L’Australie va acheter jusqu’à 5 sous-marins américains à propulsion nucléaire

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Le président américain, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le chef du gouvernement australien Anthony Albanese ont rendez-vous dans une base navale à San Diego pour formaliser ce projet, qui avait fait enrager la France lors de son annonce il y a dix-huit mois.

Publié le 13/03/2023 à 12:20 - Mise à jour le 13/03/2023 à 12:20

Le président américain, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le chef du gouvernement australien Anthony Albanese ont rendez-vous dans une base navale à San Diego pour formaliser ce projet, qui avait fait enrager la France lors de son annonce il y a dix-huit mois.

« Notre projet renforce pour des décennies la capacité industrielle de nos trois nations à produire et déployer des sous-marins à propulsion nucléaire, il développe notre présence sous-marine dans l’Indo-Pacifique et contribue à la sécurité et à la stabilité mondiales« , ont assuré les dirigeants des États-Unis, de l’Australie et du Royaume-Uni ce lundi, dans un communiqué commun.

Actuellement réunis en Californie pour un sommet AUKUS, ils devraient finaliser l’accord sur la vente des sous-marins américains à l’Australie, dans le fameux « contrat du siècle » qui a échappé à la France en 2021.

L’objectif est de déployer, à partir de 2027 et sur un principe de rotation, quatre sous-marins américains de classe « Virginia » et un sous-marin britannique de classe « Astute » sur la base australienne de Perth (ouest).

5 sous-marins, le « contrat du siècle »

Les sous-marins doivent être livrés à partir de la fin des années 2030, a précisé un haut responsable de la Maison Blanche, qui n’a pas souhaité être identifié. Une commande qui implique un gigantesque effort industriel dans les trois pays. Les annonces faites jeudi dernier ne donnent pas de chiffre ni de répartition précise des coûts, en particulier en ce qui concerne la somme que devra débourser l’Australie.

Les sous-marins à propulsion nucléaire sont difficiles à détecter, peuvent parcourir de grandes distances pendant de longues périodes et peuvent embarquer des missiles de croisière sophistiqués.

Washington doit décider si « des investissements supplémentaires » sont requis pour soutenir ce développement à marche forcée, selon le communiqué de l’exécutif américain.

À terme, les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni veulent créer une nouvelle génération de sous-marins d’attaque, baptisée SSN-AUKUS. L’objectif, a assuré lundi le conseiller à la Sécurité nationale américain Jake Sullivan, n’est pas « de partir en guerre » mais « de dissuader tout conflit« .

La Chine contrariée

Ce nouveau partenariat militaire, très étroit et très ambitieux, avait donné lieu à une crise diplomatique avec la France, qui avait crié à la « trahison« . Canberra avait annulé le contrat d’acquisition de 12 sous-marins français, en septembre 2021.

L’affaire est depuis retombée, à force d’intenses manoeuvres diplomatiques, dont une visite d’Etat du président français Emmanuel Macron aux Etats-Unis début décembre. Joe Biden a d’ailleurs appelé son homologue français le 7 mars, et les deux hommes ont notamment, selon la Maison Blanche, discuté de leur « coopération » dans l’océan Indien et en Asie.

L’indignation de la France a surtout fait place aux critiques de la Chine, engagée avec les Etats-Unis dans une rivalité économique et stratégique acharnée.

« Nous appelons les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie à abandonner la mentalité digne de la Guerre froide et les jeux à somme nulle » et à « faire davantage de choses pour encourager la paix et la stabilité régionales« , avait déclaré Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, avant les annonces de lundi.

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