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Gilets jaunes : mobilisation en baisse malgré de multiples rassemblements

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Publié le 21/12/2018 à 9:56 - Mise à jour le 21/12/2018 à 9:56
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En ce sixième samedi consécutif de mobilisation, de multiples rassemblements dans un climat plus ou moins tendu ont rassemblé 38 600 personnes en France à 18 heures (7 heures ce samedi matin à Tahiti), contre 66 000 samedi dernier à la même heure, selon le ministère de l’Intérieur. S’ils ont parfois donné lieu à des heurts, aucun incident grave n’était recensé en début de soirée. Au total 220 manifestants ont été interpellés dans le pays, et 81 placés en garde à vue, indiquait en début de soirée la police.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une dixième personne était décédée en marge du mouvement : un automobiliste qui a percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de « gilets jaunes », à l’entrée d’autoroute de Perpignan-sud.
 
À Paris, la police a évacué en début de soirée les Champs-Élysées, à nouveau occupés en fin de journée mais sans les scènes de violences observées il y a encore deux semaines. À 18 heures selon les autorités, la préfecture de Paris dénombrait 2 000 manifestants, contre près de 4 000 à son maximum samedi dernier.
La mobilisation sur l’avenue était « un peu faiblarde » à cause de la proximité des fêtes, a déclaré à l’AFP José, un contremaître à la retraite de 62 ans mobilisé depuis le lancement du mouvement mi-octobre. Mais « en janvier on repartira comme au début » car « personne n’est convaincu par les mesures de Macron », a-t-il prévenu.

En fin de journée dans la capitale, 179 personnes avaient été interpellées et 36 placées en garde à vue, la plupart pour des « attroupements en vue de commettre des violences », selon la préfecture de police.
Parmi les gardés à vue figure un des porte-voix des « gilets jaunes », Éric Drouet, 33 ans, chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) qui avait contribué à lancer la mobilisation, initialement contre la hausse des carburants. C’est aussi lui qui avait appelé le matin sur Facebook à se rassembler à Montmartre. 
Les manifestants ont ensuite circulé dans la capitale en groupes épars de dizaines de personnes, parfois bloqués par les forces de l’ordre ou repoussés à coups de gaz lacrymogènes.

Sur les Champs-Élysées, des motards de la police ont été brièvement pris à partie par des manifestants, qui ont poussé à terre une de leurs motos et ont jeté des pavés et trottinettes sur les policiers. L’un des policiers a brièvement dégainé son pistolet.
La circulation a été rétablie en début de soirée sur l’avenue, où cafés, restaurants et magasins sont restés ouverts une bonne partie de la journée, sauf quelques boutiques de luxe.
 
« À deux jours de Noël, je trouve que c’est pas mal » comme mobilisation, a déclaré à l’AFP sur les Champs-Élysées Frédéric, 46 ans, venu de Picardie manifester pour la 3e fois à Paris. « On fait avec nos moyens, c’est dur de faire durer le mouvement car ça tire financièrement. » 

> « Des miettes aux gueux »

Plusieurs blocages aux frontières avec l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne ont été observés. 
Des centaines de « gilets jaunes » se sont notamment rassemblés au péage du Boulou près de la frontière espagnole, a constaté l’AFP. « Le roi Macron donne des miettes aux gueux », pouvait-on lire sur leurs banderoles.
Le réseau autoroutier a été quelque peu perturbé tout au long de la journée, avec des entrées, sorties et barrières de péage fermées, notamment sur l’A7. À 19 h 30, des manifestations étaient encore en cours sur une vingtaine de points, selon le groupe Vinci.

Les « gilets jaunes » ont manifesté dans de nombreuses villes de France et autour, avec des mobilisations assez importantes à Bordeaux et Toulouse, ont constaté des journalistes de l’AFP.
À Bordeaux, la mobilisation a rassemblé 2 600 personnes, selon la préfecture, contre 4 500 samedi dernier. Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eaux et de gaz lacrymogènes tandis que des manifestants lançaient projectiles, pétards et engins d’artifice.
Quelque 2 500 personnes ont manifesté à Toulouse, contre 4 500 samedi dernier, selon la préfecture de Haute-Garonne.
800 personnes se sont rassemblées à Nantes, où plusieurs incidents violents ont eu lieu dont « des tirs de mortiers en direction des forces de l’ordre qui ont fait 5 blessés légers », selon la préfecture de Loire-Atlantique.
Environ mille « gilets jaunes » ont manifesté à Lille, et une centaine de l’autre côté de la frontière belge, à Bruxelles.

Vendredi soir, un pantin à l’effigie du président Emmanuel Macron avait été décapité lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Angoulême, un fait qui a été signalé au parquet d’Angoulême, d’après la préfecture de Charente.
Depuis le pic du 17 novembre avec ses 282 000 manifestants recensés en France, la mobilisation a baissé selon les autorités : 166 000 le 24 novembre, 136 000 les 1er et 8 décembre et 66 000 le 15 décembre.

Vendredi, le Parlement a donné son feu vert à des mesures d’urgence annoncées pour répondre à la mobilisation populaire : défiscalisation des heures supplémentaires, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités et possibilité pour les entreprises de verser une « prime exceptionnelle » de 1 000 euros, exonérée de toutes cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, pour leurs salariés rémunérés jusqu’à 3 600 euros.

AFP

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