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Macron promet un « changement profond » pour répondre à « l’impatience » des Français

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Publié le 02/07/2017 à 7:00 - Mise à jour le 02/07/2017 à 7:00
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« Ce qui nous est demandé par le peuple, c’est de renouer avec l’esprit de conquête (…) pour le réconcilier avec lui-même », une « véritable révolution », a lancé le chef de l’État.

Quant à sa décision de devancer de 24 heures la déclaration de politique générale de son Premier ministre Édouard Philippe, elle obéissait à une « nécessité », a-t-il répondu à ceux qui lui reprochaient une « dérive monarchique ».

« Le président de la République doit fixer le sens du quinquennat (…) Il revient au Premier ministre qui dirige l’action du gouvernement de lui donner corps », a-t-il résumé.

Une « interminable pluie de truismes », a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI), qui a suivi à distance ce discours, qu’il a boycotté. Un « sermon de télévangéliste » au « flou lyrique », a renchéri Marine Le Pen (FN).

Le Congrès lui-même a réservé de timides et rares applaudissements à ce qui se voulait une sorte de discours sur l’état de l’Union à l’américaine.

Sur le fond, M. Macron a confirmé un certain nombre de promesses de campagne. À commencer par la baisse du nombre de parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, et du nombre de membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Confirmée aussi l’introduction d’une « dose de proportionnelle » qui doit, selon lui, permettre à « toutes les sensibilités » d’être « justement représentées » au Parlement, mais dont les modalités restent à préciser tout comme celles de la limitation « dans le temps » des mandats parlementaires, pas plus de trois s’il s’en tient à son programme.

Pour « renforcer » le Parlement, il s’agit également de « mettre un terme à la prolifération législative » et de soumettre les « textes importants », comme les futures lois sur le dialogue social ou le terrorisme, à une « évaluation », deux ans après leur mise en œuvre.

Le chef de l’État entend mener ces transformations au pas de charge pour qu’elles soient « parachevées d’ici un an ». À cette fin, elles seront soumises « au vote du Parlement » mais, « si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum », a-t-il prévenu.

Autre annonce majeure: « la suppression de la Cour de justice de la République », une « juridiction d’exception ». « Les ministres doivent devenir comptables des actes accomplis » dans l’exercice de leurs fonctions, a-t-il souligné.

Quant au Cese, que le temps a « figé », ses « règles de représentativité » doivent être réformées de « fond en comble » pour qu’il devienne « le forum de notre République ».

Disert sur ces réformes institutionnelles, M. Macron a en revanche évacué en quelques mots la lutte contre le chômage, qui a atteint « des niveaux insupportables ».

Prenant des accents libéraux, il a estimé que l’État, en protégeant les plus faibles, ne devait pas les transformer « en mineurs incapables » ou « en assistés permanents ». « Nous devons substituer à l’idée d’aide sociale, à la charité publique, aux dispositifs parcellaires, une vraie politique de l’inclusion de tous », a insisté le chef de l’État, qui entend toutefois « protéger les plus faibles ».

Dans son discours d’une heure et demie, il s’est aussi élevé contre les « nombreux (…) faux procès ». « S’agit-il de libéraliser le code du travail? On nous dira qu’il s’agit de répondre aux diktats de Bruxelles. S’agit-il de réduire nos dépenses publiques pour éviter que nos enfants paient le prix de nos renoncements? S’agit-il de sortir de l’état d’urgence? On nous dira qu’on brade nos libertés. Rien de tout cela n’est vrai », a-t-il assuré.

Dans un climat marqué par les affaires, il a appelé parallèlement les médias à « en finir avec cette recherche incessante du scandale ».

Cette adresse solennelle aux parlementaires des deux chambres, et, à travers eux, aux Français, a vocation à devenir un rendez-vous annuel pour « rendre compte ».

Première expression à large spectre d’un mandat entamé il y a un mois et demi, l’événement était attendu avec d’autant plus d’intérêt que M. Macron a fait de la parole rare l’une des marques de son quinquennat. Ainsi, il ne se prêtera pas à la traditionnelle interview du 14 juillet.

Si les 577 députés et 348 sénateurs avaient été conviés à Versailles, où ils ont pris place par ordre alphabétique dans l’hémicycle, une cinquantaine de sièges sont restés vacants, à commencer par ceux des députés du groupe LFI et des parlementaires communistes qui ont boycotté l’événement.

AFP

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