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Nauru ou le forum des incidents diplomatiques

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Publié le 02/09/2018 à 13:28 - Mise à jour le 02/09/2018 à 13:28
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La Chine, d’abord. Nauru, très soutenue par Taïwan, a tout fait pour freiner la présence chinoise au Forum. Cette délégation a même été privée de visa diplomatique… avant de finalement venir avec un visa normal, un affront pour des diplomates.
 
Ce climat tendu s’est révélé dès l’entame du Forum. Le chef de la délégation chinoise a voulu s’exprimer. Mais Baron Waqa, le Président nauruan, qui préside aussi le Forum en tant que pays hôte, a refusé, indiquant qu’il pourrait s’exprimer en fin de séance s’il restait du temps. Le diplomate chinois, furieux, a quitté son siège.
 

Et la colère chinoise pourrait bien se maintenir dans les jours qui viennent. L’Australie ne cache pas son ambition de limiter l’influence chinoise dans le Pacifique, quitte à y investir beaucoup, comme dans un nouvel avion de surveillance de l’océan, qui devrait être présenté demain.
 

Nauru a aussi commis deux jolies bourdes diplomatiques. L’une envers la Nouvelle-Calédonie, l’autre envers la Polynésie française.

Philippe Germain a eu la grande surprise de voir le drapeau de Kanaky affiché partout sur l’île, au côté des drapeaux des 17 autres pays représentés au Forum. Un affront pour ce Président loyaliste, qui siège au Forum derrière deux drapeaux : celui de la France et celui de Kanaky. Il a déposé une réclamation.

Officiellement, c’est une erreur du pays hôte. Mais personne n’est dupe : Nauru soutient ouvertement la cause indépendantiste dans de nombreux pays du Pacifique, et l’erreur ressemble bien à un message subliminal, à deux mois du référendum calédonien. 
 

Edouard Fritch a eu droit à une erreur plus cocasse, et une belle promotion dans le Bulletin officiel de Nauru, qui fait office de journal pour le Forum. Il y est présenté comme Chef de gouvernement, mais aussi Chef d’Etat, en lieu et place d’Emmanuel Macron. Une erreur d’autant plus surprenante que dans la présentation de Philippe Germain, il est bien indiqué que le Chef d’Etat est le Président de la République française.
 

Les autorités nauruanes se sont enfin illustrées par les règles draconiennes qu’elles imposent aux médias. D’abord en empêchant certains d’entre eux d’être accrédités, et donc de venir à Nauru. Ensuite en limitant les possibilités de reportages au maximum à ceux qui sont venus. Une journaliste néo-zélandaise a été arrêtée au premier jour des débats, pour être entrée en contact avec des réfugiés.
 
Dans ce climat particulier, les chefs de gouvernement du Pacifique vont tenter de mieux lutter contre le réchauffement climatique, de mieux surveiller l’océan pour contrôler la pêche et limiter les trafics, ou encore de lutter contre l’obésité, fléau sanitaire dans toute l’Océanie.
 

Mike Leyral

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