mardi 18 janvier 2022
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Îles Salomon : retour au calme après des émeutes meurtrières

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Les rues étaient calmes samedi à Honiara, capitale des îles Salomon dans l'océan Pacifique, après plusieurs jours d'émeutes qui ont fait au moins trois morts et réduit des pans entiers de la ville en fumée.

Publié le 27/11/2021 à 9:33 - Mise à jour le 29/11/2021 à 9:37
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Les rues étaient calmes samedi à Honiara, capitale des îles Salomon dans l'océan Pacifique, après plusieurs jours d'émeutes qui ont fait au moins trois morts et réduit des pans entiers de la ville en fumée.

Les corps de trois personnes tuées dans les troubles ont été découverts samedi dans un magasin du quartier chinois – entièrement incendié – de Honiara, selon la police. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer les causes de ces décès, les premiers répertoriés depuis le début des émeutes mercredi dernier.

Une poignée de stations-service, magasins et autres commerces ont rouvert prudemment, les habitants de Honiara se pressant pour acheter des produits de première nécessité tandis que les troubles s’apaisaient.

“La situation est très tendue et tout peut arriver à n’importe quel moment“, a déploré une habitante, Audrey Awao, craignant qu’il n’y ait plus de nourriture dans les magasins.

Ce qui avait commencé comme une petite manifestation mercredi s’est rapidement transformé en une violente mêlée générale, les habitants pauvres de la capitale se joignant aux manifestants anti-gouvernementaux à la recherche de choses à manger ou à vendre à travers les vitres brisées et les décharges calcinées.

Pendant trois jours, des foules en colère ont traversé la capitale balnéaire, habituellement paisible, pour exiger le retrait du Premier ministre Manasseh Sogavare.

Deux ans de fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus ont fini par asphyxier l’économie des îles Salomon, déjà ravagée, aggravant le chômage et la pauvreté dans cet archipel de 800 000 personnes.

Quand ils ont faim, les gens font des choses qu’ils ne feraient pas normalement

Douglas Kelson, directeur du service d’ambulance de St John

“Maintenant, le Premier ministre doit démissionner”, a déclaré à l’AFP Selson, un homme de 32 ans. “C’est la demande de tous les citoyens des îles Salomon”, a assuré ce travailleur indépendant.

Un couvre-feu nocturne et la présence des quelque 150 soldats étrangers de maintien de la paix envoyés par l’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont semblé apaiser les tensions. 

Et l’ampleur des dégâts bouleverse déjà la vie quotidienne des habitants. “Il m’a fallu plus de trois heures pour atteindre la pompe à carburant et faire le plein de mon véhicule, c’est très frustrant”, a déclaré Mme Awao à l’AFP.

56 bâtiments de la capitale ont été brûlés et pillés, et de nombreuses entreprises devront attendre plus d’un an pour se remettre sur pied, selon de premières estimations de la Banque centrale des îles Salomon.

Les pertes économiques s’élèvent à près de 28 millions de dollars (près de 3 milliards de Fcfp), selon la Banque, portant un coup dur à une économie déjà fragilisée.

“La plupart des gens ont à peine un repas par jour, il n’y a pas de touristes et très peu de stimulation économique”, a expliqué à l’AFP Douglas Kelson, directeur du service d’ambulance de St John. “Quand ils ont faim, les gens font des choses qu’ils ne feraient pas normalement”, a-t-il ajouté.

Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’avoir participé aux émeutes, a déclaré samedi la police des îles Salomon qui tente de rétablir l’ordre.

“Personne n’est au-dessus de la loi”, a martelé le commissaire Mostyn Mangau, exhortant les résidents à “se respecter les uns les autres, ainsi que nos amis étrangers en visite”.

Économie et rivalités historiques

Les causes de ces émeutes sont multiples. Outre la colère vis-à-vis du gouvernement et les difficultés économiques aggravées par la pandémie, il y a la rivalité historique entre les habitants de l’île la plus peuplée du pays, Malaita, et ceux de Guadalcanal, île où se situe la capitale administrative du pays.

Les habitants de Malaita ont le sentiment d’être abandonnés par le gouvernement central et les différends se sont intensifiés quand, en 2019, le gouvernement de Manasseh Sogavare a décidé de ne plus reconnaître diplomatiquement Taïwan mais la Chine.

Dans un discours à la nation, le leader pro-Pékin a déclaré aux citoyens que le pays avait été “mis à genoux” par les émeutes, et a promis de résister aux appels à la démission. Il a également affirmé que des puissances étrangères opposées à sa décision en 2019 de reconnaître diplomatiquement la Chine étaient à l’origine des troubles.

Samedi, les dirigeants de l’opposition ont appelé à un vote de défiance contre le gouvernement de M. Sogavare. 

S’il n’est pas encore sûr qu’ils disposent d’un nombre suffisant de voix pour démettre le Premier ministre de ses fonctions, cette initiative pourrait se transformer en poudrière.

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