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Indépendance : Les Calédoniens votent pour le 3e référendum

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Les Calédoniens ont commencé dimanche matin (samedi dans la matinée en Polynésie) à voter pour un troisième et dernier référendum d'autodétermination, marqué par l'appel à la "non participation" des partis indépendantistes favorisant le camp du Non à l'indépendance

Publié le 11/12/2021 à 15:12 - Mise à jour le 11/12/2021 à 15:59
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Les Calédoniens ont commencé dimanche matin (samedi dans la matinée en Polynésie) à voter pour un troisième et dernier référendum d'autodétermination, marqué par l'appel à la "non participation" des partis indépendantistes favorisant le camp du Non à l'indépendance

Dimanche matin (heure de Nouvelle-Calédonie), 184 332 personnes, inscrites sur la liste électorale spéciale pour la consultation (LESC), étaient appelées à répondre à la question : “Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?”.

À la mairie de Nouméa, place des cocotiers, si les électeurs faisaient la queue à l’extérieur à 7 heures du matin, une heure plus tard, ils  arrivaient au compte-goutte. Le vote se déroulait sous la surveillance d’observateurs de l’ONU et groupe du “Fer de  lance mélanésien”, ainsi qu’un délégué de la commission de contrôle. Au moment de prendre les bulletins de vote, certains électeurs interrogeaient les assesseurs : “il faut vraiment que je prenne le Oui ?”, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les autorités ont déployé un important dispositif de sécurité de 2 000 gendarmes, policiers et militaires dans l’île, qui avant même le référendum s’étaient déployés ostensiblement à Nouméa et aux alentours. 

Cette présence des forces de l’ordre, “c’est une provocation pour les jeunes”, a déclaré dans la matinée à l’AFP un habitant à Saint-Louis, tribu kanak aux portes de Nouméa, théâtre de violents incidents lors du premier référendum.

Au Bureau de vote de Candide-Koch, dans le quartier mixte de la vallée des colons, il y avait à 9H00 une queue de plusieurs mètres devant le bureau de vote, sous une chaleur accablante.

Pour Cathy, libraire à Nouméa, “ce référendum n’a pas trop de sens car la moitié de la population a décidé de ne pas voter. Je suis venue par civisme, ce qui m’intéresse c’est la société qu’on va construire après”, a-t-il indiqué à l’AFP.  

Les indépendantistes ont en effet annoncé qu’ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l’impossibilité d’organiser “une campagne équitable” alors que l’archipel est touché depuis septembre par une épidémie de Covid

Le Sénat coutumier, institution qui incarne le pouvoir traditionnel kanak, a d’ailleurs demandé jeudi “aux citoyens kanak et aux progressistes calédoniens d’observer une journée nationale de +deuil kanak+ le 12 décembre 2021 en ne se rendant pas aux bureaux de vote”.

Ce référendum s’inscrit dans un processus de décolonisation entamé en 1988 après plusieurs années de violences entre les Kanak, peuple premier, et les Caldoches, d’origine européenne. Ces affrontements avaient culminé avec la prise d’otages et l’assaut de la grotte d’Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

“Le jour d’après il y aura une vie ensemble”

Emmanuel Macron, Président de la République

Ce scrutin arrive cependant dans un monde qui a beaucoup changé : d’une part l’archipel, qui dispose de quelque 1,5 million de km2 de zone économique exclusive, se trouve dans une zone devenue stratégique avec la montée en puissance de la Chine, d’autre part le nickel et le cobalt qu’elle produit sont devenus des ressources minières indispensables pour le nouveau marché des batteries électriques, garantes de la transition écologique de la planète.

Quel que soit le résultat du référendum, “le jour d’après il y aura une vie ensemble” avec la France, notamment “compte tenu de la réalité géopolitique de la région”, a ainsi assuré jeudi le président Emmanuel Macron.

En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l’Etat qu’après le 12 décembre s’ouvrirait “une période de stabilité et de convergence” avant un “référendum de projet” d’ici juin 2023, qui, en cas de oui dimanche, porterait sur la constitution d’un nouvel Etat et, en cas de non, sur un nouveau statut dans la République.

Le dialogue ne sera cependant pas si facile, le FLNKS et les nationalistes ont déjà prévenu jeudi dans un communiqué qu’ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l’élection présidentielle française, en avril 2022.

La Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l’ONU. Une mission du FLNKS s’est rendue cette semaine à New York pour rencontrer le C24 (Comité spécial de la décolonisation de l’ONU). Les loyalistes ont pour leur part échangé en visioconférence avec la présidente du C24 de l’ONU pour faire le point sur la situation calédonienne.

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