L’avenir de la Nouvelle-Calédonie à nouveau discuté à Paris

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La Première ministre Élisabeth Borne reçoit mardi à Paris des délégations indépendantistes et non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, avant d'autres rencontres avec le ministre de l'Intérieur d'ici la fin de la semaine, dans l'espoir de relancer enfin le dialogue sur l'avenir institutionnel de l'archipel.

Publié le 10/04/2023 à 17:40 - Mise à jour le 10/04/2023 à 17:41

La Première ministre Élisabeth Borne reçoit mardi à Paris des délégations indépendantistes et non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, avant d'autres rencontres avec le ministre de l'Intérieur d'ici la fin de la semaine, dans l'espoir de relancer enfin le dialogue sur l'avenir institutionnel de l'archipel.

Élisabeth Borne rencontrera d’abord les indépendantistes du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), qui avaient accepté début mars le principe d’un déplacement à Paris.

Fin octobre, l’État avait échoué à faire venir les indépendantistes à une « convention des partenaires », réunissant acteurs politiques mais aussi économiques pour évoquer l’avenir du territoire, alors que le cycle de trois référendums d’autodétermination, prévu par l’accord de Nouméa signé en 1998, s’est achevé fin 2021.

Mais si les indépendantistes ont validé depuis le principe de discussions bilatérales avec l’État, Daniel Goa, le président de l’Union calédonienne, l’une des principales composantes du FLNKS, a rappelé dans un communiqué que « à ce stade, (nos représentants) ne négocieront rien et aucune décision ne pourra être actée ».

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Quant à des discussions trilatérales, qui réuniraient l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes, « elles ne pourront avoir lieu tant que nos structures n’auront pas étudié et choisi les propositions discutées lors de cette séquence parisienne », stipule Daniel Goa.

Quel corps électoral ?

Une rencontre entre tous les acteurs ne semble donc toujours pas à l’ordre du jour, près d’un an et demi après le référendum contesté du 12 décembre 2021, boycotté par les indépendantistes et qui avait donc vu sans surprise les partisans du maintien dans la France l’emporter.

De leur côté, les non-indépendantistes espèrent que ce nouveau rendez-vous parisien permettra d’avancer sur l’épineuse question du corps électoral. Lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie début mars, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait en effet annoncé que les élections provinciales, scrutin local crucial, auraient bien lieu en 2024. 

Or, l’accord de Nouméa prévoit que seuls les natifs et les résidents qui peuvent prouver dix ans de résidence à cette date peuvent voter aux élections provinciales. Les Loyalistes réclament de longue date l’ouverture du corps électoral, mais les indépendantistes y sont farouchement opposés.

Si Les Loyalistes, mouvement dirigé par la secrétaire d’État, Sonia Backès, estime qu’un accord sur le corps électoral est possible et peut être discuté indépendamment des négociations sur le futur statut du territoire, Calédonie Ensemble estime pour sa part qu’il ne faut pas dissocier le dossier électoral de l’avenir institutionnel.

Lors de sa visite début mars, Gérald Darmanin avait répété qu’il souhaitait que les élections provinciales prévues en mai 2024 se tiennent avec un corps électoral modifié. « On ne peut pas fonctionner avec un corps électoral resté bloqué en 1998 », avait-il plaidé.

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