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Incendies en Australie : près d’un demi-milliard d’animaux morts

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La vie sauvage australienne, réputée notamment pour ses koalas et ses kangourous, mettra des décennies à se remettre des feux de forêt qui dévastent actuellement l'immense île-continent.

Publié le 03/01/2020 à 10:33 - Mise à jour le 03/01/2020 à 10:34
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La vie sauvage australienne, réputée notamment pour ses koalas et ses kangourous, mettra des décennies à se remettre des feux de forêt qui dévastent actuellement l'immense île-continent.

Depuis le début en septembre de ces incendies ravageurs, au moins 20 personnes sont décédées Plus de 1 300 maisons ont été réduites en cendres depuis le début de la saison des incendies en septembre. Et une surface équivalente à deux fois la Belgique est partie en fumée.

Ces feux ont également été meurtriers pour la vie sauvage. Selon une récente étude, ils sont à l’origine de la disparition de près d’un demi-million d’animaux dans un seul État et des décennies seront nécessaires pour que la vie sauvage se reconstitue.


Cette crise a mis l’accent sur le changement climatique responsable, selon les scientifiques, de cette saison des feux plus intense, longue et précoce que jamais. 

Le gouvernement australien a été pointé du doigt, accusé de ne pas apporter de réponses à cette crise et de ne pas prendre les mesures nécessaires sur le plan environnemental.

Des images bouleversantes de koalas assoiffés buvant de l’eau dans des bouteilles tenues par des pompiers ou de kangourous totalement paniqués au milieu des flammes, ont fait le tour du monde.


Une étude de l’Université de Sydney estime que dans le seul État de Nouvelle-Galles du Sud, le plus touché par ces feux, 480 millions d’animaux ont été tués depuis septembre. 

Ces calculs de taux de mortalité sont très « prudents », ont souligné vendredi dans un communiqué les auteurs de cette étude, et le bilan pourrait être « considérablement plus élevé ».

Des milliards de décès d’animaux ?

Afin de parvenir à ce chiffre, les chercheurs ont recoupé les estimations concernant la densité de population de ces mammifères dans cet État avec la superficie de végétation ravagée par les feux. Ce nombre comprend les mammifères, les oiseaux et les reptiles mais pas les insectes, les chauves-souris et les grenouilles. 

Le nombre d’animaux qui a ainsi disparu « est susceptible d’être beaucoup plus élevé que 480 millions », selon le communiqué.

« La vie sauvage en Nouvelle-Galles du Sud est gravement menacée et et subit la pression croissante de toute une série de menaces, notamment le défrichement et le changement climatique »

Le professeur Andrew Beattie, de l’Université Macquarie près de Sydney, a déclaré à l’AFP que le nombre de décès d’animaux à l’échelle nationale pourrait se chiffrer en milliards « si vous pensez aux mammifères, aux oiseaux, aux reptiles et aux amphibiens et que vous vous comptez les plus gros insectes comme les papillons ».


« Nous pouvons être à peu près sûrs que dans de grandes parties ravagées par ces vastes feux, la plupart des animaux sauvages seront morts », a déclaré ce professeur du département de biologie. « La flore et la faune auront disparu, ce qui inclut les animaux qui forment la chaîne alimentaire des plus grands, auxquels les gens ne pensent souvent pas », a-t-il expliqué.

Les populations de koalas ont été particulièrement touchées parce qu’ils vivent dans les arbres, se nourrissent uniquement de certains types d’eucalyptus et ne peuvent pas s’échapper rapidement des flammes.

Réaction lamentablement lente

Avant même ces feux de forêt, le nombre de koalas en Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland avait chuté de 42% entre 1990 et 2010, selon le comité scientifique fédéral des espèces menacées.

La situation désespérée de ces marsupiaux a été soulevée devant le Parlement australien. 

« Les feux ont brûlé si fort et si rapidement qu’il y a eu une mortalité importante des animaux dans les arbres, mais c’est la zone toujours en feu est tellement vaste maintenant que nous ne trouverons probablement jamais les corps », a lancé aux parlementaires Mark Graham, un écologiste du Conseil de la conservation de la nature.

(Crédit photo : SAEED KHAN / AFP)

De précédentes études ont montré que les incendies ne se propagent pas uniformément et que certaines zones demeurent indemnes même si à côté, d’autres sont totalement dévastées.

« C’est dans ces zones restées intactes ou qui ont le moins souffert que la faune a tendance à se retrouver si elle parvient à les atteindre », a expliqué Beattie à l’AFP.

Faisant preuve d’un peu d’optimisme, il estime que s’il reste suffisamment de zones épargnées par les feux, les forêts devraient se régénérer avec le temps. Pour cela, il faut que les conditions s’améliorent rapidement.

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Interrogé sur un éventuel espoir de repeuplement des animaux dans les zones les plus touchées, le professeur estime que cela dépend de facteurs tels que les précipitations, le climat et l’exploitation forestière.

Selon lui, un retour à la normale pourrait prendre jusqu’à 40 ans. 

La réaction, notamment du gouvernement fédéral, a été « lamentablement lente et leur attitude est encore lamentablement désinvolte », a estimé le professeur. « Vous avez des responsable politiques fédéraux qui ont très peu de connaissances en matière d’environnement, et donc n’ont pas perçu les catastrophes à venir ».

De nouveaux feux de forêt catastrophiques pour le week-end

L’Australie se prépare à une nouvelle aggravation des catastrophiques feux de forêt ce week-end, après l’évacuation vendredi par la marine nationale d’un millier de personnes cernées par les flammes dans une ville du sud-est.

Depuis la ville de Mallacoota, des habitants et des touristes, pour certains réfugiés sur le front de mer depuis la Saint-Sylvestre pour se protéger du feu, ont été amenés à bord d’une chaloupe de débarquement, avec leurs animaux de compagnie et quelques effets personnels, jusqu’aux navires militaires HMAS Choules et MV Sycamore.

(Crédit photo : PETER PARKS / AFP)

Vendredi soir, un millier d’entre eux avait été évacué et les navires devaient redescendre la côte vers une zone plus sûre.

Or les températures doivent remonter pour dépasser les 40°C samedi et les autorités ont décrété l’état d’urgence dans le sud-est du pays, la région la plus peuplée de l’île-continent.

Samedi, « les conditions devraient être identiques, voire pires que ce que nous avons vu à la Saint-Sylvestre », a prévenu Jonathan How, de la météo australienne. « Des vents d’ouest forts et secs raviveront les incendies en cours ».

« La plus importante opération d’évacuation jamais lancée dans la région »

L’ordre a été donné à plus de 100 000 personnes d’évacuer dans trois États, selon les autorités. « Il y a encore une fenêtre pour partir », a déclaré la Première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian. « Si vous n’avez pas besoin d’être dans la zone, partez ! La fenêtre va se refermer. »

Des milliers de touristes et d’habitants ont ainsi quitté les régions les plus exposées sur une zone d’environ 300 kilomètres le long de la côte Est, provoquant d’immenses bouchons sur les routes en direction de Sydney et Canberra.

Le ministre des Transports de l’État de Nouvelle-Galles du Sud, Andrew Constance, y a vu « la plus importante opération d’évacuation jamais lancée dans la région ».

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Au nord de la localité de Nowra, des familles patientaient dans des véhicules quasi à l’arrêt, chargés de bicyclettes ou de planches de surf.

Eloise Givney, 26 ans, est parvenue à fuir sous escorte policière alors qu’elle et d’autres personnes avaient passé quatre jours sans électricité, téléphone ou internet. « Les flammes se sont approchées jusqu’à 50 mètres de nous. Il a fallu conduire parmi elles car c’était la seule voie permettant de partir« , a-t-elle dit à l’AFP, décrivant des flammes de 15 mètres de hauteur des deux côtés de la route. « Nous avons été coincés sans courant pendant quatre jours. Nous avions cinq enfants avec nous mais plus de nourriture depuis une journée. »

(Crédit photo : SAEED KHAN / AFP)

Des avions militaires ont procédé à des largages de vivres et d’équipement dans des zones isolées.

Le Premier ministre de l’État de Victoria, Dan Andrews, a précisé que des téléphones satellites avaient ainsi été largués, de même que des provisions d’eau et d’équipements d’urgence.

Quant au Premier ministre du pays, Scott Morrison, qui avait été étrillé pour des vacances en famille à Hawaii en décembre au moment où son pays brûlait et est régulièrement attaqué sur son piètre bilan en matière de climat, il a de nouveau été critiqué, cette fois pour sa gestion de la crise.

Dans la ville de Cobargo durement touchée par les flammes, Morrison a été chahuté, notamment par une jeune mère de famille en pleurs et un pompier volontaire qui ont refusé de lui serrer la main, avant de se replier dans son convoi sous une volée d’insultes. « Tu n’auras plus nos votes, mon pote ! », a crié un habitant. « C’est injuste. Nous sommes totalement oubliés ici« , se plaignait une habitante.

(Crédit photo : PETER PARKS / AFP)

Pour le député local Andrew Constance, normalement un allié de Morrison, « les habitants lui ont probablement donné l’accueil qu’il méritait »« Les gens sont en colère, ils ont perdu beaucoup, ils sont à cran », a concédé le Premier ministre. « Je comprends complètement ce que les gens ressentent. Je ne le prends pas personnellement. »

En l’absence d’accalmie prévisible dans les incendies, il a annulé un voyage en Inde prévu le 13 janvier.

Les feux de forêt, particulièrement virulents cette année, ont également un impact sur les grandes villes australiennes. Melbourne et Sydney respiraient encore vendredi les fumées des brasiers alentours, tandis que le tournoi international de tennis de Canberra a dû être délocalisé à Bendigo (Victoria).

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