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La Papouasie demande une livraison en urgence d’un million de vaccins

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La Papouasie-Nouvelle-Guinée a averti mercredi que la vague actuelle de contaminations au coronavirus allait s'amplifier dans les prochaines semaines, et imploré AstraZeneca de livrer en urgence à l'archipel un million de doses de son vaccin.

Publié le 17/03/2021 à 9:33 - Mise à jour le 17/03/2021 à 9:35
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La Papouasie-Nouvelle-Guinée a averti mercredi que la vague actuelle de contaminations au coronavirus allait s'amplifier dans les prochaines semaines, et imploré AstraZeneca de livrer en urgence à l'archipel un million de doses de son vaccin.

Le ministre papouasien de la Santé Jelta Wong a expliqué à l’AFP que son pays, dont le système de santé est notoirement sous-équipé, donnait déjà “tout ce qu’il pouvait” pour éviter que l’épidémie n’échappe à tout contrôle, lançant un appel à l’aide internationale.

“Dans les prochaines semaines, il va y avoir un pic dans le nombre de nouvelles contaminations”, a-t-il dit, faisant craindre une catastrophe sanitaire dans son pays.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’un des pays les plus pauvres du Pacifique, avait été prompte à fermer ses frontières au début de la pandémie, et avait évité que la situation ne se dégrade aussi vite que d’autres pays.

Mais elle a enregistré officiellement plus de 1 000 nouveaux cas de Covid-19 sur huit millions d’habitants depuis le 1er mars, soit un doublement du total des contaminations depuis que la maladie est arrivée dans ce pays il y a un an.

Mais la lenteur du processus de tests fait craindre que le virus ne soit en train de se répandre beaucoup plus rapidement dans la population. Et des responsables ont prévenu que le fragile système de santé du pays risquait d’être submergé.

“Ne pas attendre”

“Les transmissions se font au sein de la population, et je suis assez sûr qu’il y en a beaucoup que nous ne détectons pas”, a déclaré M. Wong. “Mais nous donnons tout ce que nous pouvons pour être sûrs que nous soyons présents partout.”

Alors que les hôpitaux papouasiens font état d’une hausse des patients atteints du Covid-19 et des contaminations au sein du personnel, l’Australie a annoncé mercredi qu’elle enverrait 8 000 doses de vaccins chez son voisin, à destination des travailleurs de santé en première ligne.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a par ailleurs demandé à AstraZeneca d’envoyer en Papouasie dès que possible un million de doses achetées par l’Australie et qui étaient initialement prévues pour l’immense île-continent.

M. Wong a expliqué que ces doses étaient nécessaires “simplement pour contrôler la propagation” du virus, avant que la situation n’échappe à tout contrôle.

“Je préférerais les avoir maintenant plutôt que de devoir les attendre quand nous serons dépassés”, a-t-il dit à l’AFP.

La géographie très accidentée du pays faite de montagnes et de jungles, et qui manque d’infrastructures de transport, complique l’évaluation de l’urgence.

Mais le chef des services australiens de Santé Paul Kelly a déclaré que les hôpitaux de Port-Moresby, la capitale, détectaient le virus chez la moitié des patients nouvellement admis.

“Signes d’une épidémie majeure”

“La moitié des femmes qui viennent (dans ces hôpitaux) parce qu’elles sont enceintes sont positives. Nous voyons un grand nombre de personnels de santé de première ligne en Papouasie-Nouvelle-Guinée arriver avec le Covid-19”, a dit M. Kelly. 

“Tous ces faits sont des signes qu’il y a une épidémie majeure” dans le pays.

Des responsables du Queensland, l’Etat australien le plus proche de la Papouasie, ont indiqué que la moitié des patients hospitalisés pour le Covid-19 dans cet Etat provenaient de Papouasie. Un demi-millier d’échantillons récemment arrivés de Papouasie pour analyse sont ressortis pour moitié positifs.

M. Wong s’est en outre inquiété de ce que les cérémonies en hommage au “Père de la Nation”, l’ex-Premier ministre Michael Somare récemment décédé, aient contribué à la propagation épidémique.

“Notre culture veut que tout le monde vienne quand il s’agit de rendre hommage aux défunts”, a-t-il expliqué. “Les gens semblent oublier qu’il faut néanmoins porter le masque, observer les règles de distanciation sociale et se désinfecter les mains.”

“Malheureusement, ça n’a pas été le cas pendant ce deuil.”

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