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Mayotte : une élection législative partielle sous tension

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Publié le 17/03/2018 à 8:04 - Mise à jour le 17/03/2018 à 8:04
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Dans un des bureaux de vote de Kaweni, on comptait 110 votants sur 681 inscrits dimanche à midi (heure locale). Les habitants de Mayotte, département français situé dans l’océan Indien, sont appelés aux urnes pour une élection législative partielle. 

Gréviste, Toilianti Soihili, 26 ans, est venue car ” on a le droit de vote, c’est un acte important. Je pensais venir plus tard, mais ma voisine criait partout -Allons voter, allons voter-“, dit la jeune femme qui “a confiance” en son candidat pour “changer les choses”.  

Comme l’élection a été maintenue, on n’a pas le choix, il faut voter”, dit une autre électrice. ” Mais vu le contexte, on n’a pas trop le sentiment de faire quelque chose pour l’avenir. C’est juste un devoir, on n’attend rien de particulier. On vote comme on avait voté avant “, ajoute cette mère de famille. 

Son frère, qui habite en dehors de la ville, “voulait aller voter, mais c’est trop dangereux, il n’a pas pu passer”. En raison des barrages, difficile de savoir si les 176 bureaux de la 1ere circonscription ont tous ouvert. 

Des incidents ont émaillé le scrutin, notamment à Mtsamboro (nord-ouest) où, dans deux bureaux de vote, ” deux individus ont pris les urnes et sont partis, avant de revenir avec quelques minutes plus tard “, a indiqué le maire Harouna Colo. ” D’après les présidents des deux bureaux, rien n’a changé dans les urnes “ , a précisé l’élu.

La préfecture a confirmé que les urnes avaient été brièvement subtilisées. Les voleurs sont en garde à vue.  

A Acoua (nord-ouest), les neuf bureaux de vote avaient été bloqués à l’ouverture, parfois fermés avec de la glue, selon la mairie, qui a dépêché les services municipaux pour les dégager. 

A Longoni (nord), un journaliste de Mayotte la1ere a indiqué sur Twitter qu’il était “impossible d’atteindre le village”

 La plupart des élus et les organisateurs du mouvement avaient demandé le report du scrutin mais le préfet de Mayotte leur a opposé une fin de non-recevoir, assurant que l’État prendrait “toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin”.

Outre les difficultés de certains électeurs pour accéder aux bureaux de vote, les élus avaient fait valoir que les conditions de sécurité n’étaient pas garanties et ont souligné les difficultés de campagne des candidats.

APPEL AU BOYOCOTT 

Un porte-parole du mouvement social, Salim Nahouda, avait appelé la population à boycotter le scrutin.

Ahamada Haribou, directeur général adjoint des services à la mairie de Mamoudzou, prévoyait une participation très faible, soulignant que “beaucoup d’électeurs votent à Mamoudzou mais habitent hors Mamoudzou”.

Dans ce contexte particulier, les électeurs doivent choisir entre huit candidats, dont les deux finalistes de juin. Ramlati Ali, devenue la première femme mahoraise députée, avait alors été élue sous l’étiquette PS avant de siéger au groupe LREM à l’Assemblée nationale.

Son élection a été annulée le 19 janvier après un recours de son opposant, l’avocat Elad Chakrina (LR), le Conseil constitutionnel ayant considéré que, eu égard au “faible écart de voix” entre eux, “la sincérité du scrutin (avait) été altérée”.

Mme Ali a été mise en examen le 14 février pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du précédent scrutin. Ayant fait appel, elle se représente sans étiquette.

La surprise est venue mercredi de la présidente du Front national Marine le Pen, qui a appelé à voter pour le candidat LR, démarche inédite pour le parti d’extrême droite. Les Républicains se sont désolidarisés de ce soutien.

” Je tiens à préciser que je ne partage pas les idées du Front national (…) Je note juste que Mme Le Pen fait le constat de ce qui se passe à Mayotte “, a déclaré Elad Chakrina.

Parmi les autres candidats figurent Bacar Ali Boto (centre gauche), premier adjoint au maire de Mamoudzou, Daniel Zaidani, ancien président du Conseil général, mis en examen en février 2017 pour détournement présumé de fonds publics dans l’exercice de ses fonctions, ou encore Abdullah Mikidadi (LFI).

AFP

Depuis plusieurs semaines, les journaux s’intéressent à ce qu’il se passe à Mayotte. Un reporter de Quotidien s’est rendu sur place il y a peu… 

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