La Nouvelle-Zélande envisage d’interdire progressivement la vente de tabac

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La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi un plan visant à élever progressivement l'âge auquel le tabac peut être acheté, une "première mondiale" qui vise à long terme à interdire la vente de tabac.

Publié le 09/12/2021 à 9:35 - Mise à jour le 09/12/2021 à 9:51

La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi un plan visant à élever progressivement l'âge auquel le tabac peut être acheté, une "première mondiale" qui vise à long terme à interdire la vente de tabac.

Actuellement, la règlementation en vigueur interdit aux Néo-Zélandais de moins de 18 ans d’acheter du tabac et à compter de 2027, cet âge limite augmentera d’un an tous les ans, a indiqué la ministre de la Santé Ayesha Verrall.

« Nous voulons nous assurer que les gens ne commencent jamais à fumer… en vieillissant, eux et les générations futures ne pourront jamais acheter légalement du tabac », a-t-elle déclaré. La ministre a précisé que le gouvernement adoptera une loi visant également à restreindre le nombre de lieux pouvant vendre du tabac et n’autoriser que les produits contenant un faible taux de nicotine, afin de diminuer le risque de dépendance.

Mme Verrall a souligné que ces mesures permettront à la Nouvelle-Zélande de conserver son rôle de leader mondial en matière de lutte contre le tabagisme. En 1990, l’archipel avait interdit à l’industrie du tabac de sponsoriser le secteur du sport et en 2004 de fumer dans les bars. « C’est un jour historique pour la santé de notre population » , a-t-elle estimé. 

Le tabagisme, à l’origine d’un cancer sur quatre, reste la principale cause de décès évitable en Nouvelle-Zélande.

La ministre a souligné que le bilan sanitaire était particulièrement lourd au sein des communautés maories et du Pacifique, où le taux de tabagisme est environ deux fois plus important que les 13,5% enregistrés au sein du reste de la population.

Le gouvernement souhaite réduire ce pourcentage à 5% d’ici 2025 et selon lui, cet objectif réalisable permettrait au système de santé d’économiser 5,5 NZ$ (environ 3,3 milliards d’euros) de dépenses.

Le groupe de pression Action on Smoking and Health (ASH) a salué ces annonces.

« Cet ensemble de mesures complémentaires sera envié par les pays qui luttent contre la mort et la misère causées par le tabac fumé », a déclaré Robert Beaglehole, président de l’ASH. « Nous serons à la pointe de la lutte antitabac dans le monde », a-t-il souligné. 

Le fabricant de tabac British American Tobacco New Zealand a pour sa part estimé que ces mesures étaient « non testées, infondées et sans aucune preuve scientifique de leur efficacité ». « Les conséquences sont en fait une interdiction progressive, qui ne fait que pousser à la vente (de tabac) au marché noir », a-t-il déclaré dans un communiqué.

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