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En Nouvelle-Calédonie, la reprise du dialogue s’annonce tendue

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Après le deuxième référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, rejetée dimanche mais moins nettement qu'en 2018, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu va tenter, à partir de vendredi à Nouméa, de renouer le dialogue entre les acteurs calédoniens.

Publié le 08/10/2020 à 10:08 - Mise à jour le 08/10/2020 à 10:09
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Après le deuxième référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, rejetée dimanche mais moins nettement qu'en 2018, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu va tenter, à partir de vendredi à Nouméa, de renouer le dialogue entre les acteurs calédoniens.

Le ministre se rend dans l’archipel à la demande du président de la République « pour appréhender les conséquences concrètes de tous les scénarios » avec les forces politiques locales, alors que depuis le premier référendum, le dialogue entre indépendantiste et non indépendantistes est au point mort.          

À son arrivée, Sébastien Lecornu sera placé en confinement pendant 14 jours comme l’impose le protocole sanitaire instauré en Nouvelle-Calédonie, indemne de coronavirus (27 cas déclarés, aucun décès et aucun cas local).         

La visite de M. Lecornu, qui va s’étendre jusque fin octobre, intervient après le deuxième référendum sur l’accession à la pleine souveraineté dimanche, dont les résultats ont sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel azur du Caillou.         

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Bien qu’à nouveau perdants, les indépendantistes ont emmagasiné 46,7% des voix, soit une progression de 11 334 voix comparé au premier référendum du 4 novembre 2018, où ils avaient obtenu 43,3%.         

Les partisans du maintien dans la République sont eux passés de 56,7% à 53,26%.         

Estimant « avoir le vent en poupe », le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste), a annoncé jeudi qu’il demanderait un « troisième référendum ».

« C’est une grande victoire qui indique la direction que doit prendre le pays, celle donnée par l’accord de Nouméa et le sens de l’histoire », a déclaré à la presse Victor Tutugoro, porte-parole du bureau politique, affirmant que le FLNKS a convaincu « au-delà de son électorat traditionnel avec des voix non kanak ».         

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Le processus de décolonisation graduel de l’accord de Nouméa de 1998, qui s’achève en 2022, prévoit que d’ici là une troisième consultation sur l’accession à la pleine souveraineté peut être organisée à la demande d’un tiers des élus du Congrès (assemblée délibérante). Cette demande ne peut toutefois intervenir que six mois après le deuxième référendum, soit à partir du 4 avril 2021. 

Le front indépendantiste n’a pas exclu de dialoguer mais il a prévenu qu’il « n’engagera des discussions que sur la base de son projet politique d’accession à la pleine souveraineté et à l’indépendance ».         

« Nous attendons du ministre qu’il lance véritablement un travail pour définir le temps et la manière dont les compétences (régaliennes) seront transférées et les partenariats qui pourraient en découler », a insisté M. Tutugoro alors que le FLNKS défend une indépendance « en association ou en partenariat » avec la France et d’autres pays.         

En face, la coalition Les Loyalistes, qui regroupe six formations non indépendantistes dont le RN, a demandé à l’Etat d’être « proactif » pour empêcher ce troisième « référendum binaire ».        

« C’est l’Etat qui porte la responsabilité de tout faire pour l’éviter. On a une Calédonie qui est divisée (en deux) et le rôle de l’Etat est de trouver des solutions sur la base des attentes des uns et des autres », a souligné Sonia Backès, présidente de la province sud, au rang des leaders des Loyalistes.         

« Il faut se mettre autour d’une table pour discuter sans préalable », a-t-elle souhaité, dénonçant la position du FLNKS.         

Parti non indépendantiste de centre droit, aux relations exécrables avec Les loyalistes, Calédonie Ensemble a de son côté jugé « indispensable » la venue de M. Lecornu, alors que cette formation dénonce « l’absence de l’Etat » dans le dossier calédonien.         

« Cette ligne du dialogue n’est plus une option mais une obligation », a déclaré le député Philippe Gomès, chef de file de CE, qui prône « une conjugaison de souveraineté et République dans un projet partagé ».        

« Il faut que chacun travaille sur l’hypothèse de l’autre », a-t-il préconisé, au diapason des perspectives tracées dimanche soir par Emmanuel Macron. 

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