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Les récifs coralliens dépendent aussi des requins et des raies, particulièrement menacés d’extinction

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La plupart des requins et des raies des récifs coralliens du monde entier risquent de disparaître, menaçant par ricochet la survie déjà compromise de ces écosystèmes d'une importance vitale pour les populations côtières, selon une étude publiée mardi dans Nature Communications.

Publié le 18/01/2023 à 10:23 - Mise à jour le 18/01/2023 à 10:31
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La plupart des requins et des raies des récifs coralliens du monde entier risquent de disparaître, menaçant par ricochet la survie déjà compromise de ces écosystèmes d'une importance vitale pour les populations côtières, selon une étude publiée mardi dans Nature Communications.

Sur les 134 espèces de requins et de raies vivant dans ces récifs, “59% sont menacées d’extinction, comme le requin-taupe blanc et la raie bécasse, ce qui en fait le groupe le plus menacé au monde après les mammifères marins”, relèvent les auteurs de l’étude.

C’est presque deux fois plus que la proportion de requins et raies menacés sur l’ensemble des quelque 1 200 espèces connues, note le groupe de scientifiques qui a analysé les données de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Or le déclin, voire l’extinction, de ces espèces fait peser une menace supplémentaire sur les récifs coralliens, déjà gravement affectés par la multiplication rapprochée des canicules marines à cause du réchauffement climatique.

Ces précieux récifs couvrent moins de 0,1% des océans mais abritent au moins 25% de leur faune et de leur flore sauvage, et plus d’un demi-milliard de personnes dépendent de la pêche dans ces écosystèmes.

Mais une modélisation récente estime que même si l’objectif de l’accord de Paris – limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C – est atteint, 99% des récifs coralliens mondiaux ne pourront pas se reconstituer.

“Les requins et les raies des récifs coralliens peuvent cependant contribuer à les maintenir en meilleure santé plus longtemps”, souligne auprès de l’AFP Samantha Sherman, de l’Université Simon Fraser au Canada. 

“Ils assurent de nombreuses fonctions écologiques irremplaçables par d’autres espèces : le requin gris, par exemple, se nourrit de poissons pélagiques aux alentours et transmet ensuite ces nutriments au récif, permettant aux coraux de se développer”, détaille la scientifique.

Selon Mme Sherman, la principale menace contre ces espèces est la surpêche, suivie par la perte d’habitat et par le changement climatique.

Les requins de récifs sont les plus menacés dans l’Atlantique occidental et dans certaines parties de l’océan Indien, tandis que les raies sont les plus menacées dans l’océan Indien et en Asie du Sud-Est.

Outre des mesures pour limiter la pêche -volontaire ou accidentelle- de ces espèces, les scientifiques recommandent la création d’aires maritimes protégées bien situées et correctement gérées.

En décembre à Montréal, lors de la COP15 Biodiversité, les pays du monde entier se sont engagés à placer 30% des mers dans de telles aires protégées d’ici 2030.