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“Gilets jaunes”: près de 283 000 participants, un mort et 200 blessés sur les barrages

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Publié le 16/11/2018 à 9:03 - Mise à jour le 16/11/2018 à 9:03
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Sept personnes sont gravement blessées, dont un policier, a annoncé le ministère lors d’une conférence de presse. En début de soirée, plus 200 points de blocages n’avaient pas encore été levés.
“Gilets jaunes, colère noire”, “Jupiter, redescends sur terre, c’est la misère” : les manifestants, qui arboraient parfois un message sur leur gilets, bloquaient des autoroutes, des ronds-points, des hypermarchés ou organisaient des opérations de péage gratuit dans l’ensemble du pays.
Au total 282 710 personnes ont participé aux manifestations, selon le ministère de l’Intérieur.
Les “gilets jaunes” n’ont pas réussi à bloquer la France, comme ils le voulaient, mais tout le territoire a été touché par leurs actions, ce qui représente un succès certain pour ce mouvement, parti des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats.

 

> Nuit sur les barrages

Des manifestants ont annoncé qu’ils comptaient camper et passer la nuit sur leurs barrages et certains souhaitaient poursuivre le mouvement dimanche. L’accès à certaines autoroutes restait coupé ou difficile en début de soirée. Fred, l’un des porte-parole du mouvement à Millau a promis que les manifestants allaient “se relayer toute la nuit”. “Si demain il faut continuer on continuera. Et lundi, on continuera s’il n’ont pas compris. Il faut qu’ils nous enlèvent cette taxe sur l’essence, il faut qu’ils nous baissent les impôts”.

Après plusieurs heures de tensions entre manifestants et forces de l’ordre dans le quartier du Palais de l’Elysée à Paris, la majorité des “gilets jaunes” s’est dispersée. Il n’y a eu aucun blessé, aucune dégradation, d’après le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. 

En France, il y a eu 117 interpellations, suivies de 73 garde-à-vue, selon le ministère de l’Intérieur.
Au Pont-de-Beauvoisin (Savoie), une conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin a été prise de panique quand les manifestants se sont mis à taper sur sa voiture. Elle a foncé alors sur eux, percutant mortellement une femme de 63 ans. 
Cette manifestation, comme de nombreuses autres organisées en France pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant, n’était pas déclarée.

“J’en appelle à la responsabilité de ceux qui organisent ces manifestations. Ils ont porté un message. Il est entendu”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
“Le gouvernement est attentif à toutes les mobilisations, nous devons maintenant continuer à répondre aux attentes des Français y compris en terme de pouvoir d’achat”, a-t-il ajouté le ministre.

Les autorités s’inquiètent de la poursuite du mouvement malgré la nuit : “Les manifestations aujourd’hui bon enfant, ce soir se transforment avec l’arrivée de casseurs”, a déploré Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) qui précise que des cocktails molotov ont été jetés contre les forces de l’ordre.
Et “la nuit, le danger c’est d’être percuté par un véhicule”, rappelle-t-il alors que 5 000 patrouilles resteront mobilisées jusqu’à demain matin. 

 

> “Signe extérieur de pauvreté”

Une étude publiée samedi par L’Argus note que les départements où les automobilistes roulent le plus en véhicule diesel sont aussi ceux où résident le plus de ménages non imposés. Le diesel est devenu un “signe extérieur de pauvreté”, en déduit la publication spécialisée. L’exécutif avait mis en garde contre la récupération politique de ce mouvement de protestation qui se veut apolitique et asyndical. Samedi soir un conseiller de l’exécutif a estimé qu'”il y a une mobilisation qui est là, il ne faut pas la nier”.
Mais “elle n’était pas au niveau attendu. Ce n’est pas le raz-de-marée attendu, malgré un battage médiatique parfois surprenant”.

Dans l’opposition, certains sont descendus dans la rue : Laurent Wauquiez, le chef de LR, a appelé Macron à comprendre et “corriger ses erreurs”. “Ce qui se passe est injuste”, a-t-il déclaré.

Des élus du Rassemblement national étaient également présents aux côtés des “gilets jaunes”, mais pas Marine Le Pen. 
Des Insoumis participaient aussi aux manifestations. Leur leader Jean-Luc Mélenchon a critiqué sur Twitter une “manipulation des chiffres de participation” et une “dramatisation” de la part du gouvernement. Il s’est rendu place de la Concorde, mais sans gilet jaune sur le dos. 

A l’initiative de cette grogne, des membres de la société civile se sont mobilisés contre la hausse du prix des carburants avant que les motifs de grief ne s’élargissent à une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement en matière de taxation et à la baisse du pouvoir d’achat.

Au 1er janvier 2019, les taxes sur le gazole doivent augmenter de 6,5 centimes d’euro par litre et celles sur l’essence de 2,9 centimes.
Pour le politologue Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), c’est un “succès de participation”. “On va voir ce qu’ils inventent pour poursuivre la pression, (…) ce qu’ils vont choisir pour entretenir la flamme”.

AFP

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