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Le difficile métissage du Caillou

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Publié le 16/11/2018 à 14:48 - Mise à jour le 16/11/2018 à 14:48
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Aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, même les tribus sont métissées. Un joueur de football s’est marié avec une Tahitienne rencontrée à Tahiti ; un autre est tombé amoureux d’une Wallisienne croisée au marché. Les demis sont partout.
 
À Nouméa, Emmanuelle Darman vit à cent à l’heure. Cette chanteuse métisse indonésienne et métropolitaine ne souffre pas du racisme, mais regrette les tensions autour du référendum. Pour elle, les métis ne sont pas intégrés dans le projet calédonien.
 
« J’ai l’impression qu’on ne parle que de la communauté kanak et de la communauté européenne, confie-t-elle. Sauf que moi, certes ma maman est Lorraine, mais elle est arrivée ici quand elle avait deux ans, aujourd’hui elle en a 62, donc elle est Calédonienne, et je suis Calédonienne aussi. Finalement, on ne se retrouve pas aussi facilement qu’on pense dans ce genre de…, je n’ai pas envie de dire combat parce que c’est super péjoratif, mais en tout cas dans ce questionnement-là de communautés, que ce soit kanak ou comme on le dit ici, Blanc. Moi, je suis ni l’un ni l’autre. »

Le dernier référendum sur le Caillou indiquait que 39 % des Calédoniens sont kanak, et 27 % d’origine européenne. Mais il y a aussi des Wallisiens, des Tahitiens, des Indonésiens… et surtout beaucoup de métis. Certains ont du mal à trouver leur place, comme Lorenzo Kasovimoin, métis kanak et tahitien.
 
« Mon problème est que, quand je sors de chez moi, il y a des Mélanésiens d’ici qui m’agressent pour voir si je suis un Blanc, un Wallisien ou même un Arabe. En tant que métisse, j’ai du mal à vivre avec ça. »

Vaihere Mata, elle, se définit comme Tahitienne, même si elle a également des origines chinoise et métropolitaine. Elle parvient à s’adapter aux différents groupes ethniques, mais déplore les stéréotypes.
 
« Dès qu’il y a un problème, c’est de la faute des Kanak. Dès qu’il y a de la musique trop forte, c’est de la faute des Tahitiens ou des Wallisiens. Dès qu’il y a un problème financier, c’est de la faute des Zoreilles, énumère-t-elle. Si ça se trouve, c’est un Caldoche, on n’en sait rien, mais voilà, ce sont des stéréotypes et tout de suite on va se dire c’est untel en parlant de son origine. »
 
La fameuse notion de « vivre ensemble » des Calédoniens a partiellement réussi. Malgré leurs a priori, les ethnies s’acceptent mutuellement, en dehors d’une minorité ouvertement raciste. Mais ces groupes sociaux vivent les uns à côté des autres plus que véritablement ensemble. En attendant que tout le monde soit métissé…
 
 

Rédaction web avec Mike Leyral

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