lundi 26 octobre 2020
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France ou indépendance : fin de campagne binaire avant le référendum de Nouvelle-Calédonie

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"Oui pour la dignité", ou Non à "la débandade" : la campagne pour le deuxième référendum d’autodétermination, qui a lieu dimanche en Nouvelle-Calédonie, s’est achevée jeudi par deux meetings mettant en évidence les clivages politiques et ethniques de l’archipel.

Publié le 01/10/2020 à 10:14 - Mise à jour le 01/10/2020 à 11:09
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"Oui pour la dignité", ou Non à "la débandade" : la campagne pour le deuxième référendum d’autodétermination, qui a lieu dimanche en Nouvelle-Calédonie, s’est achevée jeudi par deux meetings mettant en évidence les clivages politiques et ethniques de l’archipel.

« Dimanche, il faut dire ‘oui’ pour la dignité, pour la nation que l’on va créer, qui puise ses racines dans le peuple autochtone que nous représentons à travers le FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste) », a lancé à la tribune Paul Néaoutyine, président de la province nord, au rang des leaders indépendantistes historiques.

Jeudi soir, une foule de plusieurs milliers de militants kanak était rassemblée dans une salle des fêtes en lisière de Nouméa, pour le meeting final du FLNKS, ponctué de concerts de groupes locaux et noyé sous une marée de drapeaux kanak : une flèche faitière dans un soleil sur fond bleu, rouge et vert.

Un rendez-vous festif au terme d’une campagne sans incident sur le terrain, mais dans un climat politique tendu entre les deux camps, indépendantiste et loyaliste. Tous deux ont multiplié les polémiques ces derniers mois sur l’organisation du référendum, le nickel ou la gestion de la crise sanitaire.

« J’ai confiance pour dimanche, on est passé à un autre niveau par rapport à il y a deux ans. L’indépendance est inéluctable mais ce sera avec des partenariats avec la France et aussi d’autres pays », déclare Sidina Gope-Fenepej, un drapeau kanak peint sur la joue.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un premier référendum a été remporté le 4 novembre 2018 par les pro-Français, avec 56,7% des suffrages. En cas de « non » dimanche, un troisième référendum est encore possible d’ici 2022.

« Nous allons progresser positivement parce que la campagne a mobilisé au-delà de nos espérances, avec beaucoup d’initiatives des jeunes. Les choses sont en train de bouger », assure, confiant, Victor Tutugoro, président de l’Union progressiste en Mélanésie (UPM-FLNKS) et vice-président de la province nord.

« Sur ma carte d’identité, je suis Français, mais je veux que cette nationalité change. Mon identité, c’est ma terre, c’est ma coutume. Il faut arrêter d’avoir peur de l’indépendance, on ne jettera personne demain », affirme Célestin Wamytan, employé dans l’industrie du nickel.

Le « chaos »

Front de six partis non-indépendantistes, dont le RN, Les Loyalistes avaient, eux, donné rendez-vous dans un stade, pour un véritable show à l’américaine, avec défilé des différentes communautés de l’archipel – wallisienne, vietnamienne, kanak – au son du groupe de hard rock AC/DC.

Entre 4 et 5 000 personnes, quasiment toutes d’origine européenne, ont brandi des drapeaux bleu-blanc-rouge, criant « non ! » quand le chauffeur de salle leur demandait ce qu’ils allaient répondre dimanche à la question : « voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

« L’indépendance serait ingérable, catastrophique et plongerait le pays dans le chaos. (…) Le prédateur chinois est à nos portes », a lancé Sonia Lagarde, maire de Nouméa.

Les différents intervenants à la tribune ont notamment insisté sur les « 175 milliards (1,5 milliard d’euros) que la France verse chaque année à la Nouvelle-Calédonie », et sans lesquels « elle ne peut pas survivre ».

« Je crains l’indépendance surtout pour l’économie du pays. On n’aura plus de travail, plus d’entreprise, ce sera la débandade. On a assez d’exemples autour de nous pour avoir peur de l’indépendance », s’inquiète Gilberte, issue d’une famille présente sur le Caillou depuis huit générations.

À ses côtés, Nicole, retraitée de l’administration, espère que ce meeting permettra « d’envoyer un message à la France pour qu’elle continue à (nous) soutenir et aussi à ses habitants pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ont des compatriotes dans le Pacifique sud ».

Calédonie ensemble, parti non indépendantiste de centre droit, avait de son côté clos sa campagne mercredi soir. Cette formation, dont sont issus trois des quatre parlementaires calédoniens, prône un « non de projet et de respect » et milite pour la définition d’une « solution d’avenir partagé dans la République ».

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