient alors que la collectivité n’a pas voté comme de coutume avant le 31 décembre son budget annuel, et elle sera dans l’incapacité de le faire avant l’ultime date réglementaire du 31 mars.      

Pour la première fois depuis des décennies dans ce territoire très autonome, le budget 2021 sera arrêté par le haut-commissaire de la République après avis de la Chambre Territoriale des Comptes. 

Les cinq « ministres » indépendantistes du FLNKS avaient démissionné en bloc début février dans une stratégie d’opposition à la reprise de l’usine de nickel du groupe Vale, ce qui a de facto entraîné la chute de l’exécutif collégial.         

Grâce à une alliance avec un parti charnière, le FLNKS a ensuite remporté, pour la première fois, la majorité du nouvel exécutif (six membres sur 11), lors de son élection le 17 février par les 54 élus du Congrès (assemblée délibérante).           

Mais des tensions entre les deux courants du FLNKS, l’Union Calédonienne (UC) et l’UNI (Union nationale pour l’indépendance) n’ont pas permis d’élire de président du gouvernement, nécessaire à son entrée en fonction.        

Par deux fois, le 17 février et le 2 mars, le candidat de l’UC, Samuel Hnepeune, ancien patron du Medef, et celui de l’UNI, Louis Mapou, actuel chef de groupe au Congrès, se sont neutralisés, obtenant chacun trois suffrages sur 11. La majorité absolue (au moins 6 voix sur 11) est requise.        

L’apparition du premier cas de Covid-19 hors quatorzaine le 7 mars et le déclenchement du confinement deux jours plus tard ont depuis figé la situation, sans avancée dans les discussions entre indépendantistes.         

« La priorité était à la gestion de la crise sanitaire »

« Pour le moment, il n’y a pas de contacts entre nous. Rien du tout », a déclaré lundi à l’AFP Louis Mapou.           

À l’unisson, Pierre-Chanel Tutugoro, chef du groupe UC-FLNKS au Congrès, a indiqué que « la priorité était à la gestion de la crise sanitaire » et qu’il n’y avait pas d’échanges avec l’UNI au sujet de la présidence du gouvernement.         

Tant que le confinement dure, aucune nouvelle tentative pour désigner un chef de l’exécutif ne devrait donc avoir lieu.

Ce blocage survient également alors qu’approche le 4 avril, date à partir de laquelle un minimum d’un tiers des élus peut demander à l’État d’organiser le troisième et dernier référendum sur l’indépendance prévu par l’accord de Nouméa (1998), qui organise la décolonisation progressive de l’île.        

« On fera cette demande comme prévu, cette question a été tranchée au sein du FLNKS, nous n’avons pas changé d’avis », a déclaré à l’AFP Pierre-Chanel Tutugoro, en allusion à la décision prise lors d’une convention de la coalition indépendantiste mi-octobre de solliciter ce troisième référendum, le 21 avril 2021.

L’État aura alors 18 mois pour l’organiser, soit au plus tard en octobre 2022.

L’UNI souhaite que le scrutin se tienne avant la prochaine élection présidentielle de 2022, par crainte que Marine Le Pen puisse l’emporter, tandis que l’UC ne s’est pas encore positionnée.        

Les deux précédents référendums, les 4 novembre 2018 et 4 octobre 2020, ont été remportés par les partisans du maintien dans la France avec 56,7% des voix puis seulement 53,3% des voix.       

L’Avenir en Confiance, coalition non indépendantiste majoritaire à droite, voudrait « éviter ce référendum binaire » et trouver « une solution consensuelle dans la France »

Après la signature d’un « accord politique » sur la reprise de l’usine de nickel de Vale le 4 mars, le FLNKS, qui en avait fait un préalable, s’est dit prêt à reprendre les discussions avec l’État et les non indépendantistes pour préparer l’après-accord de Nouméa.        

Un consultation de la société civile est en cours à l’initiative de l’État tandis que Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, doit « remettre prochainement » aux dirigeants calédoniens « un document écrit et complet qui recense l’intégralité des questions posées par le oui et par le non » à l’indépendance. 

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