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Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie pour célébrer « notre histoire commune »

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Publié le 02/05/2018 à 8:00 - Mise à jour le 02/05/2018 à 8:00
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A sa descente d’avion, le chef de l’Etat s’est dit « très heureux » de « venir ici dans une année qui est importante pour la Nouvelle-Calédonie ».

« Ce sera d’abord l’occasion (…) de consacrer des moments importants de notre histoire commune, des moments qui ont pu être parfois douloureux, comme ceux que nous aurons à commémorer », a souligné Emmanuel Macron, citant les « 30 ans d’Ouvéa ».

Emmanuel Macron, qui avait exprimé pendant sa campagne présidentielle le voeu que l’archipel, célèbre pour ses plages paradisiaques et ses réserves de nickel, reste français, a assuré qu’il n’avait « pas à prendre position » sur le référendum.

Quel que soit le résultat, « nous respecterons ce vote », a-t-il affirmé en souhaitant que ce ne soit pas « un moment de tension inutile ».

Dès son arrivée, M. Macron a pris un bain de foule sur la place Bir-Hakeim à Nouméa, où la population l’a remercié « d’être venu jusqu’ici », et lui a demandé de « penser à la jeunesse calédonienne » ou les « aider à rester français ».

Il a ensuite rencontré les membres du Sénat coutumier kanak, qui souhaitent que le président qualifie de « crime contre l’humanité » la violence de la colonisation de l’archipel.

Lors d’une première cérémonie d’accueil coutumier, lui a été remise une « hâche ostensoir de la légitimité kanak », a expliqué Gilbert Tein, sénateur coutumier. 

En réponse, le président de la République a dit son « humilité devant ce que vous représentez, une histoire si ancienne et si forte », et souligné qu’il fallait « savoir marier les légitimités que chacun représente, ancestrale, démocratique »

Emmanuel Macron sera le premier président français à se rendre samedi dans la province des îles Loyauté, à Ouvéa, théâtre le 5 mai 1988 de l’assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otages.

« Trois gestes de mémoire »

Il effectuera sur l’île « trois gestes de mémoire et de recueillement », sans discours.

Une cérémonie aura lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, où a eu lieu, le 22 avril 1988, l’attaque d’un commando indépendantiste qui avait tué quatre gendarmes et pris 27 autres en otages.

Deux moments de recueillement seront observés à Wadrilla, où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, par l’un des leurs, Djubelly Wea, et à quelques mètres de là, devant le monument des 19 militants kanaks tués (ainsi que deux militaires) lors de l’assaut de la grotte.

Mais ce déplacement divise à Ouvéa, où le comité de Gossanah (tribu au nord d’Ouvéa) a menacé de l’empêcher. Dans un communiqué, les chefferies de l’île ont elles appelé la population à accueillir le chef de l’Etat et à « se projeter dans un avenir serein ».

Autre geste fort samedi, Emmanuel Macron remettra au gouvernement calédonien l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre 1853 au nom de Napoléon III, lors d’une cérémonie au Centre culturel Tjibaou.

Le chef de l’Etat prononcera aussi un « grand discours », toujours le 5 mai, date anniversaire de l’accord de Nouméa de 1998 qui a mis un terme aux violences et entamé un processus de décolonisation par étapes, ouvrant la voie au référendum d’autodétermination du 4 novembre. 

Selon un sondage de l’institut local I-Scope en partenariat avec la télévision Caledonia, les opposants à l’indépendance devraient largement l’emporter.

Conscient de la peur de troubles liés au référendum, dans une société encore très inégale, le président se rendra vendredi à la cité Pierre-Lenquette, un quartier de « reconquête républicaine » de Nouméa. 

A l’aile la plus à droite du camp des non-indépendantistes, on estime que sa visite est trop tournée vers l’identité kanak. Une « marche bleu blanc rouge » est prévue vendredi à Nouméa.

Emmanuel Macron était arrivé en 3e position en Nouvelle-Calédonie derrière François Fillon et Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2017, avant de l’emporter au second avec un score inférieur à sa moyenne nationale (52,57% des voix).

AFP

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